Publié sur Instagram par le Comité de Soutien à Tarek Bazrouk, le 23/06/2026.
C’est avec joie et gratitude que nous annonçons : Tarek Bazrouk est libre.
Tarek Bazrouk, un étudiant palestinien de 21 ans de New York City, a été libéré ce matin de prison fédérale, réuni avec sa famille après 413 jours d’incarcération – 413 jours d’isolement loin de ses proches, dans des conditions inhumaines, subissant violences institutionnelles ; 413 jours de résistance, confiance en Allah SWT, et un esprit qui refuse d’être brisé.
Tarek a été pris à sa famille par le gouvernement fédéral à seulement 20 ans, quelques semaines avant d’être diplomé de l’université. Le FBI a perquisitionné la maison de sa famille pendant 8 heures avant d’arrêter Tarek sur des accusations fédérales exagérées et mensongères, basées sur des altercations avec des agitateurs sionistes à des manifestations contre le génocide à Gaza. Malgré son absence de casier judiciare, Tarek s’est vu refuser toute libération sous caution et est resté en détention provisoire à MDC Brooklyn pendant quasiment six mois. Risquant initialement jusqu’à 30 ans, Tarek a été condamné à 17 mois en prison fédérale, suivi de 3 ans en libération conditionnelle surveillée.
Un frère, ami et camarade bien-aimé qui, depuis des années, lutte contre l’occupation de sa terre natale en organisant et éduquant sa communauté, la persécution politique de Tarek s’inscrit dans une tendance d’intensification rapide de la répression contre le mouvement global pour la libération de la Palestine.
En ce jour de libération de Tarek, nous revenons sur les leçons apprises ces 413 derniers jours.
Le Comité pour la Libération de Tarek Bazrouk (Free Tarek Bazrouk Committee) a été créé en réponse à un silence inquiétant et à l’absence d’action autour de l’affaire de Tarek dans le mouvement pour la libération de la Palestine aux Etats-Unis, et par notre propre communauté à New York City. Ce silence était assourdissant lorsque Tarek passa au tribunal fédéral, enchaîné, écoutant le juge lui refuser la libération sous caution et ordonner son incarcération à MDC Brooklyn, une prison connue pour des violences chroniques et des conditions de vie abominables. Pendant les premiers mois après son arrestation, notre communauté semblait avoir accepté comme vraie les mensonges et la propagande du gouvernement et des médias à propos de Tarek.
La manipulation incessante de la vérité, dont la démonisation et déshumanisation des hommes palestiniens et musulmans, est l’un des outils principaux à disposition des gouvernements et médias occidentaux et de l’entité sioniste afin de justifier leurs crimes contre le peuple palestinien. Cela ne fut donc pas une surprise quand ces tactiques ont été immédiatement utilisées contre Tarek pour l’isoler de sa communauté, en instaurant une peur de publiquement prendre position en sa faveur ou d’exprimer son opposition à sa persécution politique.
Tout comme nous devons refuser de normaliser l’entité sioniste elle-même, nous devons aussi refuser de normaliser la persécution politique de celles et ceux qui luttent contre elle.
De plus, il est important de refuser de normaliser nos propres peurs ; la peur de lutter contre le sionisme, et la peur de soutenir celles et ceux qui luttent contre. C’est cette peur et le silence et l’inaction qui en découlent qui donnent son pouvoir à l’entité sioniste ; c’est le sacrifice, le courage et l’unité qui l’affaiblissent et l’attaquent.
Alors que l’affaire de Tarek avançait, et que nous exigions de notre communauté qu’elle reconnaissance l’injustice subie par Tarek, le mouvement a commencé à s’unir en soutien à Tarek – pas seulement avec des déclarations, mais aussi des actions.
Notre communauté a distribué des tracts pour demander des signatures sur une lettre d’atténuation de son avocat au juge ; a organisé des sessions d’écriture de lettres et des levées de fond pour lui envoyer des mandats ; et a organisé des événements d’éducation politiques pour relier la cause de Tarek à celle des autres prisonnier.e.s du mouvement tels que les Holy Land 5, Mohamad Hamad, Jakhi McCray, Leqaa Kordia, Malik Muhammad, Casey Goonan, et les dizaines de milliers de prisonnier.e.s palestinien.ne.s, dont du Liban et de Syrie, subissant torture et martyrisation dans les prisons sionistes.
Cette année, nous avons vu le silence autour de la persécution politique de Tarek se transforme en solidarité internationale, son nom résonnant à travers le monde. Tarek a reçu plus de 12 000 lettres sur sa lettre d’atténuation au juge, des tracts pour Tarek ont été traduits en plusieurs langues et diffusés en Asie et en Europe ; et des centaines de lettres d’amour, de soutien et de solidarité lui ont été envoyées par sa communauté et des inconnu.e.s qui ont refusé de rester aveugles à la vérité que Tarek représente.
Tarek nous a appris que la lutte, le sacrifice, la solidarité, et l’unité sont notre devoir collectif.
Il nous a appris que nous avons une responsabilité envers tous.tes les prisonnier.e.s palestinien.nes, et envers tous.tes les prisonnier.e.s qui luttent contre l’agression impérialiste dans le monde entier, de les mettre au centre de notre cause, d’intégrer leur résistance de notre lutte globale, et de ne jamais les abandonner. Il nous a appris à rejeter la peur, le cynisme, et le silence, et à la place de rester inébranlable dans la vérité. Il nous a montré pourquoi la liberté des prisonnier.e.s devait être un effort constant, car nous ne serons pas libres tant qu’ils et elles ne seront pas tous.tes libéré.e.s.
Aujourd’hui, Tarek a été libéré de prison. Cependant, notre soutien à Tarek ne s’arrête pas avec sa libération d’une cellule de prison.
Alors que Tarek passe les grilles de la prison, il commence une peine de 3 ans de libération conditionnelle surveillée. Tarek y subit toujours une répression intense, dont une restriction de ses mouvements, des visites régulières du SPIP, et une surveillance constante par le gouvernement fédéral. La répression politique subie par Tarek peut handicaper ses opportunité d’emploi ou de logement, rendant difficile la possibilité de stabilité et de normalité lors de sa réinsertion dans une société qui ostracise les personnes anciennement incarcérées. Nous demandons à la communauté de continuer à soutenir Tarek pendant sa peine sous libération conditionnelle, en partageant et donnant à sa levée de fond post-sortie :
https://tinyurl.com/tareksbooks
Ce fond sera utilisé pour aider au coût financier des frais légaux liés à sa sortie surveillée, à ses besoins immédiats tels qu’une thérapie et d’autres frais médicaux, et aux besoins les plus basiques.
Alors que Tarek a été libéré aujourd’hui, nous devons réaffirmer notre soutien à sa cause et à celle de tous.tes les prisonnier.e.s politiques.
Nous demandons à la communauté de soutenir et amplifier la cause du prisonnier politique Mohamad Hamad.
Mohamad est un militant libanais-américain de 24 ans et ancien étudiant de Penn State, qui est depuis un an dans une prison fédérale en attente d’un procès pour des accusations mensongères de « dégâts à des biens » et « complot contre les Etats-Unis ». Mohamad subit une persécution politique qui, comme lors de l’affaire de Tarek, n’a pour réponse que le silence et l’inaction de sa communauté. Vous pouvez soutenir Mohamad en signant et partageant sa pétition au juge, donnant ou partageant à son fond légal, ou en lui écrivant une lettre :
https://pswg.link/free-mo-hamad
Nous affirmons notre solidarité et soutien à tous.tes les prisonnier.e.s qui luttent contre l’agression impérialiste-sioniste.
Nos prisonnier.e.s restent la boussole de la libération ; le coeur même de notre lutte.
Nous demandons à notre communauté et au mouvement plus large pour la Palestine de véritablement incarner ceci – pas que par des mots, mais aussi par l’action.
Luttons aux côtés de nos prisonnier.e.s, car ce sont elles et eux qui sacrifient leur liberté pour notre libération.