{"id":3641,"date":"2026-06-04T13:23:39","date_gmt":"2026-06-04T11:23:39","guid":{"rendered":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/?p=3641"},"modified":"2026-06-03T13:34:21","modified_gmt":"2026-06-03T11:34:21","slug":"bolivie-recit-dun-soulevement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/?p=3641","title":{"rendered":"[Bolivie] R\u00e9cit d&rsquo;un soul\u00e8vement"},"content":{"rendered":"<p><em>Initialement publi\u00e9 sur<\/em> <a href=\"https:\/\/nantes.indymedia.org\/posts\/165737\/revolte-sociale-en-bolivie\/\">Indym\u00e9dia nantes<\/a> le 01\/06\/2026<\/p>\n<p><strong>31\/05\/2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>BOLIVIE : UNE R\u00c9VOLUTION OUVRI\u00c8RE DU XXIe SIECLE<\/strong><\/p>\n<p>Pendant que ce 30 mai, les Assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales d\u2019auto-organisation comme celle de Patacamaya (photo ci-dessous) avec la participation des repr\u00e9sentants des 77 communaut\u00e9s de la province Aroma, d\u00e9cident de leur c\u00f4t\u00e9 comme partout dans tout le pays, de rejeter tout dialogue avec le gouvernement, d\u2019exiger sa d\u00e9mission et de maintenir les blocages illimit\u00e9s tout en radicalisant la mobilisation avec aujourd\u2019hui 93 barrages contre 60 il y a deux jours, de son c\u00f4t\u00e9 la direction de la COB, la principale centrale syndicale ouvri\u00e8re, se d\u00e9robe une fois de plus et repousse \u2013 sous des pr\u00e9textes de s\u00e9curit\u00e9 \u2013 l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale nationale o\u00f9 devait \u00eatre d\u00e9cid\u00e9 aujourd\u2019hui ou de n\u00e9gocier avec le gouvernement ou de continuer la lutte jusqu\u2019\u00e0 sa chute. Et pour bien tenter d\u2019emp\u00eacher cette Assembl\u00e9e, la direction de la COB ne donne aucune date pour la prochaine.<\/p>\n<p>L\u2019attitude de la direction de la COB est claire pour tout le monde.<\/p>\n<p>Beaucoup de comit\u00e9s d\u2019auto-organisation avaient appel\u00e9 \u00e0 participer \u00e0 cette Assembl\u00e9e pour d\u00e9cider de continuer la lutte afin de renverser le gouvernement, et c\u2019\u00e9tait s\u00fbr qu\u2019il seraient majoritaires entra\u00eenant la base de la COB avec eux, ce qui aurait transform\u00e9 de fait cette assembl\u00e9e ouverte de la COB en direction nationale autoorganis\u00e9e de la lutte pour renverser le pouvoir. La direction de la COB a montr\u00e9 aujourd\u2019hui qu\u2019elle ne veut pas renverser le pouvoir et qu\u2019elle ne veut pas pour \u00e7a que le mouvement insurrectionnel en cours appartienne \u00e0 ceux qui l\u2019animent.<\/p>\n<p>Beaucoup parlent de trahison.<\/p>\n<p>En m\u00eame temps, \u00e7a ne surprend pas grand monde, vu que la COB avait d\u00e9j\u00e0 trahi la premi\u00e8re phase du mouvement en d\u00e9cembre\/janvier 2026 et surtout \u00e7a ne d\u00e9courage pas parce que les comit\u00e9s d\u2019auto-organisation ont largement averti de ce qui risquait de se passer.<\/p>\n<p>\u00c7a ne cassera pas le mouvement. \u00c7a donnera juste envie aux comit\u00e9s d\u2019auto-organisation de mettre en place par eux-m\u00eames cette direction d\u00e9mocratique nationale qui manque au mouvement et qui aurait pu se r\u00e9unir aujourd\u2019hui.<!--more--><\/p>\n<p><strong>30\/05\/2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>BOLIVIE : LES EVENEMENTS S\u2019ACC\u00c9L\u00c8RENT<\/strong><\/p>\n<p><strong>APPEL AU BLOCAGE DU SI\u00c8GE DU GOUVERNEMENT D\u2019UN COT\u00c9<\/strong><\/p>\n<p><strong>MOBILISATION DES TANKS DE L\u2019ARM\u00c9E DE L\u2019AUTRE<\/strong><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui 29 mai, les \u00e9v\u00e8nements se sont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9s en Bolivie.<\/p>\n<p>La menace du gouvernement de mettre en place l\u2019\u00e9tat d\u2019exception et de faire appel \u00e0 l\u2019arm\u00e9e, a eu comme effet une forte augmentation de la mobilisation. On est ainsi pass\u00e9 de 60 \u00e0 70 voire 150 lieux de blocage suivant les informations entre hier et aujourd\u2019hui, l\u2019entr\u00e9e en gr\u00e8ve des ouvriers de l\u2019huile aujourd\u2019hui, celle des agents hospitaliers le 2 juin qui viennent s\u2019ajouter aux autres secteurs d\u00e9j\u00e0 en gr\u00e8ve et qui pourraient \u00eatre le d\u00e9but d\u2019une soudaine avalanche de gr\u00e8ves.<\/p>\n<p>Et puis les comit\u00e9s d\u2019auto-organisation coordonn\u00e9s de cinq provinces -apparaissant comme l\u2019embryon d\u2019une direction alternative aux directions syndicales \u2013 ont appel\u00e9 \u00e0 se mettre en \u00e9tat d\u2019alerte face \u00e0 la menace de l\u2019arm\u00e9e et \u00e0 marcher imm\u00e9diatement sur le si\u00e8ge du gouvernement si l\u2019arm\u00e9e intervenait et de toute fa\u00e7on \u00e0 faire le si\u00e8ge du gouvernement d\u00e8s ce 1er juin avec un appel \u00e0 une grande marche du pays sur la capitale, tandis qu\u2019il y en a d\u00e9j\u00e0 eu une aujourd\u2019hui apr\u00e8s celle d\u2019hier (vid\u00e9o ci-dessous), que les collectifs autochtones de diff\u00e9rentes r\u00e9gions ont annonc\u00e9 qu\u2019ils partaient aussit\u00f4t en direction de La Paz pour y renforcer la mobilisation, tandis que l\u2019organisation des m\u00e8res qui ont manifest\u00e9 en masse ce 27 mai, ont appel\u00e9 leurs enfants qui sont soldats \u00e0 d\u00e9serter et \u00e0 rejoindre le mouvement avec leurs armes.<\/p>\n<p>De leur c\u00f4t\u00e9, les directions syndicales qui avaient \u00e9t\u00e9 appel\u00e9es au dialogue par le gouvernement afin d\u2019essayer de stopper le mouvement et sauver le gouvernement et qui avaient dit \u00ab\u00a0pourquoi-pas\u00a0\u00bb, puis \u00ab\u00a0on va organiser une grande r\u00e9union pour que ce soit d\u00e9cid\u00e9 par tout le monde\u00a0\u00bb, ont fini par virer de bord sous la pression montante de la base qui veut la chute du pouvoir. Elles ont appel\u00e9 aujourd\u2019hui \u00e0 continuer la mobilisation pour faire tomber le pouvoir, sans plus parler de ce dialogue dont personne de la base ne veut, avec toutefois une petite ouverture en direction du gouvernement quand m\u00eame, en disant que la premi\u00e8re condition d\u2019un dialogue possible, ce serait la lib\u00e9ration des prisonniers et la fin des poursuites et menaces contre le dirigeant de la COB (premi\u00e8re centrale syndicale) tandis que les comit\u00e9s d\u2019auto-organisation ont d\u00e9clar\u00e9 que la premi\u00e8re condition d\u2019un \u00e9ventuel dialogue \u00e9tait la chute du gouvernement.<\/p>\n<p>L\u2019impression g\u00e9n\u00e9rale, c\u2019est que peu \u00e0 peu, les directions syndicales perdent de leur autorit\u00e9 en m\u00eame temps que les comit\u00e9s d\u2019auto-organisation en gagnent en m\u00eame temps qu\u2019ils essaient de se coordonner au niveau national.<\/p>\n<p>Par ailleurs, le gouvernement a fait sortir d\u00e9monstrativement aujourd\u2019hui des tanks des casernes, pour menacer de mettre \u00e0 ex\u00e9cution son plan d\u2019\u00e9tat d\u2019exception, ce qui n\u2019a fait qu\u2019augmenter la d\u00e9termination des comit\u00e9s d\u2019auto-organisation qui ont d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 El Alto aujourd\u2019hui qu\u2019ils n\u2019avaient pas peur de mourir.<\/p>\n<p>https:\/\/www.facebook.com\/reel\/4542865266038578<\/p>\n<p><strong>29\/05\/2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>BOLIVIE : FACE A L\u2019INSURRECTION POPULAIRE MENA\u00c7ANTE, LE GOUVERNEMENT RECULE ET APPELLE A L\u2019AIDE LES DIRECTIONS SYNDICALES<\/strong><\/p>\n<p>Ce 28 mai, la mobilisation populaire pour faire tomber le r\u00e9gime de Rodrigo Paz en Bolivie, continue \u00e0 se renforcer avec l\u2019entr\u00e9e en lutte aujourd\u2019hui, d\u2019un nouveau secteur de mineurs, des employ\u00e9s de pharmacie, le renforcement des points de blocage qui regroupe pour chacun d\u2019entre-eux \u2013 une soixantaine \u00e0 ce jour \u2013 des milliers et de milliers de participants et qui fonctionnent comme autant de points de rencontres et d\u2019auto-organisation des diff\u00e9rents secteurs mobilis\u00e9s, une nouvelle marche d\u2019indig\u00e8nes \u2013 les ponchos verts \u2013 qui viennent renforcer la mobilisation dans la capitale, de nouvelles manifestations de m\u00e8res dans la r\u00e9gion de Cochabamba apr\u00e8s celles d\u2019hier \u00e0 La Paz, et puis les appels du comit\u00e9 de coordination du district 8 d\u2019El Alto, qui semble peu \u00e0 peu se positionner en direction nationale populaire autoorganis\u00e9e alternative \u00e0 la direction syndicale de la COB, qui a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas question de n\u00e9gocier avec ce gouvernement, qu\u2019il fallait que ce gouvernement s\u2019en aille et pour cela qu\u2019il fallait une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale totale qui s\u2019ajoute aux blocages en cours.<\/p>\n<p>C\u2019est ce m\u00eame comit\u00e9 qui avait fait sentir le 23 mai \u00e0 la direction de la centrale syndicale COB la pression d\u2019en bas dans une de ses assembl\u00e9es ouvertes, en se faisant largement applaudir en d\u00e9clarant qu\u2019il fallait que la COB appelle r\u00e9ellement \u00e0 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 des journ\u00e9es sans plan ni agenda, et qui avait ajout\u00e9 que ceux qui n\u00e9gocieraient dans le dos du peuple seraient consid\u00e9r\u00e9s comme des traitres.<\/p>\n<p>C\u2019est cette pression qui avait fait d\u00e9clarer \u00e0 la direction de la COB que jamais elle ne n\u00e9gocierait avec le gouvernement\u2026 alors que ce dernier avait annonc\u00e9 que des n\u00e9gociations avaient commenc\u00e9.<\/p>\n<p>Mais aujourd\u2019hui 28 mai, le gouvernement qui est aux abois, qui a fait rire en diminuant les salaires de ses ministres croyant que ce serait bien pris mais que les gens ont compris comme un aveu de faiblesse, qui menace de l\u2019\u00e9tat d\u2019exception mais qui n\u2019ose pas y recourir apr\u00e8s la r\u00e9ponse de la manifestation massive des m\u00e8res hier 27 mai appelant leurs enfants qui servent dans l\u2019arm\u00e9e \u00e0 rejoindre la mobilisation populaire en cas de coup de force, bref qui menacent de la r\u00e9volution, se sent de plus en plus impuissant face au mouvement toujours montant.<\/p>\n<p>Aussi, aujourd\u2019hui, en derniers recours, il a appel\u00e9 \u00e0 l\u2019aide la direction de la COB et des autres directions syndicales pour ouvrir des n\u00e9gociations afin de faire cesser la mobilisation en \u00e9change de promesses\u2026 Et la COB, \u00e0 cette heure, n\u2019a pas dit non, tandis que l\u2019organisation indig\u00e8ne Tupac Katari, plus prudente, a dit qu\u2019elle allait d\u2019abord demander \u00e0 sa base tandis que les comit\u00e9s de base, eux, hurlent que la premi\u00e8re condition de la n\u00e9gociation est d\u00e9bord la d\u00e9mission du gouvernement .<\/p>\n<p>On en est l\u00e0.<\/p>\n<p>(vid\u00e9o ci-dessous, affrontements hier 27 mai \u00e0 La Paz)<\/p>\n<p>https:\/\/www.facebook.com\/reel\/918198847930067<\/p>\n<p><strong>28\/05\/2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>LE SOUL\u00c8VEMENT BOLIVIEN, UN LABORATOIRE DE LA LUTTE DE CLASSE ACTUELLE<\/strong><\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident Rodrigo Paz est au pouvoir depuis \u00e0 peine plus de six mois apr\u00e8s avoir battu la gauche institutionnelle dans les \u00e9lections et a d\u00e9j\u00e0 fait face \u00e0 deux gros soul\u00e8vements populaires.<\/p>\n<p>Entre d\u00e9cembre et janvier, il y a eu trois semaines de blocages et de mobilisations. Maintenant, le soul\u00e8vement des petits paysans et des peuples autochtones depuis avril a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9 depuis le 1er mai par une r\u00e9bellion \u00e9largie \u00e0 la classe ouvri\u00e8re et \u00e0 tous les milieux populaires, contre d\u2019abord la hausse des prix de l\u2019\u00e9nergie et la volont\u00e9 du gouvernement de prendre les terres des petits paysans pour les donner aux gros propri\u00e9taires et dor\u00e9navant depuis le 18 mais par l\u2019objectif de faire tomber le gouvernement.<\/p>\n<p>Certains secteurs sont en mobilisation continue comme les paysans, indig\u00e8nes, enseignants et transporteurs, d\u2019autres le sont de mani\u00e8re plus ponctuelle autour du principal syndicat, la COB, qui pouss\u00e9 par sa propre base, soutient la g\u00e9n\u00e9ralisation de la gr\u00e8ve mais ne l\u2019organise pas. Cela dit, l\u2019ensemble s\u2019\u00e9largit et se radicalise toutefois au fur et \u00e0 mesure des \u00e9v\u00e8nements, de mani\u00e8re vari\u00e9e suivant les r\u00e9gions, mais globalement tout \u00e0 la fois \u00e0 partir des lieux de blocages (une soixantaine \u00e0 l\u2019heure actuelle regroupant pour chacun d\u2019entre eux des milliers et des milliers de bloqueurs) qui servent d\u2019autant de lieux d\u2019assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales et de comit\u00e9s d\u2019auto-organisation qui cherchent \u00e0 se coordonner au niveau national et, en m\u00eame temps, \u00e0 partir de grosses journ\u00e9es de mobilisations g\u00e9n\u00e9rales pouss\u00e9s par la base ouvri\u00e8re et appel\u00e9es par les conf\u00e9d\u00e9rations syndicales pour r\u00e9pondre \u00e0 la r\u00e9pression gouvernementale.<\/p>\n<p>Ainsi, le 16 mai, le gouvernement a voulu briser avec une r\u00e9pression brutale qui a fait quatre morts. Le r\u00e9sultat a \u00e9t\u00e9 l\u2019inverse de celui attendu : le lendemain, il y a eu encore plus de barrages routiers et le lundi suivant, une \u00e9norme marche est descendue d\u2019El Alto \u00e0 La Paz avec le slogan \u00abD\u00e9gageons Paz\u00bb (le pr\u00e9sident). Vendredi 22 mai autre grande journ\u00e9e de mobilisations et de blocus a suivi.<\/p>\n<p>Le samedi 23 mai, le gouvernement a voulu reprendre l\u2019initiative \u00e0 nouveau par la r\u00e9pression en tentant de casser les blocages tout en argumentant que les gens n\u2019en pouvaient plus des privations et en d\u00e9guisant la r\u00e9pression par de l\u2019humanitaire. Mais cette op\u00e9ration appel\u00e9e \u00ab drapeaux blancs \u00bb qui a fait un nouveau mort a \u00e9chou\u00e9. Les barrages se reconstruisant aussit\u00f4t les forces de police pass\u00e9es et r\u00e9sistaient ou se reconstruisaient plus d\u00e9termin\u00e9s que jamais, certains \u00e9taient d\u00e9fendus \u00e0 la dynamite et avec plus de monde. Le 24 mai, on comptait pr\u00e8s de 60 blocages \u00e0 travers le pays qui bloquent totalement l\u2019approvisionnement de la capitale en carburant et aliments.<\/p>\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019op\u00e9ration de r\u00e9pression \u00ab\u00a0drapeaux blancs\u00a0\u00bb du gouvernement, le lundi 25 une nouvelle journ\u00e9e de manifestation d\u2019El Alto \u00e0 La Paz, a eu lieu, la plus importante de ces derni\u00e8res semaines, int\u00e9grant de nouveaux secteurs dans le conflit.<\/p>\n<p>Et puis face \u00e0 une nouvelle menace du gouvernement qui joue avec la possibilit\u00e9 de d\u00e9cr\u00e9ter l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence et d\u2019appeler l\u2019arm\u00e9e, aujourd\u2019hui 27 mai, alors que les associations d\u2019artisans ont annonc\u00e9 qu\u2019elles rejoignaient la lutte, la r\u00e9ponse populaire a \u00e9t\u00e9 une manifestation encore plus importante qui a eu lieu \u00e0 l\u2019initiative des femmes de \u00ab\u00a0Bartolina sisa\u00a0\u00bb, l\u2019organisation f\u00e9minine de la COB, pour la \u00ab\u00a0f\u00eate des m\u00e8res\u00a0\u00bb, qui a une tonalit\u00e9 tr\u00e8s diff\u00e9rente d\u2019ici, puisqu\u2019elle rend hommage \u00e0 la r\u00e9volte des femmes qui a contribu\u00e9 \u00e0 mettre fin au colonialisme espagnol. Et donc \u00e0 la menace de faire appel \u00e0 l\u2019arm\u00e9e, les m\u00e8res ont appel\u00e9 ce 27 mai leurs fils qui servent dans les forces de r\u00e9pression \u00e0 rejoindre la r\u00e9bellion, pr\u00e9venant que s\u2019il y avait mise en place du r\u00e9gime d\u2019exception, c\u2019est ce qui se passerait, les soldats ne tireraient pas sur leurs m\u00e8res, n\u2019ob\u00e9iraient pas.<\/p>\n<p>Ainsi, \u00e0 chaque grande journ\u00e9e, malgr\u00e9 les freins de la COB, le mouvement s\u2019\u00e9largit et se radicalise, conciliant et avan\u00e7ant peu \u00e0 peu, si on compare \u00e0 la France, tout \u00e0 la fois les blocages des Gilets Jaunes et la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale ouvri\u00e8re, la mobilisation des paysans, des indig\u00e8nes, des femme et des citoyens qui bloque et la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale ouvri\u00e8re qui s\u2019ajoute en paralysant toute l\u2019\u00e9conomie. De plus, ces blocages et cette gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale se font avec une tendance \u00e0 la prise en main du mouvement par les comit\u00e9s autoorganis\u00e9s de blocage ou par les bases ouvriers et syndicales, qui comme chez les transporteurs, dirigent maintenant leur lutte par-dessus la t\u00eate de leurs dirigeants syndicaux, puisqu\u2019ils ont l\u2019exp\u00e9rience de d\u00e9cembre\/janvier, lors du premier soul\u00e8vement o\u00f9 la COB a fait stopper le mouvement apr\u00e8s des promesses gouvernementales\u2026 qu\u2019il n\u2019a pas tenues. En ce sens, ce second mouvement contre Rodrigo Paz se fait aussi en m\u00e9fiance des dirigeants de la COB.<\/p>\n<p>Par ailleurs, la r\u00e9bellion bolivienne n\u2019est pas un \u00e9pisode isol\u00e9, c\u2019est un laboratoire o\u00f9 les questions qui traversent les interrogations des militants de toute la r\u00e9gion, et plus loin, sont en cours de test.<\/p>\n<p>Presque partout en Am\u00e9rique du sud, les dirigeants sociaux-d\u00e9mocrates qui dirigeaient tous les pays il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es, ont men\u00e9 des politiques anti-ouvri\u00e8res qui les ont men\u00e9 \u00e0 perdre les \u00e9lections au profit de la droite ou de l\u2019extr\u00eame-droite. Celles-ci ont cru qu\u2019en ayant battu la gauche institutionnelle, ils pouvaient foncer et d\u00e9truite tous les acquis sociaux et d\u00e9mocratiques. Mais ils ont oubli\u00e9 que les valeurs de gauche dans la population n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 battues, elles ont juste \u00e9t\u00e9 trahies par les directions syndicales et politiques. Aussi, face aux attaques, le peuple de gauche s\u2019est lev\u00e9 et aussi bien en Bolivie, qu\u2019au P\u00e9rou, en Argentine ou au Chili, les gouvernements de droite ou d\u2019extr\u00eame-droite sont bloqu\u00e9s par la r\u00e9sistance populaire, qui, en Bolivie, n\u2019est en train de prendre une toute autre dimension.<\/p>\n<p>Si le mouvement actuel va jusqu\u2019au bout, si le pr\u00e9sident Rodrigo Paz tombe, si la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale devient effective, si les comit\u00e9s de blocage parviennent \u00e0 d\u00e9passer l\u2019appareil bureaucratique syndical et politique (le gouvernement cherche \u00e0 se forger une opposition convenable dans Evo Morales, qui jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent appelle plut\u00f4t \u00e0 la d\u00e9mobilisation, de la m\u00eame fa\u00e7on que Lula soutient le gouvernement en appelant au \u00ab\u00a0dialogue\u00a0\u00bb ) et \u00e0 s\u2019articuler dans une coordination nationale pour prendre la t\u00eate du mouvement, repr\u00e9senter directement les aspirations populaires \u00e0 faire tomber Paz et le syst\u00e8me d\u2019oppression et d\u2019exploitation, alors l\u2019effet sur Milei en Argentine, Kast au Chili et le reste des dirigeants droitiers de la r\u00e9gion sera in\u00e9vitable. Ce sera un ph\u00e9nom\u00e8ne en cascade car toute la r\u00e9gion est explosive.<\/p>\n<p>Ce qui se joue en Bolivie, c\u2019est le sort de l\u2019ensemble des mobilisations et des gouvernements dans la r\u00e9gion, et la possibilit\u00e9 plus g\u00e9n\u00e9ralement de renverser le cours de l\u2019histoire.<\/p>\n<p><strong>26\/05\/2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>TOUTE L\u2019AM\u00c9RIQUE DU SUD VIT AU RYTHME DU SOUL\u00c8VEMENT BOLIVIEN<\/strong><\/p>\n<p>Depuis la r\u00e9volution de 1952 o\u00f9 le peuple bolivien s\u2019est soulev\u00e9 par-dessus la volont\u00e9 de ses propres dirigeants politiques et syndicaux, s\u2019emparant des armes et des minist\u00e8res, a renvers\u00e9 le gouvernement en place, la Bolivie a inspir\u00e9 bien des r\u00e9voltes du continent et est rest\u00e9e un mod\u00e8le au c\u0153ur des esprits qui luttent contre l\u2019injustice dans toute l\u2019Am\u00e9rique du Sud.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, tout le monde se demande si ce qui se passe actuellement en Bolivie n\u2019a pas la m\u00eame dimension qu\u2019en 1952. Si cela se r\u00e9alisait, tout le monde comprend que cela aurait des implications imm\u00e9diates partout en encourageant par exemple les r\u00e9voltes d\u00e9j\u00e0 en cours en Argentine, au Chili, au P\u00e9rou ou en Equateur contre la d\u00e9rive vers l\u2019extr\u00eame-droite de beaucoup de r\u00e9gimes en place. Alors, dans cet espoir, d\u00e9j\u00e0 aujourd\u2019hui, partout en Am\u00e9rique du sud r\u00e9sonne le cri : \u00ab\u00a0il faut faire comme en Bolivie\u00a0\u00bb en m\u00eame temps que des manifestations et rassemblements de soutien apparaissent dans de nombreux endroits !<\/p>\n<p>En Bolivie, comme en 1952, le mouvement est en train de passer par-dessus les dirigeants de la principale centrale syndicale, la COB et par-dessus les autres direction syndicales ou politiques d\u2019opposition, avec des assembl\u00e9es populaires, des comit\u00e9s de blocage, des conseils de quartier et des assembl\u00e9es syndicales de base, indig\u00e8nes, paysannes, ouvri\u00e8res, enseignantes, des salari\u00e9s des transports, communautaires et de quartier qui se mettent en place partout avec des tentatives de coordination, qui pour l\u2019instant ne sont encore que locales ou professionnelles, mais qui visent \u00e0 se coordonner nationalement pour permettre au mouvement d\u2019aller jusqu\u2019au bout de ce qu\u2019il porte, non seulement le renversement du gouvernement de Rodrigo Pas mais de tout le syst\u00e8me d\u2019oppression et d\u2019exploitation.<\/p>\n<p>Partout ces assembl\u00e9es, comme celle immense d\u2019El Alto, qui maintenant coordonne 14 districts de cette ville ouvri\u00e8re de 800 000 habitants, banlieue de la Paz o\u00f9 les participants interpellent les dirigeants de diverses organisations et syndicats, leur reprochant de ne pas r\u00e9pondre aux revendications de la base, et d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 poursuivre le combat, lancent des menaces contre la trahison des sommets et des appels \u00e0 multiplier les structures d\u2019auto-organisation, comme hier encore avec les salari\u00e9s des transports, dont le comit\u00e9 autoorganis\u00e9 a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019organiser la gr\u00e8ve par-dessus ses dirigeants syndicaux et lanc\u00e9 un appel \u00e0 une gr\u00e8ve totale du secteur.<\/p>\n<p>Face \u00e0 des mobilisations massives et \u00e0 des blocages routiers parfois de milliers de participants, toujours renaissant malgr\u00e9 la r\u00e9pression brutale, et alors que les gr\u00e8ves se multiplient, diff\u00e9rents secteurs de la population s\u2019organisent. Forte de cette force populaire organis\u00e9e, la population exerce pour le moment une forte pression sur la direction de la Centrale ouvri\u00e8re bolivienne (COB) et de la F\u00e9d\u00e9ration des conseils de quartier (FEJUVE), entre autres, les contestent lorsque ces organisations concluent des accords et tentent d\u2019\u00e9touffer la lutte. Au sein de la base, la r\u00e9bellion contre les trahisons des dirigeants est omnipr\u00e9sente. Mais cette m\u00e9fiance organis\u00e9e cherche maintenant \u00e0 aller plus loin que de faire pression sur les dirigeants syndicaux et essaie de se structurer pour diriger elle-m\u00eame le mouvement.<\/p>\n<p>Le week-end dernier, la direction de la COB a \u00e9t\u00e9 hu\u00e9e en s\u00e9ance pl\u00e9ni\u00e8re pour avoir propos\u00e9 d\u2019ouvrir des n\u00e9gociations avec la gouvernement Rodrigo Pas, aussi elle a fait marche arri\u00e8re sous la pression et \u00e0 \u2026 d\u00e9nonc\u00e9 tous ceux qui veulent n\u00e9gocier dans le dos du peuple\u2026 tout en \u00e9tant pr\u00eate \u00e0 le faire \u00e0 la premi\u00e8re occasion face \u00e0 un gouvernement qui entre une r\u00e9pression f\u00e9roce quand il se sent d\u00e9bord\u00e9, mais sans autre efficacit\u00e9 que de renforcer la d\u00e9termination des insurg\u00e9s (aujourd\u2019hui \u00e0 Paratoni, sur la route menant de Cochabamba \u00e0 l\u2019ouest du pays, des insurg\u00e9s ont attaqu\u00e9 \u00e0 dynamite, des policiers qui tentaient de d\u00e9bloquer la route), et un appel au secours \u00e0 la COB pour n\u00e9gocier, parce qu\u2019il ne sait pas combien de temps il va tenir, n\u2019ayant que 6 mois d\u2019existence.<\/p>\n<p>Il faut dire que peuple bolivien \u00e9tait descendu en masse dans la rue dans un premier soul\u00e8vement en d\u00e9cembre. Mais en janvier, le COB l\u2019a trahi et avait conclu en n\u00e9gociant la fin du mouvement avec un pacte acceptant l\u2019augmentation des prix du carburant (en plus d\u2019acheter de l\u2019essence frelat\u00e9e), le point de d\u00e9part de la r\u00e9volte, (merci \u00e0 Trump !). Les boliviens et militants de base de la COB ont retenu la le\u00e7on. Et puis, en avril, Rodrigo Paz, profitant de ce recul, tenta de s\u2019emparer des petites exploitations paysannes \u2013 alors que c\u2019\u00e9tait une victoire de la r\u00e9volution bolivienne de 1952 \u2013 pour les donner au grand capital agro-alimentaire. La population, en particulier paysanne, s\u2019est soulev\u00e9 une fois de plus et a fait \u00e9chouer la tentative de privatisation, par des blocages et des affrontements de rue men\u00e9s principalement par des femmes et les \u00ab\u00a0ponchos rouges\u00a0\u00bb, un mouvement de masse autochtone arm\u00e9.<\/p>\n<p>Finalement, avec ce nouveau mouvement paysan d\u00e9termin\u00e9, pouss\u00e9e par sa base, le 1er mai, la COB a convoqu\u00e9 une assembl\u00e9e nationale, o\u00f9 des milliers de personnes vot\u00e8rent pour une gr\u00e8ve illimit\u00e9e.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que la g\u00e9n\u00e9ralisation de la gr\u00e8ve a commenc\u00e9 parce que<\/p>\n<p>la gr\u00e8ve illimit\u00e9e est encore en construction, vu que la COB et les autres centrales syndicales acceptent le mot, mais ne font rien pour l\u2019organiser et ne se placent pas dans la perspective de renverser le gouvernement et tout le syst\u00e8me, m\u00eame si elles en parlent, mais seulement dans la perspective de faire pression sur lui, d\u2019obtenir des concessions sans rien changer au syst\u00e8me. Dans les faits, la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale illimit\u00e9e s\u2019impose par en bas, par des blocages de routes et d\u2019usines et de centres miniers, des prises en main paysannes de secteurs entiers, organis\u00e9s par les conseils de quartier, avec la participation active des communaut\u00e9s autochtones, des travailleurs ruraux et urbains et des femmes et aussi par des grandes journ\u00e9es de mobilisation g\u00e9n\u00e9rale, comme hier 25 mai, o\u00f9 appellent ponctuellement les directions syndicales et qui entrainent de fait de nouveaux secteurs dans la lutte. Elle se manifeste \u00e9galement par des arr\u00eats de travail, partiels, totaux, illimit\u00e9s ou non, variable suivant que la mobilisation populaire est tr\u00e8s forte ou moins forte.<\/p>\n<p>Pour le moment le soul\u00e8vement bolivien change la situation dans toute l\u2019Am\u00e9rique du Sud, redonne espoir aux classes populaires et aux militants et montre que dans cette p\u00e9riode de r\u00e9action, un avenir de lutte est possible, s\u2019il est men\u00e9 par en bas.<\/p>\n<p><strong>25\/05\/2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>BOLIVIE : ENTRE R\u00c9VOLUTION ET CONTRE R\u00c9VOLUTION<\/strong><\/p>\n<p>\u00c9norme manifestation en ce moment partant d\u2019El Alto en direction du centre de La Paz en ce d\u00e9but de 4e semaine de gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale pour d\u00e9gager le gouvernement de la r\u00e9action et des patrons.<\/p>\n<p>Hier le parlement a donn\u00e9 toute latitude pour proclamer l\u2019Etat de si\u00e8ge, la loi martiale et envoyer l\u2019arm\u00e9e, tandis qu\u2019au pr\u00e9texte de cr\u00e9er des corridors humanitaires pour d\u00e9bloquer l\u2019approvisionnement de la capitale, les forces de police ont fait un 5e mort.<\/p>\n<p>En m\u00eame temps, le principal syndicat, la COB, avec qui le gouvernement avait annonc\u00e9 des n\u00e9gociations, a au contraire appel\u00e9 aujourd\u2019hui \u00e0 amplifier la lutte jusqu\u2019\u00e0 la victoire d\u00e9non\u00e7ant tous ceux qui voudraient n\u00e9gocier en ce moment. Mais en m\u00eame temps la COB n\u2019appelle pas vraiment \u00e0 une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale insurrectionnelle en fixant des \u00e9tapes et des objectifs pour renverser le gouvernement, mais laisse plut\u00f4t la gr\u00e8ve se g\u00e9n\u00e9raliser d\u2019elle-m\u00eame, ne lui laissant ainsi de fait qu\u2019un r\u00f4le de pression, ce qui peut encore laisser un espace au gouvernement pour tenter d\u2019\u00e9craser la r\u00e9volte. Celui-ci h\u00e9site encore au vu de l\u2019\u00e9chec de cette tentative le 16 mai qui a au contraire amplifi\u00e9 le mouvement et durci sa d\u00e9termination. Mais il n\u2019aura peut-\u00eatre bient\u00f4t plus le choix avant que le mouvement d\u2019en bas prenne la forme de l\u2019insurrection par en bas de 1952, lorsque le mouvement de lui-m\u00eame s\u2019est saisi des armes dans les d\u00e9p\u00f4ts et a occup\u00e9 tous les minist\u00e8res.<\/p>\n<p>De leurs c\u00f4t\u00e9s, les multiples formes d\u2019auto-organisation notamment, les comit\u00e9s de blocage des routes, appellent \u00e0 multiplier les structures d\u2019auto-organisation pour prendre en main le mouvement et lui permettre \u00e0 aller jusqu\u2019au bout, renverser le gouvernement et mettre \u00e0 bas le pouvoir des forces d\u2019argent.<\/p>\n<p>https:\/\/www.facebook.com\/reel\/3927302517405996<\/p>\n<p><strong>24\/05\/2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>BOLIVIE : TROISI\u00c8ME SEMAINE DE GR\u00c8VE G\u00c9N\u00c9RALE POUR FAIRE TOMBER LE GOUVERNEMENT DE LA R\u00c9ACTION ET DES PATRONS<\/strong><\/p>\n<p>Hier, \u00e0 la troisi\u00e8me semaine de gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale pour d\u00e9gager le gouvernement de la r\u00e9action et des grands patrons, des affrontement violents ont continu\u00e9 \u00e0 La Paz, alors que les ouvriers et mineurs de la ville d\u2019El Alto, banlieue populaire de La Paz sont descendus dans la capitale, utilisant parfois des b\u00e2tons de dynamite pour r\u00e9pondre aux gaz lacrymog\u00e8nes de la police.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, alors que des milices arm\u00e9es se forment dans l\u2019arri\u00e8re pays pour soutenir le soul\u00e8vement, et alors que la capitale manque de tout, bloqu\u00e9e par de nombreux barrages routiers qui emp\u00eachent l\u2019approvisionnement, les forces de police ont tent\u00e9 de d\u00e9gager des barrages qui bloquent la capitale au nom un pr\u00e9tendu \u00ab\u00a0corridor humanitaire\u00a0\u00bb, mais \u00e0 chaque fois qu\u2019ils en d\u00e9gageaient un, il se reformait aussit\u00f4t derri\u00e8re aux apr\u00e8s leur d\u00e9part, avec encore plus de participants, habitants, voisins ou militants de tous bords.<\/p>\n<p>Des voix de la r\u00e9action s\u2019\u00e9l\u00e8vent pour demander au gouvernement de faire tirer \u00e0 balles r\u00e9elles, tandis que le dirigeant de la COB (principale centrale syndicale ouvri\u00e8re) avec qui le gouvernement disait n\u00e9gocier, en fait se cache pour \u00e9viter l\u2019arrestation, et a lanc\u00e9 un appel \u00e0 continuer la lutte jusqu\u2019\u00e0 la chute du gouvernement.<\/p>\n<p><strong>23\/05\/2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>LA TENSION MONTE EN BOLIVIE<\/strong><\/p>\n<p><strong>DES GROUPES ARM\u00c9S NAISSENT DE LA GR\u00c8VE G\u00c9N\u00c9RALE ILLIMIT\u00c9E CONTRE LA R\u00c9ACTION ET LE GRAND PATRONAT<\/strong><\/p>\n<p>Alors qu\u2019apr\u00e8s trois semaines de soul\u00e8vement, une nouvelle grosse journ\u00e9e de mobilisation est pr\u00e9vue ce 22 mai \u00e0 La Paz, plusieurs groupes arm\u00e9s des communaut\u00e9s autochtones ont fait leur apparition soutenant le mouvement pour bien montrer leur d\u00e9termination \u00e0 faire tomber le r\u00e9gime de Rodrigo Paz d\u00e9fendant une politique de l\u2019extr\u00eame-droite, comme celui de Qaqachaca en vido-ci-dessous mais aussi des \u00ab\u00a0ponchos rouges\u00a0\u00bb ou encore ceux de la Marka Pocoata et de la F\u00e9d\u00e9ration d\u2019Ayllus, tandis qu\u2019on assiste parall\u00e8lement \u00e0 une mont\u00e9e de l\u2019auto-organisation autour des comit\u00e9s de blocage des routes.<\/p>\n<p>https:\/\/www.facebook.com\/reel\/1619249792487278<\/p>\n<p><strong>22\/05\/2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>LE SOUL\u00c8VEMENT POPULAIRE SE RENFORCE ET SE RADICALISE EN BOLIVIE<\/strong><\/p>\n<p><strong>QUELLES LE\u00c7ONS POUR LE MONDE D\u2019AUJOURD\u2019HUI ?<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s trois semaines, le soul\u00e8vement du peuple bolivien pour faire tomber le r\u00e9gime de Rodrigo Paz continue ce 22 mai avec \u00e0 sa t\u00eate, les petits paysans, les communaut\u00e9s indig\u00e8nes, les enseignants, les transporteurs, les mineurs et de nombreux autres secteurs de la population.<\/p>\n<p>Depuis l\u2019\u00e9chec de la tentative de r\u00e9pression violente du mouvement le 16 mai faisant 4 morts, qui n\u2019a pas intimid\u00e9 la mobilisation mais au contraire a renforc\u00e9 son ampleur et sa d\u00e9termination, le gouvernement a chang\u00e9 de tactique, m\u00eame si tout est mouvant et peut changer d\u2019heure en heure. Tout en promettant quelques concessions aux paysans, enseignants, transporteurs \u2013 qui ont \u00e9t\u00e9 refus\u00e9es jusque l\u00e0 -, il cherche maintenant \u00e0 n\u00e9gocier en particulier avec la direction de la COB, la principale centrale syndicale, comme il l\u2019avait d\u00e9j\u00e0 fait en janvier 2026, lors de la premi\u00e8re phase de ce soul\u00e8vement o\u00f9 il avait obtenu l\u2019arr\u00eat du mouvement par la COB en \u00e9change de promesses\u2026 qu\u2019il n\u2019avait \u00e9videmment pas tenues.<\/p>\n<p>Ce qui fait qu\u2019apr\u00e8s une riposte massive le 18 mai des paysans et mineurs de la COB \u00e0 la r\u00e9pression violente du 16 mai, faisant craindre aux autorit\u00e9s un sc\u00e9nario \u00e0 la 1952 o\u00f9 la population s\u2019\u00e9tait empar\u00e9e des d\u00e9p\u00f4ts d\u2019armes et des minist\u00e8res provoquant la chute du r\u00e9gime, Rodrigo Paz a annonc\u00e9 qu\u2019il avait entam\u00e9 des n\u00e9gociations avec la direction de la COB, qu\u2019il levait tous les mandats d\u2019arr\u00eat contre elle. Du coup, alors que la COB avait annonc\u00e9 qu\u2019elle allait envahir la capitale La Paz, le 20 mai, ce jour-l\u00e0 il n\u2019y avait bizarrement plus aucun des dirigeants de la COB qui avaient tous disparu des rues.<\/p>\n<p>Aussi, les secteurs les plus avanc\u00e9s de la lutte craignant une trahison du type de celle de janvier, comme la direction du Comit\u00e9 des blocages \u00e0 Puente Vela, ou encore la coordination des voisins d\u2019El Alto, la ville\/banlieue ouvri\u00e8re de 800 000 habitants de La Paz, ont appel\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0renforcer les organisations d\u2019en bas, par le biais de conseils, d\u2019assembl\u00e9es populaires et de comit\u00e9s de blocage \u00e9lus par leurs propres bases, car seuls les gens organis\u00e9s et mobilis\u00e9s pourront d\u00e9fendre leurs droits et faire face aux politiques qui visent \u00e0 faire payer la classe ouvri\u00e8re pour la crise\u00a0\u00bb, d\u00e9non\u00e7ant ceux qui n\u00e9gocient en ce moment dans leur dos.<\/p>\n<p>Il y a quelque chose de semblable dans le d\u00e9marrage de ce soul\u00e8vement \u00e0 celui qui s\u2019est pass\u00e9e en Inde en 2020\/2021, qui a dur\u00e9 1 an et fait vaciller le gouvernement d\u2019extr\u00eame-droite de Modi. Dans les deux pays, il est parti d\u2019un soul\u00e8vement de petits paysans, \u00e0 la production d\u2019auto-suffisance alimentaire et aux traditions communautaires, \u00e0 qui le pouvoir a voulu prendre les terres pour les donner \u00e0 la grande propri\u00e9t\u00e9 agricole capitaliste. C\u2019est une marche de petits paysans sur la capitale, moins soumis \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 paralysante des conf\u00e9d\u00e9ration syndicales ouvri\u00e8res, traversant une partie du pays, en Inde comme en Bolivie, qui a mis le feu aux poudres, agglom\u00e9rant d\u2019autres cat\u00e9gories sociales, transporteurs, communaut\u00e9s indig\u00e8nes, enseignants, mineurs\u2026 ajoutant d\u2019autres revendications contre l\u2019inflation, la mauvaise qualit\u00e9 du carburant endommageant des milliers et des milliers de v\u00e9hicules, les conditions de travail, l\u2019emploi\u2026.<\/p>\n<p>Ce qui est remarquable en Bolivie, c\u2019est que le gouvernement \u00e9lu il n\u2019y a pas 6 mois, a d\u00e9j\u00e0 subi deux grands mouvements populaires. En fait il a cru, qu\u2019ayant gagn\u00e9 largement aux \u00e9lections contre l\u2019opposition officielle d\u2019en haut, il avait gagn\u00e9 aussi contre l\u2019opposition populaire d\u2019en bas. Il a d\u00e9cid\u00e9, croyant \u00e7a, d\u2019attaquer violemment les acquis sociaux et d\u00e9mocratiques du peuple bolivien. R\u00e9sultat, il a r\u00e9colt\u00e9 deux vastes soul\u00e8vements populaires en 6 mois.<\/p>\n<p>Du coup, une partie du grand patronat commence \u00e0 prendre ses distances avec lui, craignant un embrasement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9.<\/p>\n<p>Constat, qui ne vaut pas que pour la Bolivie, la perte g\u00e9n\u00e9rale actuelle de l\u00e9gitimit\u00e9 du syst\u00e8me \u00e9lectoral repr\u00e9sentatif, fait que les \u00e9lections ne sont plus le moyen de renforcer la l\u00e9gitimit\u00e9 du pouvoir comme ce l\u2019a \u00e9t\u00e9 depuis 80 ans.<\/p>\n<p>Avec cette perte de l\u00e9gitimit\u00e9 et en m\u00eame temps l\u2019accession actuelle au pouvoir de l\u2019extr\u00eame-droite (en Bolivie, Rodrigo Paz de la droite centriste a gagn\u00e9 sa campagne contre l\u2019extr\u00eame-droite, mais une fois \u00e9lu, apr\u00e8s avoir vir\u00e9 ses alibis de gauche, a fait une politique d\u2019extr\u00eame-droite), les \u00e9lections et le moment d\u2019apr\u00e8s \u00e9lection, deviennent un moment de confrontation exacerb\u00e9 entre ce pouvoir institutionnel d\u00e9l\u00e9gitim\u00e9 et la base populaire rest\u00e9e de gauche. Ce moment d\u2019amplification des luttes et en m\u00eame temps de d\u00e9l\u00e9gitimation totale du syst\u00e8me repr\u00e9sentatif par la victoire de l\u2019extr\u00eame-droite qui cherche la dictature, pousse \u00e0 la recherche \u00e0 partir d\u2019une base populaire de gauche, d\u2019une nouvelle forme de repr\u00e9sentation populaire plus directe.<\/p>\n<p>On constate la m\u00eame chose en Argentine avec Milei, de plus en plus affaibli par les r\u00e9voltes populaires qui ne cessent pas m\u00eame si l\u2019opposition en haut, politique et syndicale, elle ne cesse pas de se d\u00e9consid\u00e9rer en se couchant syst\u00e9matiquement devant lui. C\u2019est la m\u00eame chose qui \u00e9merge aussi au Chili aujourd\u2019hui en \u00e0 peine quelques mois de gouvernement d\u2019extr\u00eame-droite, un gouvernement qui a voulu foncer dans les contre-r\u00e9formes mais qui est d\u00e9j\u00e0 quasi paralys\u00e9 par les mobilisations. Et puis encore en Italie o\u00f9 M\u00e9loni n\u2019arrive plus \u00e0 mener aucune offensive devant des mobilisations ouvri\u00e8res et populaires incessantes, aux USA encore o\u00f9 certes Trump ne cesse d\u2019attaquer mais est en m\u00eame temps paralys\u00e9 dans ce qu\u2019il fait, non pas par le Parti D\u00e9mocrate \u2013 plut\u00f4t complice \u2013 , mais par de tr\u00e8s fortes mobilisations de base, sociales, anti-racistes, f\u00e9ministes, d\u00e9mocratiques, des juges, des mairies, des associations multiples et des structures syndicales de base. La tendance est la m\u00eame dans bien d\u2019autres pays jusqu\u2019y compris en Isra\u00ebl, o\u00f9 si la gauche n\u2019existe plus, ayant failli plus d\u2019une fois, la gauche populaire existe en bas dans des mobilisations populaires incessantes pour essayer de faire vivre une d\u00e9mocratie par en bas.<\/p>\n<p>Dans ces pays, comme bien souvent, il n\u2019y a plus de partis institutionnels de gauche avec de la l\u00e9gitimit\u00e9, mais par contre les traditions de gauche, de lutte, sont bien ancr\u00e9es et vivantes dans les bases syndicales et politiques comme parfois les traditions d\u00e9mocratiques dans certains secteurs institutionnels, et ces bases font vivre ces traditions d\u00e9mocratiques et sociales dans la lutte malgr\u00e9 l\u2019absence de repr\u00e9sentation institutionnelle.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi, il ne peut plus y avoir nulle part aujourd\u2019hui de victoire \u00e9lectorale sans cette mobilisation de cette base par et dans ses propres luttes populaires. C\u2019est pourquoi aussi tout l\u2019effort qu\u2019on voit surgir aujourd\u2019hui en Bolivie dans cette opposition de base, vise \u00e0 aller plus loin, \u00e0 pallier \u00e0 ce manque de repr\u00e9sentativit\u00e9 politique, \u00e0 structurer une nouvelle forme de pouvoir, celui de l\u2019auto-organisation populaire. Une tendance mondiale.<\/p>\n<p><strong>DERNI\u00c8RES NOUVELLES DE CE 22 MAI<\/strong><\/p>\n<p>Alors que le nombre de blocages s\u2019\u00e9tend dans le pays, la COB (Central Obrera Boliviana), le syndicat paysan\/ouvrier de la CSUTCB, l\u2019association CONAMAQ (Conseil national des Ayllus et Markas du Qullasuyu qui est l\u2019organisation bolivienne qui chapeaute l\u2019ensemble des peuples autochtones des markas et des ayllus du Qullasuyu) , 14 districts d\u2019El Alto, les F\u00e9d\u00e9rations des 20 provinces du D\u00e9partement de La Paz, les chauffeurs interprovinciaux, FEJUVE et le mouvement r\u00e9volutionnaire La T\u00fapac Katari et Bartolinas (syndicat des m\u00e8res paysannes autochtones) ont d\u00e9cid\u00e9 de marcher sur La Paz ce 22 mai. A ceux-ci s\u2019ajoute le Comit\u00e9 civique de Huanuni qui a annonc\u00e9 son entr\u00e9e dans le blocus des routes, o\u00f9 l\u2019Union mixte des travailleurs miniers de Huanuni (SMTMH) occupe une place centrale.<\/p>\n<p><strong>20\/05\/2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>BOLIVIE : LA GR\u00c8VE G\u00c9N\u00c9RALE ILLIMIT\u00c9E POUR FAIRE TOMBER LE GOUVERNEMENT G\u00c9N\u00c8RE UNE AUTO-ORGANISATION DE BASE POUR LA SUITE A LA CHUTE DU POUVOIR<\/strong><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la r\u00e9pression et les tentatives de division du mouvement en c\u00e9dant un peu le mouvement ne cesse de cro\u00eetre.<\/p>\n<p>Le mouvement de gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale dure maintenant depuis plus de 15 jours. Apr\u00e8s les tentatives du gouvernement de le r\u00e9primer par la violence autour du 16 mai, qui a fait quatre morts, mais surtout \u00e9largi et radicalis\u00e9 encore plus la lutte, avec notamment l\u2019arriv\u00e9e conjointe \u00e0 La Paz de la marche paysanne et la descente sur la capitale, de foules d\u2019ouvriers de la banlieue ouvri\u00e8re de 800 000 habitants d\u2019El Alto, le pouvoir de R. Paz a chang\u00e9 de tactique (bien que plusieurs secteurs politiques bourgeois appellent \u00e0 l\u2019intervention de l\u2019arm\u00e9e et souhaitent d\u00e9cr\u00e9ter l\u2019\u00e9tat de si\u00e8ge) et tente d\u2019une part de diviser le front des luttes et d\u2019autre part de lui donner une direction qui lui convient mieux, celle de l\u2019ancien pr\u00e9sident Evo Morales, en le criminalisant, m\u00eame si celui-ci dit qu\u2019il n\u2019a rien \u00e0 voir dans ce soul\u00e8vement et tente plut\u00f4t de calmer les choses.<\/p>\n<p>Pour tenter de diviser, le pouvoir a promis aux transporteurs de les indemniser pour les dommages caus\u00e9s aux moteurs de leurs v\u00e9hicules par le gasoil frelat\u00e9 et aux paysans d\u2019abroger la loi 1.720 qui a d\u00e9vast\u00e9 la petite propri\u00e9t\u00e9 agraire (mais pr\u00e9pare une autre loi similaire). Le minist\u00e8re du Travail a conclu un \u00ab accord \u00bb avec la Conf\u00e9d\u00e9ration des enseignants \u2013 secteur professionnel o\u00f9 la lutte est la plus avanc\u00e9e et la plus organis\u00e9e- par lequel il a accord\u00e9 une prime annuelle de 2.400 pesos boliviens et des promesses de \u00ab participation \u00bb de ses dirigeants dans la pr\u00e9paration d\u2019une nouvelle loi \u00e9ducative en \u00e9change de la lev\u00e9e des mobilisations et des gr\u00e8ves. Mais le principal syndicat enseignant l\u2019Union Urbaine des Ma\u00eetres n\u2019a pas approuv\u00e9 cet accord et une importante assembl\u00e9e de l\u2019Union Rurale l\u2019a rejet\u00e9 avec fermet\u00e9. Il s\u2019agit en effet d\u2019une \u00ab augmentation \u00bb ridicule de moins de 2% par rapport \u00e0 l\u2019augmentation de 20% que les enseignants \u2013 et tous les salari\u00e9s \u2013 revendiquent.<\/p>\n<p>En fait, ces tentatives de division ont plut\u00f4t l\u2019effet pour le moment de renforcer la lutte en montrant par ces concessions que le gouvernement est faible et recule.<\/p>\n<p>Alors, pour le moment, le b\u00e2ton et la carotte ont \u00e9chou\u00e9.<\/p>\n<p>Et le mouvement s\u2019amplifie toujours, se radicalise et surtout construit ses propres organes d\u2019auto-organisation.<\/p>\n<p>Le long d\u2019El Alto, de Senkata, de Ventilla, de Puente Vela, de Puente Bolivie et de diff\u00e9rents points de blocage se d\u00e9veloppent, de multiples assembl\u00e9es, r\u00e9unions et des espaces de discussion et d\u00e9cision sur des bases de quartier, d\u2019\u00e9coles, d\u2019usines, de communaut\u00e9s paysannes comme autant d\u2019organes populaires pour se battre jusqu\u2019\u00e0 la victoire, casser le plan d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, virer le gouvernement et organiser l\u2019apr\u00e8s effondrement du pouvoir..<\/p>\n<p>Dans un compte rendu du Daily Left de la ville de Cochabamba, il est rapport\u00e9 que \u00ab les blocages sont maintenus en plusieurs points \u00e0 Huayllani, San Isidro, Aguirre, Colomi. D\u2019autre part, aujourd\u2019hui les OTB (Organisations de base territoriales) de Quillacollo ont d\u00e9cid\u00e9 de se joindre aux blocages pour \u00e9viter que la province de Cercado continue de faire marcher les transports, avec donc plusieurs points de blocus et d\u2019auto-organisation au sein m\u00eame de cette province de 240 000 habitants avec Cochabamba comme capitale. Il est \u00e9galement important de noter que l\u2019ancienne route vers Santa Cruz est bloqu\u00e9e par des collectifs de blocage dans plusieurs sections les plus grandes de Tiraque, y compris des tron\u00e7ons interprovinciaux comme \u00e0 Vacas. \u00bb<\/p>\n<p>Il est apparu des centaines de points de blocage, qui servent comme autant de points d\u2019auto-organisation, comme on a pu le vivre en France avec les Gilets Jaunes, mais aussi des mobilisations qui sont de plus en plus courageuses et radicalis\u00e9es, qui cherchent, de mani\u00e8re croissante, \u00e0 unifier et \u00e0 coordonner leurs actions de lutte.<\/p>\n<p>Il y a des centaines de formes d\u2019auto-organisations sorties des blocages, mais aussi celles appel\u00e9es par des directions syndicales de base ou des associations de quartier, qui nourrissent les points de blocus, s\u2019y retrouvent et y discutent de la fa\u00e7on de se d\u00e9fendre, et de quoi construire apr\u00e8s la possible chute du gouvernement Paz.<\/p>\n<p>Tous, ils ne se reconnaissent pas dans leurs directions nationales syndicales ou politiques ti\u00e8des \u2013 qui les ont tromp\u00e9 dans un mouvement semblable en d\u00e9cembre 2025\/janvier 2026 o\u00f9 elles avaient appel\u00e9 \u00e0 rentrer chez soi apr\u00e8s que le gouvernement avait fait la promesse de r\u00e9pondre \u00e0 toute les revendications mais n\u2019avait pas tenu ses promesses \u2013 et du coup construisent de nouveaux instruments de lutte \u00e0 travers les comit\u00e9s de blocus, qui cherchent \u00e0 se coordonner avec toutes sortes d\u2019autres comit\u00e9s de mobilisation de base qui contribuent \u00e0 \u00e9merger un peu partout.<\/p>\n<p>Sympt\u00f4me important de cette \u00e9volution, dans la ville\/banlieue ouvri\u00e8re d\u2019El Alto sur les hauts de La Paz, qui a souvent jou\u00e9 un r\u00f4le central dans les mobilisations ouvri\u00e8res en Bolivie, commence encore tr\u00e8s embryonnairement, mais aussi \u00e0 son tour, \u00e0 \u00e9merger ce type d\u2019auto-organisation.<\/p>\n<p>Depuis 1952, les mobilisations ouvri\u00e8res et populaires en Bolivie ont jou\u00e9 un r\u00f4le central d\u2019entra\u00eenement dans tous les pays d\u2019Am\u00e9rique latine. Et les mobilisations actuelles en Bolivie ont d\u00e9j\u00e0 des \u00e9chos en Argentine et au Chili, renfor\u00e7ant les mobilisations dans ces pays.<\/p>\n<p>Aussi, craignant cela, le gouvernement de Milei \u2013 avec le soutien de Trump -a envoy\u00e9 deux avions Hercules avec une pr\u00e9tendue \u00ab aide humanitaire \u00bb pour briser le blocus que les gens mobilis\u00e9s avec la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale sur La Paz ont men\u00e9. Et Milei a dirig\u00e9 une d\u00e9claration \u00ab humanitaire \u00bb et \u00ab d\u00e9mocratique \u00bb, sign\u00e9e par huit pays (Argentine, Chili, Costa Rica, \u00c9quateur, Guatemala, Panama, Paraguay et P\u00e9rou), en soutien au gouvernement de la faim et au r\u00e9presseur de Rodrigo Paz.<\/p>\n<p>Mais, ce faisant, tous les peuples d\u2019Am\u00e9rique du sud suivant de pr\u00e8s et appuyant ces mobilisations boliviennes, Milei va peut-\u00eatre \u00e9tendre un peu plus rapidement la mobilisation bolivienne au reste de l\u2019Am\u00e9rique du sud et de l\u2019Am\u00e9rique centrale, et peut-\u00eatre aussi \u00e0 la mobilisation des latinos des USA, issus de ces pays, d\u00e9j\u00e0 pas mal mobilis\u00e9s contre Trump et qui regardent ce qui se passe en Bolivie.<\/p>\n<p><strong>19\/05\/2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>BOLIVIE : LA GR\u00c8VE G\u00c9N\u00c9RALE ILLIMIT\u00c9E CONTINUE POUR FAIRE TOMBER LE GOUVERNEMENT REACTIONNAIRE DES GRANDS PATRONS<\/strong><\/p>\n<p>Cela fait d\u00e9j\u00e0 15 jours qu\u2019a commenc\u00e9 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale illimit\u00e9e et le blocage des routes par les ouvriers, paysans et peuples autochtones pour faire tomber le gouvernement r\u00e9actionnaire de Rodrigo Paz au service des grands patrons.<\/p>\n<p>Ces derniers jours autour du 16 mai, le gouvernement a essay\u00e9 pour tenter de casser le mouvement, une vague de r\u00e9pression violente qui a fait plusieurs morts, avec l\u2019aide militaire semble-t-il de l\u2019Argentine de Milei. Mais cette violence a fait au contraire grandir la col\u00e8re et la mobilisation avec une marche massive appel\u00e9e lundi 18 mai allant de la ville d\u2019El Alto, banlieue ouvri\u00e8re de 800 000 habitants, de La Paz, jusqu\u2019au centre de la capitale o\u00f9 se trouve le centre du pouvoir politique, exigeant la d\u00e9mission du pr\u00e9sident. Celui-ci, Rodrigo Paz par peur de cette mobilisation, a renonc\u00e9 ce 19 mai \u2013 pour le moment, car la situation \u00e9volue vite \u2013 a cette r\u00e9pression violente mais a lanc\u00e9 un mandat d\u2019arr\u00eat contre le dirigeant du syndicat ouvrier COB.<\/p>\n<p>Vid\u00e9o ci-dessous de la marche du 18 mai d\u2019El Alto sur La Paz qui donne une id\u00e9e de l\u2019ampleur de la mobilisation<\/p>\n<p>https:\/\/www.facebook.com\/reel\/1888813665138208<\/p>\n<p><strong>18\/05\/2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>BOLIVIE : GR\u00c8VE G\u00c9N\u00c9RALE ILLIMIT\u00c9E ET BARRAGES ROUTIERS JUSQU\u2019\u00c0 LA CHUTE DU GOUVERNEMENT DE LA R\u00c9ACTION ET DES PATRONS<\/strong><\/p>\n<p>Depuis d\u00e9but mai, c\u2019est une explosion de luttes tous azimuts en Bolivie avec de multiples appels \u00e0 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale d\u2019ouvriers, de paysans, d\u2019enseignants, d\u2019associations de quartier, de peuples autochtones qui sont descendus dans la rue pour protester contre les coupes budg\u00e9taires dans la sant\u00e9 et l\u2019\u00e9ducation, contre les expropriations et pour r\u00e9clamer des augmentations de salaire index\u00e9es sur l\u2019inflation.<\/p>\n<p>Mais ce qui a commenc\u00e9 comme un rejet de la loi 1720 (\u00ab vol des terres paysannes au profit des grands capitalistes\u00bb) et de la crise de la hausse du carburant, est devenu aujourd\u2019hui une mobilisation nationale avec des exigences \u00e9conomiques, territoriales et politiques \u00e0 caract\u00e8re insurrectionnel.<\/p>\n<p>Avec la violente r\u00e9pression militaire et polici\u00e8re brutale du gouvernement le 16 mai qui a fait quatre morts, de nombreux bless\u00e9s et entra\u00een\u00e9s une centaine d\u2019arrestation, la lutte a encore chang\u00e9 de niveau.<\/p>\n<p>Les marches et les blocages de tous les secteurs professionnels dans tout le pays se sont multipli\u00e9s avec une marche de 28 jours des Communaut\u00e9s autochtones jusqu\u2019\u00e0 La Paz, plus de 70 points de blocage actuellement dans tout le pays et \u00e0 El Alto, la banlieue ouvri\u00e8re de La Paz, l\u2019unit\u00e9 entre ouvriers, paysans et voisins qui a fait reculer la r\u00e9pression polici\u00e8re et militaire. Et puis surtout de toutes ces mobilisation r\u00e9sonne maintenant le cri commun : \u00ab \u00c0 bas Paz !\u00bb ( nom du pr\u00e9sident de droite actuel), et \u00e0 juste titre.<\/p>\n<p>En six mois, le gouvernement Paz et les patrons ont d\u00e9voil\u00e9 leur v\u00e9ritable plan : d\u00e9poss\u00e9der les paysans et les indig\u00e8nes de leurs terres, piller les ressources naturelles, couper dans les budgets publics, privatiser les entreprises publiques, endetter le pays, tout en baissant les imp\u00f4ts des grandes entreprises.<\/p>\n<p>Peu \u00e0 peu, s\u2019est ainsi install\u00e9 de fait un mouvement de gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale illimit\u00e9e pour faire tomber le gouvernement. La pression de la base est telle qu\u2019elle contraint les syndicats comme la COB \u00e0 s\u2019associer et \u00e0 exiger la chute du gouvernement par la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p>Toute la difficult\u00e9, contre les man\u0153uvres politiciennes qui ne vont pas manquer, est aujourd\u2019hui pas seulement de virer Paz pour le remplacer par un de ses semblables, mais d\u2019arriver \u00e0 un v\u00e9ritable gouvernement des travailleurs et des communaut\u00e9s, que pose la mobilisation des travailleurs dans la situation, en s\u2019appuyant sur les multiples formes d\u2019auto-organisation qui ont surgi, en en faisant surgir d\u2019autres en amplifiant encore la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale illimit\u00e9e et en coordonnant toutes ces formes d\u2019auto-organisation, pour construire une d\u00e9mocratie fond\u00e9e sur le pouvoir des travailleurs dans la gestion des usines, des mines, de l\u2019agroalimentaire et des banques et du pays avec des terres soient g\u00e9r\u00e9es collectivement par les communaut\u00e9s autochtones et paysannes et les grandes entreprises nationalis\u00e9es sous contr\u00f4le ouvrier et populaire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>10\/05\/2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>BOLIVIE : GR\u00c8VE G\u00c9N\u00c9RALE ILLIMIT\u00c9E POUR FAIRE TOMBER LE GOUVERNEMENT DE DROITE<\/strong><\/p>\n<p>En Bolivie, les syndicats de mineurs et de paysans appuy\u00e9s par les peuples autochtones ont entam\u00e9 une gr\u00e8ve illimit\u00e9e et exigent la d\u00e9mission du pr\u00e9sident Rodrigo Paz. Ils protestent contre une nouvelle loi qui porte atteinte aux droits fonciers des paysans et des populations autochtones.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir march\u00e9 pendant plus de vingt jours depuis les tropiques jusqu\u2019aux terres glac\u00e9es de haute altitude, souvent chauss\u00e9s de simples sandales en plastique, des travailleurs agricoles avec de nombreuses femmes et des repr\u00e9sentants des peuples autochtones sont arriv\u00e9s cette semaine \u00e0 La Paz, la capitale, pour d\u00e9fendre leurs territoires. Lundi, elles ont \u00e9t\u00e9 accueillies par le syndicat des mineurs, la F\u00e9d\u00e9ration syndicale des travailleurs mineurs de Bolivie (FSTMB), et des repr\u00e9sentantes des hauts plateaux de la Conf\u00e9d\u00e9ration syndicale unique des travailleurs paysans de Bolivie (CSUTCB), lors d\u2019un rassemblement de solidarit\u00e9 enthousiaste. Les manifestantes viennent des territoires amazoniens du nord, de Beni et de Pando, et protestent contre la nouvelle loi 1720, qui transformera les droits fonciers en Bolivie et pourrait sonner le glas du mod\u00e8le plurinational de r\u00e9partition des terres garantissant les propri\u00e9t\u00e9s fonci\u00e8res des populations autochtones et paysannes.<\/p>\n<p>Lors d\u2019une r\u00e9union publique \u00e0 La Paz cette semaine, Oscar Cardozo, repr\u00e9sentant des manifestants et dirigeant syndical paysan, a d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab Notre vie est collective, non individuelle. La terre doit \u00eatre respect\u00e9e ; elle n\u2019est pas \u00e0 vendre. \u00bb<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, le m\u00e9contentement social s\u2019intensifie en Bolivie. Des blocages routiers paralysent le pays, les mouvements sociaux protestant contre la loi 1720. Les transports entrent en gr\u00e8ve illimit\u00e9e \u00e0 partir du 6 mai. La Centrale ouvri\u00e8re bolivienne (COB) et la CSUTCB ont d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 cette semaine une gr\u00e8ve illimit\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9mission du pr\u00e9sident Rodrigo Paz. Mercredi, des repr\u00e9sentants de dix organisations fa\u00eeti\u00e8res du pays ont sign\u00e9 un \u00ab Accord d\u2019unit\u00e9 et de loyaut\u00e9 \u00bb interinstitutionnel affirmant leur volont\u00e9 de renverser le gouvernement.<\/p>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but de son mandat, Paz a privil\u00e9gi\u00e9 l\u2019alliance avec l\u2019agro-industrie, n\u00e9gligeant les populations qui avaient soutenu son ascension \u00e0 la pr\u00e9sidence. Dans cette optique de capitulation, le gouvernement a adopt\u00e9 la loi 1720.<\/p>\n<p>La loi 1720 s\u2019inscrit dans une tendance de longue date en Bolivie \u00e0 l\u2019aggravation des in\u00e9galit\u00e9s fonci\u00e8res au profit de l\u2019agro-industrie \u00e0 grande \u00e9chelle. Cens\u00e9e b\u00e9n\u00e9ficier aux petits exploitants agricoles en leur permettant de transformer leurs petites exploitations en entreprises de \u00ab taille moyenne \u00bb et ainsi d\u2019obtenir des pr\u00eats hypoth\u00e9caires, la loi 1720 cr\u00e9e en r\u00e9alit\u00e9 un pr\u00e9c\u00e9dent qui ouvre la voie \u00e0 l\u2019empi\u00e8tement des int\u00e9r\u00eats des entreprises sur les territoires et les communaut\u00e9s. Cette loi souligne l\u2019aggravation des in\u00e9galit\u00e9s fonci\u00e8res en Bolivie, qui poussent les communaut\u00e9s autochtones au bord du gouffre. De nombreux grands propri\u00e9taires terriens de l\u2019est du pays ont re\u00e7u d\u2019importants titres de propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re en guise de faveurs politiques, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019oligarque Branko Marinkovi\u0107, qui s\u2019est vu attribuer trente-trois mille hectares de terres sous la dictature \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de Jeanine \u00c1\u00f1ez en 2020. Marinkovi\u0107, s\u00e9nateur du d\u00e9partement de Santa Cruz, est l\u2019un des instigateurs de la loi. Les petites exploitations agricoles de subsistance sont le fondement de la vie des populations autochtones et paysannes en Bolivie rurale. Elles nourrissent les communaut\u00e9s locales et cultivent la terre de mani\u00e8re plus respectueuse de l\u2019environnement que l\u2019agriculture \u00e0 grande \u00e9chelle, qui recourt massivement aux pesticides et \u00e0 la monoculture. De plus, comme l\u2019a soulign\u00e9 le leader paysan Oscar Cardozo, les petites exploitations sont intimement li\u00e9es \u00e0 la vision du cosmos et au mode de vie des populations autochtones, o\u00f9 le monde naturel et les cycles agricoles occupent une place pr\u00e9pond\u00e9rante.<\/p>\n<p>Les mouvements indig\u00e8nes se mobilisent \u00e9galement, car ils craignent que la prochaine \u00e9tape ne soit la dissolution des Tierras Comunitarias de Origen (TCO), terres collectives indig\u00e8nes, qui sont d\u00e9tenues collectivement et ne peuvent \u00eatre individualis\u00e9es. Ils s\u2019inqui\u00e8tent de la remise en cause de l\u2019ensemble du cadre plurinational de la gestion fonci\u00e8re bolivienne. En 1953, dans le cadre de la R\u00e9volution nationale bolivienne men\u00e9e par les paysans et les ouvriers, le gouvernement r\u00e9volutionnaire a mis en \u0153uvre une r\u00e9forme agraire qui a dissous les haciendas des hauts plateaux, o\u00f9 pr\u00e9dominaient des relations sociales quasi f\u00e9odales, et redistribu\u00e9 les terres aux paysans autochtones. Cependant, au cours de la fin du XXe si\u00e8cle, les in\u00e9galit\u00e9s fonci\u00e8res dans l\u2019est du pays se sont intensifi\u00e9es, les grands propri\u00e9taires terriens accumulant de vastes propri\u00e9t\u00e9s sous les dictatures des ann\u00e9es 1960 et 1970. En 2006, sous Evo Morales, une autre r\u00e9forme agraire majeure a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e, visant \u00e0 redistribuer les terres des grands propri\u00e9taires aux paysans autochtones, afin de stimuler une utilisation \u00ab productive \u00bb des terres par les petits exploitants et de leur accorder des titres de propri\u00e9t\u00e9 l\u00e9gaux. La priorit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat plurinational \u00e9tait donc de transf\u00e9rer le pouvoir des oligarques vers les populations autochtones.<\/p>\n<p>La marche de cette semaine \u00e9tait un spectacle inhabituel en Bolivie, car elle repr\u00e9sente une impressionnante d\u00e9monstration de force des mouvements sociaux des plaines et de l\u2019Amazonie. Historiquement, les hauts plateaux boliviens ont \u00e9t\u00e9 le berceau des mouvements de r\u00e9sistance paysanne les plus visibles, avec une longue histoire de mobilisation des mineurs et des paysans et des mouvements sociaux tr\u00e8s organis\u00e9s.<\/p>\n<p>Cependant, en 1990, la c\u00e9l\u00e8bre Marche pour le Territoire et la Dignit\u00e9, organis\u00e9e par les groupes indig\u00e8nes des plaines, a propuls\u00e9 les peuples autochtones d\u2019Amazonie sur le devant de la sc\u00e8ne et contraint le gouvernement \u00e0 introduire de nouvelles r\u00e9formes agraires.<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les mouvements sociaux boliviens ont \u00e9t\u00e9 paralys\u00e9s par de violents conflits internes, un processus qui a d\u00e9but\u00e9 \u00e0 la fin du Mouvement vers le socialisme (MAS), lorsque des dynamiques de cooptation et de client\u00e9lisme se sont install\u00e9es. Des mouvements comme la CSUTCB sont de facto divis\u00e9s en deux camps oppos\u00e9s, notamment entre les factions fid\u00e8les \u00e0 l\u2019ancien pr\u00e9sident Evo Morales et celles fid\u00e8les \u00e0 l\u2019ancien pr\u00e9sident Luis Arce. L\u2019organisation indig\u00e8ne des hauts plateaux, le Conseil national des Ayllus et Markas de Qullasuyu (CONAMAQ), \u00e9tait remarquablement absente du rassemblement cette semaine, signe d\u2019une d\u00e9sarticulation persistante des mouvements sociaux apr\u00e8s la chute du MAS.<\/p>\n<p>La CSUTCB a toujours \u00e9t\u00e9 un bastion de la r\u00e9sistance, notamment contre la dictature de Jeanine \u00c1\u00f1ez en 2020. En janvier dernier, elle s\u2019est alli\u00e9e \u00e0 la Centrale des travailleurs boliviens (COB), domin\u00e9e par le syndicat des mineurs, la FTMSB, pour protester contre le d\u00e9cret n\u00e9olib\u00e9ral 5503. Ce d\u00e9cret aurait supprim\u00e9 la subvention sur les carburants qui maintient artificiellement les prix de l\u2019essence \u00e0 un niveau bas ; il aurait \u00e9galement instaur\u00e9 un large \u00e9ventail de mesures, comme autoriser la banque centrale \u00e0 approuver des programmes financiers potentiellement risqu\u00e9s et mettre en place une proc\u00e9dure acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e d\u2019approbation des projets extractifs par des entreprises \u00e9trang\u00e8res, sans autorisation l\u00e9gislative. L\u2019impressionnante mobilisation, qui a contraint le gouvernement \u00e0 c\u00e9der, a amen\u00e9 beaucoup \u00e0 se demander si les mouvements sociaux n\u2019entraient pas dans une nouvelle phase de r\u00e9ajustement et de restructuration apr\u00e8s le MAS. Cette r\u00e9cente mobilisation des mouvements indig\u00e8nes et paysans des plaines sugg\u00e8re en outre l\u2019\u00e9mergence de nouvelles formes de r\u00e9sistance.<\/p>\n<p>Pour ne rien arranger aux difficult\u00e9s du pr\u00e9sident Paz, la Bolivie est en proie \u00e0 une crise du diesel qui perdure. Les syndicats des transports ont multipli\u00e9 les blocages et les gr\u00e8ves en raison de la mauvaise qualit\u00e9 du diesel, qui endommage les v\u00e9hicules. Le gouvernement n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 garantir l\u2019approvisionnement en diesel, notamment \u00e0 cause de l\u2019absence de r\u00e9serves de change, ce qui rench\u00e9rit les importations.<\/p>\n<p>La CSUTCB et la COB r\u00e9clament la d\u00e9mission de Paz. Les manifestants amazoniens ont d\u00e9fil\u00e9 pour la vie, la dignit\u00e9 et la protection juridique de leurs territoires ancestraux. En unissant leurs forces \u00e0 celles d\u2019autres mouvements sociaux influents, il semble que les forces progressistes en Bolivie soient une fois de plus en mesure de contraindre la droite \u00e0 reculer.<\/p>\n<p>(Extraits traduits de Jacobin)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Initialement publi\u00e9 sur Indym\u00e9dia nantes le 01\/06\/2026 31\/05\/2026 BOLIVIE : UNE R\u00c9VOLUTION OUVRI\u00c8RE DU XXIe SIECLE Pendant que ce 30 mai, les Assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales d\u2019auto-organisation comme celle de Patacamaya (photo ci-dessous) avec la participation des repr\u00e9sentants des 77 communaut\u00e9s de la province Aroma, d\u00e9cident de leur c\u00f4t\u00e9 comme partout dans tout le pays, de rejeter [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":20017,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[78],"tags":[1029,1030,752,1031],"class_list":["post-3641","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-solidarite-internationale","tag-auto-organisation","tag-bolivie","tag-greve","tag-lutte-autochtone"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3641","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20017"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3641"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3641\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3643,"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3641\/revisions\/3643"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3641"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3641"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3641"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}