Initialement publié sur Rebellyon par Lyon Antifasciste le 25/06/2026
La séquence des derniers mois nous a montré la facilité avec lequel l’État et la bourgeoisie s’enfonce dans la fascisation dans les moments de crise, mais aussi comment les sociaux-democrates trahissent à la première secousse. Nous continuerons d’affirmer une ligne autonome sans concession et de rappeler que seule notre solidarité nous permettra d’avancer.
Suite à la mort du militant néo-fasciste Deranque, les antifascistes accusé.e.s dans cette affaire ont été la cible d’un acharnement médiatique et politique. L’ampleur de l’affaire et l’emballement médiatique feront trembler jusque dans les plus hautes sphères de l’Etat, qui s’empressera de présenter le narratif fasciste comme celui officiel malgré un accès prévetif à des informations infirmant totalement la version portée. C’est donc sciemment que Yaël Braun-Pivet, le gouvernement et finalement toutes les strates de l’Etat ont rendu hommage à un néo-nazi affirmé au travers d’une minute de silence, d’une affiche à son effigie sur l’hôtel de région, et de nombreux communiqués.
Mais le plus choquant c’est le silence, le silence des personnes censées soutenir l’antifascisme. Même si soutenir reste un grand mot puisque comme nous nous en doutions il s’agissait pour beaucoup d’une simple posture morale. Après ce silence, il a été le temps des discours de dissociation, au cours desquels trop de personnes se sont désolidarisés des antifascistes accusé.e.s, les laissant en pâture aux nombreux vautours fascistes, se saisissant de la mort du militant néo-fasciste pour attaquer notre camp. L’écueil d’avoircompté sur lesoutien de personnalités ou degroupe sociaux-démocrate coûte à l’antifascisme, au camp révolutionnaire et plus largement à l’ensemble de notre camp social.
Pris dans le piège de la sur-médiatisation, les activistes nationalistes ont aussi décidé de jouer la carte institutionnelle pour se défendre, largement poussés par des groupes déjà proche du pouvoir en place comme Némésis. Ils ont alors cherché à construire une victime parfaite, allant même se présenter comme des groupes non-organisés et non-violent. Ce narratif aura tenu le temps de la répression des antifascistes, leur laissant l’espace d’organiser une parade ridicule d’hommage à Deranque. Peu de temps après celle-ci, des éléments referont surface prouvant l’organisation des groupes fascistes et leur volonté d’affrontement. Les faits étant tellement gros que même les médias mainstream et le gouvernement ne pourront plus détourner le regard (on peut notamment penser à l’exploitation du téléphone de Calixte Mathon-Guy prouvant une récurrence d’organisation de guet-apens par Némésis et des militants fascistes locaux). Par la suite, plusieurs nationalistes présents le jour de l’affrontement seront placés sous contrôle judiciaire. Eliot Bertin, ex-leader Lyon populaire, sera lui incarcéré pour la violation de son contrôle judiciaire. Ce choix de stratégie leur aura fait perdre tous leurs soutiens institutionnels, alors qu’ils avaient sacrifié leur radicalité pour les gagner.
Plus de 3 mois plus tard, il nous semble important de tirer un bilan de la séquence qui nous a démontrer qu’il était vital de ne pas trembler, d’affirmer nos positions et de ne rien céder aux stratégies institutionnelles qui finiront toujours par se retourner contre nous. Il faut pour notre camp et pour nos luttes, être fermes, inébranlables, solidaires ; ne jamais diluer nos discours et nos radicalités pour obtenir des soutiens qui abandonneront le navire à la première vague. Il est important de continuer d’affirmer l’antifascisme autonome, de ne pas céder aux paniques et de maintenir notre cap. Cet épisode doit nous rappeler que seule la solidarité de nos communautés et de notre camp social nous permettra d’obtenir la victoire ; mais aussi que seule notre auto-organisation nous permettra d’avoir des pratiques cohérentes avec nos discours. Malgré une fascisation de la société toujours plus avancée, les semaines suivant la mort du néo-fasciste ont vu naître des initiatives visant à affirmer un antifascisme en toutes circonstances, un antifascisme qui ne plie pas face aux offensives gouvernementales et médiatiques ni aux groupuscules en perdition.
Ne laissons pas ces tentatives se perdre, construisons l’antifascisme, construisons l’autonomie !