{"id":4176,"date":"2026-08-22T13:16:35","date_gmt":"2026-08-22T11:16:35","guid":{"rendered":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/?p=4176"},"modified":"2026-08-21T21:32:25","modified_gmt":"2026-08-21T19:32:25","slug":"liban-resistance-et-souvenirs-de-linfame-prison-de-khiam","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/?p=4176","title":{"rendered":"[Liban] R\u00e9sistance et souvenirs de l\u2019inf\u00e2me prison de Khiam"},"content":{"rendered":"<p class=\"entry-header mh-clearfix\">Trouv\u00e9 sur <a href=\"https:\/\/secoursrouge.org\/liban-larmee-israelienne-detruit-lancienne-prison-de-khiam-symbole-de-la-barbarie-de-loccupant\/\">Secours rouge<\/a> le 21\/08\/2026 et paru sur <a href=\"https:\/\/charleroi-pourlapalestine.be\/index.php\/2020\/05\/25\/resistance-et-souvenirs-de-linfame-prison-de-khiam\/\">Charleroi pour la Palestine<\/a> le 25\/05\/2020<\/p>\n<header class=\"entry-header mh-clearfix\">\n<h1>L\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne d\u00e9truit l\u2019ancienne prison de Khiam, symbole de la barbarie de l\u2019occupant<\/h1>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Isra\u00ebl a achev\u00e9 le 17 juillet la d\u00e9molition de l\u2019ancienne prison de Khiam, dans le sud du Liban,\u00a0<a href=\"https:\/\/secoursrouge.org\/la-prison-de-khiam\/\">devenue apr\u00e8s 2000 un lieu de m\u00e9moire consacr\u00e9 aux victimes et survivants de la d\u00e9tention et de la torture<\/a>. Sa destruction souligne la volont\u00e9 d\u2019effacer les traces mat\u00e9rielles des violences commises dans ce tristement c\u00e9l\u00e8bre lieu, notamment les passages \u00e0 tabac, la torture \u00e9lectrique et l\u2019isolement de milliers de d\u00e9tenus\u00a0<a href=\"https:\/\/secoursrouge.org\/grece-souha-bechara-refoulee-de-lespace-schengen\/\">dont la communiste Soha Bechara<\/a>.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le site accueille d\u00e9sormais une base militaire isra\u00e9lienne en construction, \u00e0 environ cinq kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du territoire libanais. Aujourd\u2019hui, l\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne contr\u00f4le environ 600 km\u00b2 du sud du Liban, avec une pr\u00e9sence pouvant s\u2019\u00e9tendre jusqu\u2019\u00e0 12 km de la fronti\u00e8re. Au moins sept nouvelles bases ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablies et des dizaines de kilom\u00e8tres de routes logistiques am\u00e9nag\u00e9s dans cette zone, illustrant l\u2019ancrage militaire isra\u00e9lien au-del\u00e0 de la fronti\u00e8re libanaise.<\/p>\n<\/header>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>R\u00e9sistance et souvenirs de l\u2019inf\u00e2me prison de Khiam<\/strong><\/h2>\n<header class=\"entry-header mh-clearfix\">\n<p class=\"mh-meta entry-meta\">Le 23 mai 2000, 144 prisonniers libanais \u00e9taient lib\u00e9r\u00e9s de la prison de Khiam, deux jours avant le retrait complet des forces d\u2019occupation.<\/p>\n<\/header>\n<div class=\"entry-content mh-clearfix\">\n<figure class=\"entry-thumbnail\"><\/figure>\n<div class=\"pf-content\">\n<p>Le 25 mai 2000 marque l\u2019<a href=\"https:\/\/english.al-akhbar.com\/node\/7689\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">anniversaire de la lib\u00e9ration du Sud-Liban par la r\u00e9sistance libanaise<\/a>\u00a0, apr\u00e8s 22 ann\u00e9es d\u2019occupation et d\u2019oppression isra\u00e9liennes<\/p>\n<p>Trois mille Libanais ont envahi<strong>\u00a0Khiam<\/strong>, le site des tortures inf\u00e2mes inflig\u00e9es aux r\u00e9sistants libanais, et ils en ont forc\u00e9 les serrures \u00e0 la hache et au pied-de-biche.\u00a0<em>\u00ab\u00a0\u00c9tablie en 1985 par les Isra\u00e9liens sur une colline du village de Khiam, dans le gouvernorat du Sud-Liban, la prison de Khiam \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme l\u2019un des centres de d\u00e9tention et d\u2019interrogatoire les plus impitoyables du Moyen-Orient. Alors que les Isra\u00e9liens dirigeaient la prison, qui comprenait 67 cellules et plus de 20 cachots d\u2019isolement, ils utilisaient l\u2019Arm\u00e9e du Sud-Liban (SLA), une milice inf\u00e9od\u00e9e \u00e0 Isra\u00ebl et constitu\u00e9e de ressortissants libanais, pour ex\u00e9cuter leurs ordres\u00a0\u00bb<\/em>, a \u00e9crit<a href=\"https:\/\/english.al-akhbar.com\/node\/19899\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00a0<strong>Rana Harbi<\/strong>\u00a0dans\u00a0<em>Al-Akhbar. <!--more--><\/em><\/a><\/p>\n<p>Plus de 5\u00a0000\u00a0<strong>Libanais<\/strong>, dont 500 femmes, ont \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9s \u00e0 la prison de\u00a0<strong>Khiam<\/strong>\u00a0durant ces ann\u00e9es. Les\u00a0<strong>Libanais<\/strong>\u00a0qui participaient \u00e0 toutes les formes de r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019occupation et \u00e0 ses forces suppl\u00e9tives \u00e9taient brutalement tortur\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la fameuse prison. Apr\u00e8s la lib\u00e9ration, cette derni\u00e8re est devenue un mus\u00e9e et un symbole des tortures inflig\u00e9es par l\u2019occupant et de la victoire du peuple libanais et de sa r\u00e9sistance, de sa libert\u00e9 arrach\u00e9e dans la lutte et apr\u00e8s des ann\u00e9es de r\u00e9sistance.<\/p>\n<p>En 2006, quand\u00a0<strong>Isra\u00ebl<\/strong>\u00a0a attaqu\u00e9 le\u00a0<strong>Liban<\/strong>, il a bombard\u00e9 le site de\u00a0<strong>Khiam<\/strong>, laissant un amas de d\u00e9combres sur le site de la prison, comme s\u2019il avait tent\u00e9 de d\u00e9truire le souvenir de ses tortures \u2013 et celui de sa d\u00e9faite \u2013 sauvegard\u00e9 par le peuple libanais. Toutefois, le souvenir et l\u2019engagement dans la r\u00e9sistance des anciens prisonniers \u2013 et ils sont encore nombreux \u00e0 lutter et \u00e0 jouer des r\u00f4les pro\u00e9minents dans les mouvements et partis libanais, y compris le\u00a0<strong>Hezbollah<\/strong>\u00a0et le\u00a0<strong>Parti communiste libanais<\/strong>\u00a0\u2013 et du peuple ne pourront \u00eatre effac\u00e9s par le bombardement du site de la prison, pas plus qu\u2019ils ne pourront l\u2019\u00eatre par la torture, l\u2019enfermement en isolement ou par des ann\u00e9es de prison.<\/p>\n<p>La lib\u00e9ration de la prison de\u00a0<strong>Khiam<\/strong>\u00a0n\u2019\u00e9tait pas que symbolique\u00a0; elle a constitu\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement central dans la lib\u00e9ration du\u00a0<strong>Sud-Liban<\/strong>, de m\u00eame que la lib\u00e9ration des prisonniers palestiniens est un \u00e9v\u00e9nement central dans la lutte pour la lib\u00e9ration de la\u00a0<strong>Palestine.<\/strong>\u00a0Le peuple et la r\u00e9sistance au\u00a0<strong>Liban<\/strong>\u00a0continuent \u00e0 lutter contre l\u2019occupation isra\u00e9lienne des\u00a0<strong><em>Fermes de Shebaa<\/em><\/strong>\u00a0; et le peuple et la r\u00e9sistance en<strong>\u00a0Palestine<\/strong>\u00a0continuent \u00e0 lutter pour la lib\u00e9ration de la\u00a0<strong>Palestine<\/strong>\u00a0\u2013 leur terre, leur peuple et leurs prisonniers apr\u00e8s plus de 68 ann\u00e9es d\u2019occupation.<\/p>\n<p><strong>La victoire du Sud-Liban et la lib\u00e9ration de Khiam restent un anniversaire de lib\u00e9ration et une promesse de futures victoires sur la torture, l\u2019oppression et l\u2019occupation.<\/strong><\/p>\n<p>Les t\u00e9moignages suivants \u00e9manent d\u2019anciens prisonniers d\u00e9tenus \u00e0 la prison de<strong>\u00a0Khiam<\/strong>\u00a0et ils ont \u00e9t\u00e9 recueillis et publi\u00e9s dans\u00a0<em>Al-Akhbar<\/em>\u00a0par\u00a0<strong>Rana Harbi<\/strong>\u00a0en 2014\u00a0:<\/p>\n<h3 class=\"fittexted_for_content_h3\"><strong>Degol Abou Tass<\/strong><\/h3>\n<p>En 1976, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 16 ans et pour la premi\u00e8re fois, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 dans mon village, en\u00a0<strong>Palestine occup\u00e9e<\/strong>. J\u2019ai dit aux\u00a0<strong>Isra\u00e9liens<\/strong>\u00a0que j\u2019avais travers\u00e9 par erreur. Ils savaient que je mentais mais ils n\u2019ont quand m\u00eame rel\u00e2ch\u00e9. Mes parents ont fait mes bagages et m\u2019ont forc\u00e9 \u00e0 quitter le pays. J\u2019ai d\u00e9couvert plus tard que j\u2019\u00e9tais le premier citoyen libanais \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par les forces isra\u00e9liennes.<\/p>\n<p>Je suis retourn\u00e9 \u00e0\u00a0<strong>Rmeish<\/strong>\u00a0[un village frontalier au<strong>\u00a0Sud-Liban<\/strong>] dans les ann\u00e9es 1980, apr\u00e8s l\u2019invasion du\u00a0<strong>Liban<\/strong>\u00a0par\u00a0<strong>Isra\u00ebl.<\/strong>\u00a0La guerre civile faisait toujours rage \u00e0 Beyrouth mais, dans le<strong>\u00a0Sud,<\/strong>\u00a0plusieurs mouvements de r\u00e9sistance, tels le\u00a0<strong>Parti communiste libanais,<\/strong>\u00a0le Mouvement\u00a0<strong>Amal,<\/strong>\u00a0le Parti social-nationaliste syrien et bien d\u2019autres factions encore se sont unis contre les\u00a0<strong>Isra\u00e9liens<\/strong>. Quelques mois apr\u00e8s mon arriv\u00e9e, la\u00a0<strong>SLA<\/strong>\u00a0a de nouveau frapp\u00e9 \u00e0 la porte de mes parents. Il me fallait quitter le pays une fois de plus.<\/p>\n<p>Je me sentais malheureux. Je n\u2019ai pas pu rester \u00e9loign\u00e9 bien longtemps. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, je suis revenu \u00e0\u00a0<strong>Rmeish.<\/strong>\u00a0Tous les groupes arm\u00e9s \u00e9taient partis depuis belle lurette. Le\u00a0<strong>Hezbollah<\/strong>\u00a0dominait d\u00e9sormais la sc\u00e8ne de la r\u00e9sistance. J\u2019ai essay\u00e9 de renouer le contact avec les anciens chefs de milice, mais en vain.<\/p>\n<p>Un jour, un vieil ami d\u2019enfance m\u2019a attir\u00e9 dans son all\u00e9e.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Tu veux combattre avec nous\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em>, a-t-il demand\u00e9. Je l\u2019ai regard\u00e9 sans \u00eatre trop s\u00fbr.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Nous\u2026 c\u2019est-\u00e0-dire le Hezbollah\u00a0\u00bb<\/em>, a-t-il ajout\u00e9. Je suis mont\u00e9 dans sa voiture et nous sommes partis. En 1998,<\/p>\n<p>un de mes voisins m\u2019a d\u00e9nonc\u00e9.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Un chr\u00e9tien avec le Hezbollah\u00a0? \u00c7a, c\u2019est nouveau\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em>, a dit l\u2019officier isra\u00e9lien qui m\u2019interrogeait.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Ils te paient combien\u00a0? Nous te paierons le double\u2026 Non, le triple\u00a0! Quel est ton prix\u00a0? On peut arranger quelque chose\u00a0\u00bb<\/em>, a-t-il poursuivi. Je suis rest\u00e9 silencieux.\u00a0<em>\u00ab\u00a0OK, alors, J\u00e9sus\u00a0! Bienvenue \u00e0 la prison de Khiam\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>\u00c0 la prison de\u00a0<strong>Khiam<\/strong>, nous mourions cent fois par jour. La torture comprenait des chocs \u00e9lectriques, pendant qu\u2019on \u00e9tait li\u00e9, nu, \u00e0 un poteau, des heures durant sous le soleil br\u00fblant en \u00e9t\u00e9 et sous la neige en hiver et on \u00e9tait fouett\u00e9 et battu continuellement avec des baguettes m\u00e9talliques, des fils \u00e9lectriques ou des matraques.<\/p>\n<p>Nous \u00e9tions enferm\u00e9s dans des cages et trait\u00e9s comme des animaux. Croyez-moi, ce n\u2019\u00e9tait pas tellement une question de douleur, mais surtout d\u2019humiliation.<\/p>\n<p>Le matin du 23 mai 2000, les gardiens \u00e9taient en train de bavarder et de se balader dehors, comme d\u2019habitude. Brusquement, le silence complet. On aurait pu entendre une aiguille tomber. Nous avons entendu l\u2019habituel avion de l\u2019<strong>ONU<\/strong>\u00a0passer, et nous avons su ainsi qu\u2019il \u00e9tait 9 h 30.\u00a0<em>\u00ab\u00a0O\u00f9 sont-ils pass\u00e9s\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em>, a demand\u00e9 un prisonnier. Nous n\u2019en avions aucune id\u00e9e.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ils vont nous transf\u00e9rer en Palestine occup\u00e9e\u00a0\u00bb<\/em>, a cri\u00e9 un prisonnier dans une cellule juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la n\u00f4tre. J\u2019ai pos\u00e9 les pieds sur les \u00e9paules de deux de mes compagnons de cellule de fa\u00e7on \u00e0 pouvoir atteindre la petite fen\u00eatre sous le plafond.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Nous tous\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em>, ai-je demand\u00e9.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Ils vont ex\u00e9cuter une moiti\u00e9 d\u2019entre nous et emmener l\u2019autre\u2026 C\u2019est ce que nous avons entendu\u00a0\u00bb<\/em>, a r\u00e9pondu un autre prisonnier. Avant m\u00eame que je ne puisse dire que que ce soit, j\u2019ai entendu du vacarme \u00e0 une certaine distance. Je ne pouvais rien voir. Les voix r\u00e9sonnaient de plus en plus fort.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0On dirait que nos parents se disputent avec les gardiens de la SLA, comme d\u2019habitude\u00a0\u00bb<\/em>, a dit un prisonnier.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Je parie que ma m\u00e8re essaie encore de me faire passer de la nourriture\u00a0\u00bb<\/em>, s\u2019est exclam\u00e9 un autre. Puis nous avons entendu des coups de feu. Des gens hurlaient. D\u2019autres coups de feu encore.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Il abattent nos parents\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em>, a cri\u00e9 un d\u00e9tenu effray\u00e9.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Non, l\u2019ex\u00e9cution de masse a commenc\u00e9. Ils vont ex\u00e9cuter la moiti\u00e9 d\u2019entre nous, rappelez-vous\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em>, a r\u00e9pondu un autre prisonnier. Des acc\u00e8s de panique. L\u2019angoisse. La peur.<\/p>\n<p>J\u2019ai mis mon oreille contre la porte. J\u2019entendais des hurlements. J\u2019entendais des pri\u00e8res. J\u2019entendais des femmes. J\u2019entendais des enfants. Brusquement, le panneau dans la porte par o\u00f9 l\u2019on passait habituellement la nourriture s\u2019est ouvert tout grand.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Vous \u00eates lib\u00e9r\u00e9s\u00a0! Vous \u00eates lib\u00e9r\u00e9s\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Je suis tomb\u00e9 \u00e0 genoux. Je pensais avoir une hallucination. J\u2019ai sorti mon poing. Deux hommes ont l\u2019attrap\u00e9.<em>\u00a0\u00ab\u00a0Allah akbar, Allah akbar\u00a0! (Dieu est le plus grand)\u2026 Vous \u00eates lib\u00e9r\u00e9s\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Mes compagnons de cellule s\u2019\u00e9taient tous mis \u00e0 genoux sur le sol, incr\u00e9dules. On brisait les verrous de l\u2019ext\u00e9rieur. J\u2019ai cri\u00e9 tr\u00e8s fort et la porte s\u2019est ouverte toute grande. Je ne me souviens plus vraiment de ce qui s\u2019est pass\u00e9 l\u2019instant d\u2019apr\u00e8s.<\/p>\n<p>J\u2019ai \u00e9t\u00e9 le premier prisonnier \u00e0 \u00eatre film\u00e9 par une cam\u00e9ra. Mes parents regardaient la lib\u00e9ration de\u00a0<strong>Khiam<\/strong>\u00a0\u00e0 la TV parce que\u00a0<strong>Rmeish<\/strong>\u00a0\u00e9tait toujours sous occupation, \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Toutefois, ils ne m\u2019ont pas reconnu. Mes cheveux et ma barbe \u00e9taient si longs et, en plus, je criais\u00a0<em>\u00ab\u00a0Allah akbar\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Quatorze ans plus tard, je vis avec ma femme et mes enfants \u00e0\u00a0<strong>Rmeish<\/strong>\u00a0et, chaque matin, je bois mon caf\u00e9 tout en regardant en direction de la\u00a0<strong>Palestine occup\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<h3 class=\"fittexted_for_content_h3\">Adnan al-Amin<\/h3>\n<\/blockquote>\n<p>En novembre 1990, je prenais des photos depuis un magasin de<strong>\u00a0Marjeyoun<\/strong>, une ville du\u00a0<strong>Sud-Liban<\/strong>, quand j\u2019ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9. J\u2019avais 19 ans, \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Ils ont enserr\u00e9 la t\u00eate dans une couverture noire et m\u2019ont compl\u00e8tement d\u00e9shabill\u00e9. Suspendu par mes poignets li\u00e9s \u00e0 un piquet m\u00e9tallique, ils m\u2019ont asperg\u00e9 alternativement d\u2019eau chaude et d\u2019eau froide\u2026 chaude, froide, chaude, froide\u2026 jusqu\u2019\u00e0 ce que je sois compl\u00e8tement tremp\u00e9. Puis ils m\u2019ont fix\u00e9 des \u00e9lectrodes sur la poitrine et d\u2019autres zones particuli\u00e8rement sensibles du corps et ils m\u2019ont \u00e9lectrocut\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises.<\/p>\n<p>Durant les 70 jours de la p\u00e9riode d\u2019interrogatoire, j\u2019\u00e9tais tortur\u00e9 trois fois par jour. Habituellement, je perdais conscience et je m\u2019\u00e9veillais pour me retrouver en train de me cogner de partout, comme un aveugle, dans une cellule d\u2019isolement noire comme un four, de 1 m sur 80 cm et 80 cm.<\/p>\n<p>On nous liait nus aux grilles des fen\u00eatres pendant des journ\u00e9es enti\u00e8res et dans des positions tr\u00e8s douloureuses et on nous aspergeait d\u2019eau glaciale durant les nuits froides d\u2019hiver. Nous \u00e9tions fouett\u00e9s, tabass\u00e9s, frapp\u00e9s \u00e0 coups de pied \u00e0 la t\u00eate et au visage, on nous br\u00fblait, on nous \u00e9lectrocutait, on nous faisait entendre dans les oreilles des sifflements \u00e0 nous \u00e9clater les tympans. Nous \u00e9tions priv\u00e9s de nourriture et de sommeil. C\u2019\u00e9tait dur, tr\u00e8s dur.<\/p>\n<p>J\u2019endurais la douleur. Avec le temps, je m\u2019engourdissais. J\u2019ai surv\u00e9cu \u00e0 tout cela sans dire un mot. J\u2019\u00e9tais en train de gagner, pensais-je.<\/p>\n<p>Un matin, ils m\u2019ont tra\u00een\u00e9 vers le local des interrogatoires.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Tu ne m\u2019avais pas dit que ta s\u0153ur \u00e9tait belle \u00e0 ce point\u00a0\u00bb<\/em>, a dit l\u2019un des officiers de la\u00a0<strong>SLA<\/strong>. Tout mon univers s\u2019effondrait.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Et attends de voir sa m\u00e8re\u00a0\u00bb<\/em>, a dit un autre. Menott\u00e9, je me suis jet\u00e9 sur lui au travers de la table. \u00c7a m\u2019a co\u00fbt\u00e9 14 heures de\u00a0<em>\u00ab\u00a0cage \u00e0 poules\u00a0\u00bb<\/em>, un cube de 90 cm de c\u00f4t\u00e9 servant pour les punitions particuli\u00e8rement s\u00e9v\u00e8res.<\/p>\n<p>La\u00a0<strong>SLA<\/strong>\u00a0amenait habituellement les \u00e9pouses, les s\u0153urs et les filles des prisonniers et les traitait de fa\u00e7on vulgaire, par exemple, en leur \u00f4tant le foulard de la t\u00eate, en les pelotant et en les mena\u00e7ant de les violer. Pour moi, cette simple pens\u00e9e \u00e9tait intol\u00e9rable.<em>\u00a0\u00ab\u00a0Ta s\u0153ur va te rendre visite demain. Elle te manque, non\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je suis un combattant du Hezbollah\u00a0\u00bb<\/em>, ai-je confess\u00e9.<\/p>\n<p>On entassait jusqu\u2019\u00e0 12 prisonniers dans une minuscule cellule. Nous \u00e9tions des enterr\u00e9s vivants. Les cellules \u00e9taient comme des cercueils. La lumi\u00e8re et l\u2019air p\u00e9n\u00e9traient difficilement par les petites fen\u00eatres orn\u00e9es de barreaux qui se trouvaient pr\u00e8s du plafond. Nous pouvions \u00e0 peine respirer. Nous nous soulagions dans un seau noir plac\u00e9 dans un coin. La lourde odeur de la sueur et des d\u00e9jections humaines \u00e9tait intol\u00e9rable. Nous prenions une douche toutes les trois ou quatre semaines. Une fois par mois, nous avions l\u2019autorisation d\u2019aller<em>\u00a0\u00ab\u00a0au soleil ou dans la pi\u00e8ce \u00e9clair\u00e9e\u00a0\u00bb<\/em> pendant 20 minutes\u00a0seulement.<\/p>\n<p>Une nuit, en 1991, je me suis r\u00e9veill\u00e9 \u00e0 cause des cris assourdissants d\u2019un d\u00e9tenu que l\u2019on torturait dans la cour. Plus il hurlait, plus on le fouettait sauvagement. Ses cris devenaient insupportables, d\u00e9passant tout ce que j\u2019avais jamais entendu avant.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Vous \u00eates en train de le tuer, bande d\u2019animaux\u00a0<\/em>\u00bb, a cri\u00e9 l\u2019un de mes compagnons de cellule.<\/p>\n<p>Nous nous sommes mis \u00e0 cogner sur la porte de la cellule, \u00e0 la marteler \u00e0 coups de pied, \u00e0 crier et \u00e0 leur demander d\u2019arr\u00eater. D\u2019autres prisonniers dans d\u2019autres cellules se sont joints \u00e0 nous, mais les coups de fouet ne cessaient de tomber et les cris de continuer. Puis\u2026 le silence.\u00a0<strong>Youssef Ali Saad<\/strong>, p\u00e8re de huit enfants, est mort sous la torture, en cette nuit froide de janvier. Un mois plus tard,\u00a0<strong>Asaad Nemr Bazzi<\/strong>\u00a0mourait de n\u00e9gligence m\u00e9dicale.<\/p>\n<p>Savez-vous ce qui a \u00e9t\u00e9 le plus dur, dans tout cela\u00a0? Ce sont des concitoyens libanais qui nous ont fait cela. J\u2019ai failli mourir dans les mains d\u2019un homme appel\u00e9\u00a0<strong>Hussein Faaour<\/strong>, mon voisin \u00e0\u00a0<strong>Khiam. Abu Berhan<\/strong>, un autre tortionnaire dont je me souviens, \u00e9tait d\u2019<strong>Aitaroun<\/strong>. Les membres de la\u00a0<strong>SLA<\/strong>\u00a0\u00e9taient tous des\u00a0<strong>Libanais<\/strong>, la plupart du\u00a0<strong>Sud<\/strong>. Des membres de la famille, des voisins, des amis d\u2019enfance, des copains de classe, des enseignants\u2026 Des\u00a0<strong>Libanais<\/strong>\u00a0qui avaient d\u00e9cid\u00e9 de vendre leur pays et leurs concitoyens pour de l\u2019argent.<\/p>\n<blockquote><p>Des\u00a0<strong>Libanais<\/strong>\u00a0qui, aujourd\u2019hui, vivent parmi nous comme si rien ne s\u2019\u00e9tait pass\u00e9, comme s\u2019ils n\u2019avaient rien fait\u00a0! Cela me brise le c\u0153ur que nos anciens tortionnaires aient \u00e9chapp\u00e9 si facilement \u00e0 leur ch\u00e2timent.<\/p>\n<p>Quatorze ans plus tard, j\u2019attends toujours que justice soit faite.<\/p><\/blockquote>\n<h3 class=\"fittexted_for_content_h3\">Nazha Sharafeddine<\/h3>\n<p>En 1988, j\u2019\u00e9tais \u00e0\u00a0<strong>Beyrouth<\/strong>\u00a0pour acheter des m\u00e9dicaments pour ma pharmacie \u00e0\u00a0<strong>al-Taybeh<\/strong>\u00a0(un village du\u00a0<strong>Sud-Liban<\/strong>), quand les forces de la\u00a0<strong>SLA<\/strong>, qui connaissaient mon r\u00f4le dans la livraison d\u2019armes au\u00a0<strong>Hezbollah<\/strong>, sont d\u2019abord venues pour m\u2019emmener. Une semaine plus tard, elles faisaient \u00e0 nouveau irruption chez moi et ma m\u00e8re leur dit que j\u2019\u00e9tais \u00e0\u00a0<strong>Bint Jbeil<\/strong>. C\u2019\u00e9tait la v\u00e9rit\u00e9 mais ils ne la crurent pas.<\/p>\n<p>Je me souviens d\u2019avoir ouvert la porte d\u2019entr\u00e9e cette apr\u00e8s-midi et d\u2019avoir vu ma m\u00e8re qui attendait, pleurant et tremblant sur le seuil.<em>\u00a0\u00ab\u00a0Ils ont emmen\u00e9 ta s\u0153ur et ta belle-s\u0153ur ainsi que Hadi (son b\u00e9b\u00e9 de cinq mois). Ma fille, mon petit-fils\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em>, a-t-elle pleur\u00e9. J\u2019ai<\/p>\n<p>enfil\u00e9 mes v\u00eatements et j\u2019ai attendu la\u00a0<strong>SLA<\/strong>\u00a0sous le porche d\u2019entr\u00e9e. Ma s\u0153ur avait 20 ans, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, et j\u2019en avais 26. Ma m\u00e8re m\u2019a suppli\u00e9e de m\u2019enfuir, mais je ne l\u2019ai pas fait.<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re s\u2019est effondr\u00e9e sur le sol pr\u00e8s du v\u00e9hicule de la\u00a0<strong>SLA<\/strong>. Je me suis assise sur le si\u00e8ge arri\u00e8re et ils m\u2019ont emmen\u00e9.<\/p>\n<p>Un bandeau sur les yeux, on m\u2019a pouss\u00e9e dans le local des interrogatoires. On m\u2019a jet\u00e9 de l\u2019eau bouillante au visage, on m\u2019a \u00e9lectrocut\u00e9 les doigts et les oreilles. Je n\u2019ai pas dit un mot. \u00c7a a dur\u00e9 un mois.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J\u2019ai appris que Hadi \u00e9tait malade\u00a0\u00bb<\/em>, m\u2019a dit l\u2019un des officiers isra\u00e9liens un matin. Il ne mentait pas. Ma belle-s\u0153ur avait attrap\u00e9 une infection et nourrir son enfant au sein n\u2019\u00e9tait d\u00e9sormais plus possible. Psychologiquement, je souffrais beaucoup. Je souhaitais qu\u2019ils se contentent de me battre, en lieu et place. Je luttais, mais je restais silencieuse. Deux mois plus tard,\u00a0<strong>Hadi<\/strong>\u00a0et sa m\u00e8re, ainsi que ma s\u0153ur, ont \u00e9t\u00e9 rel\u00e2ch\u00e9s. Ils n\u2019\u00e9taient plus d\u2019aucune utilit\u00e9 pour les Isra\u00e9liens.<\/p>\n<p>Les femmes prisonni\u00e8res, comme les hommes, \u00e9taient s\u00e9v\u00e8rement tortur\u00e9es. Vous voyez, l\u2019\u00e9galit\u00e9 des genres n\u2019est pas toujours une bonne chose [elle rit]. Laissez-moi vous raconter comment la torture a cess\u00e9.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 15 jours en isolement, j\u2019ai d\u00e9couvert \u00e0 mon retour dans la cellule que je partageais avec six autres d\u00e9tenues qu\u2019une de mes compagnes de prison avait des \u00e9ruptions cutan\u00e9es particuli\u00e8rement d\u00e9go\u00fbtantes. Je l\u2019ai examin\u00e9e et, en tant que pharmacienne, j\u2019ai vu que ses d\u00e9mangeaisons \u00e9taient contagieuses. Comme pr\u00e9vu, j\u2019ai<\/p>\n<p>\u00e9t\u00e9 infect\u00e9e \u00e0 mon tour et, bient\u00f4t, ma peau s\u2019est mise \u00e0 changer et j\u2019ai attrap\u00e9 l\u2019air de quelqu\u2019un qui avait subi une agression \u00e0 l\u2019acide.<\/p>\n<p>Manifestement d\u00e9go\u00fbt\u00e9 par ma peau qui se d\u00e9t\u00e9riorait, le gardien de la\u00a0<strong>SLA<\/strong>\u00a0m\u2019a tra\u00een\u00e9e par les cheveux pour une nouvelle s\u00e9ance de torture. La tortionnaire, une femme, m\u2019attendait. Les cheveux toujours pris dans les doigts du gardien, l\u2019homme m\u2019a oblig\u00e9e \u00e0 me mettre \u00e0 genoux. Avant que le poing de la tortionnaire n\u2019atteigne ma m\u00e2choire, je lui ai dit que l\u2019\u00e9tat de ma peau \u00e9tait contagieux. Le gardien a aussit\u00f4t l\u00e2ch\u00e9 mes cheveux et tous deux ont recul\u00e9 d\u2019un pas. J\u2019ai tent\u00e9 de garder un visage s\u00e9rieux, mais je n\u2019ai pas pu dissimuler un sourire. Apr\u00e8s ce jour, plus personne n\u2019a encore lev\u00e9 la main sur moi.<\/p>\n<p>Quatorze ans plus tard, j\u2019ai fait la paix avec le pass\u00e9. Mes trois ann\u00e9es \u00e0<strong>\u00a0Khiam<\/strong>\u00a0ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s p\u00e9nibles, mais aujourd\u2019hui je me sens heureuse. Vraiment.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Trouv\u00e9 sur Secours rouge le 21\/08\/2026 et paru sur Charleroi pour la Palestine le 25\/05\/2020 L\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne d\u00e9truit l\u2019ancienne prison de Khiam, symbole de la barbarie de l\u2019occupant Isra\u00ebl a achev\u00e9 le 17 juillet la d\u00e9molition de l\u2019ancienne prison de Khiam, dans le sud du Liban,\u00a0devenue apr\u00e8s 2000 un lieu de m\u00e9moire consacr\u00e9 aux victimes [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":20017,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[1132,1236],"class_list":["post-4176","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-reflexions","tag-liban","tag-prison-de-khiam"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4176","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20017"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4176"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4176\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4185,"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4176\/revisions\/4185"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4176"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4176"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dingueries.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4176"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}