Initialement publié par le DFW Support Committee le 23/06/2026.
Je n’éprouve aucune haine. Je n’éprouve aucune haine contre personne. Je n’éprouve aucune haine contre les flics. Je n’éprouve aucune haine contre Trump. Je n’éprouve aucune haine contre les nazis. Mes croyances sont les suivantes :
Premièrement, nous devons nous aider les un-es les autres.
Secondement, nous devons nous protéger les un-es les autres.
Je ne veux jamais voir quelqu’un être blessé-e. Je ne veux pas voir de bonnes personnes, qui se mobilisent pour ce en quoi elles croient, se faire flinguer dans la rue. Ce que nous avons vu arriver à Renee Good et à Alex Pretti est mon pire cauchemar.
C’est la chose dont j’avais peur depuis longtemps, après avoir fait affaire à des officiers imprudents, à des officiers qui étaient des brutes, à des officiers violents. Mais la peur n’est pas de la haine. La tristesse n’est pas de la haine. Souhaiter que les gens vivent n’est pas de la haine.
Alors, quand j’étais dans la rue ce 4 juillet 2025, bien en vue avec des bandes réfléchissantes de sécurité et des vêtements haute visibilité, ce que j’ai vu en face de moi était mon pire cauchemar.
Quand j’ai vu le Lieutenant Thomas Gross arrêter de courir et pointer son arme dans le dos d’un-e manifestant-e en train de courir, sans arme, comme il l’a lui même témoigné – j’étais terrifié-e. En tant que moniteur-ice de tir et vétéran du Corps des Marines des Etats-Unis, j’ai vite compris ce que je voyais. Je sais ce que cela signifie quand une personne se penche en avant sur son pistolet, comme il a lui-même témoigné, en se préparant pour le recul.
Comme le montrent les preuves, je ne voulais blesser personne. Je n’ai jamais eu l’intention de blesser qui que ce soit. J’ai fait de mon mieux pour éviter de blesser qui que ce soit. Il est impossible de dire que j’ai tenté de tendre une embuscade ou de prévoir une quelconque violence. J’étais choqué-e, et surpris-e, et attristé-e. Je suis tellement reconnaissant-e pour ce qui n’est pas arrivé. Je suis tellement reconnaissant-e que nous ne fassions pas le deuil d’une autre mort, d’une autre tragédie. Un autre Alex Pretti. Une autre Renee Good. Un autre Botham Jean. Un-e autre Manuel Terran. Une autre Atatiana Jefferson. Un autre Philando Castile.
22 personnes ont maintenant été arrêtées, ont été persécutées, ont été torturées, et tout ça pour quoi ?
Pour rien.
Aucune de ces personnes n’a vraiment fait quoique ce soit.
Et aucune de ces personnes n’a quoi que ce soit à voir avec ce que j’ai fait.
Ce n’est pas normal. C’est une punition de masse. C’est une punition collective. C’est de la culpabilité par association. C’est une injustice.
En 1895, le sénateur américain et suprémaciste blanc Pitchfork Ben Tillman a donné un discours à la Convention Constitutionnelle de Caroline du Sud sur comment utiliser l’injustice pour prendre le pouvoir. Il a déclaré, « comment avons-nous retrouvé notre liberté ? Par la fraude et la violence. Nous avons tenté de vaincre cette majorité de 30 000 voix par des moyens honnêtes, ce qui était mathématiquement impossible. Après avoir enduré ces indignités pendant huit ans, la vie n’avait plus aucun sens. »
C’est ainsi que des hommes prennent le pouvoir sur d’autres. Par l’injustice, par la fraude et la violence.
Cette histoire a de l’importance car l’injustice a toujours été dangereuse. Elle ne nuit pas seulement à la personne qui est jugée au tribunal. Elle se répand. Elle apprend aux gens à avoir peur. Elle apprend aux gens que le gouvernement peut d’abord décider de qui est coupable, puis trouver des raisons plus tard.
Premièrement, ils ont dissimulé et caché des preuves.
Deuxièmement, ils ont interdit tous-tes les juré-es noir-es afin que personne ne questionne la police.
Troisièmement, ils m’ont dit que je n’avais aucun droit de me protéger ou de protéger qui que ce soit d’autre, et ils m’ont dit que je n’avais même pas le droit de dire les mots « légitime défense ».
Comme vous l’avez entendu pendant le procès, ils ont torturé leurs propres témoins. Des citoyen-nes américain-es ont été torturé-es et terrorisé-es et ont subi des négligences médicales. Au fait, trois personnes sont mortes en prison la semaine dernière. Et maintenant, une personne de 24 ans a eu une crise cardiaque. Une femme de 58 ans a déclaré qu’elle mourrait dans cette affaire. Des mères, des pères, des professeur-es, des étudiant-es, des travailleur-euses dans la livraison, des programmeur-euses et des ingénieur-es ont été persécuté-es et torturé-es dans cette affaire.
Des personnes sont traitées comme si leur vie ne comptait pas. Tout cela dépasse ma seule personne. Je sais que je suis la personne qui se tient ici. Je sais que je suis la personne jugée ici. Mais je sais aussi qu’une telle affaire peut être un avertissement pour le reste du monde : que si l’on prend la parole, que si l’on manifeste, que si l’on essaie de protéger quelqu’un, que si l’on est associé-e à la mauvaise idée, on peut être transformé-e en un symbole plutôt que traité-e comme un-e être humain.
Rien ne m’attriste plus que quand je pense à toutes ces personnes, à leurs familles et leurs communautés, et à combien elles ont souffert, et à quel point elles ont été traitées injustement – tout comme moi.
Tout ce qu’ils me prennent à moi, ils vous le prennent aussi.
C’est peut-être 22 inconnu-es aujourd’hui, mais ce sera vous demain.
Le 9 juin de cette année, le Président du Centre juridique de lutte contre la Pauvreté dans le Sud a témoigné que la haine avait investi le gouvernement. Qu’elle était devenue le gouvernement. La haine est juste là.
Le gouvernement, dans sa requête secrète de me condamner à perpétuité, me désigne comme l’incarnation d’Antifa. Qu’est-ce que cela signifie ? Je ne suis membre d’aucun groupe appelé Antifa. Je ne suis membre d’aucune organisation terroriste. Il n’y a aucun groupe qui s’appelle Antifa. Tout le monde le sait, mais ce gouvernement est tellement aveuglé par la haine, qu’ils ont arrêté 22 bonnes personnes pour rien du tout. Ils veulent me faire disparaître avec une idée. Et cette idée, qu’ils haissent, est l’idée même d’être contre le fascisme.
Quel genre de personne n’est pas contre le fascisme ?
Quel genre de personne n’est pas contre la haine et la guerre et le génocide et les camps de concentration que les nazis ont apporté au monde ?
Quel genre de personne n’est pas d’accord avec « aucun roi » ou « aucun Fuhrer » ?
La haine s’est propagée au gouvernement. Désormais, cette haine prend le pouvoir sur moi. Elle prend le pouvoir sur vous, sur vos mots et vos idées.
Quand serez-vous appelé-e un terroriste, vous aussi ?
Quand ils ont assassiné Renee Good et Alex Pretti, ils sont allés à la télé et les ont désigné-es comme terroristes le jour-même, moins d’une heure après les avoir tué-es.
Quand est-ce que cela vous arrivera ?
Quand j’étais dans ma ville, à Dallas, pendant 11 jours, j’avais peur d’être tué-e à tout moment par un gouvernement que je considère haineux et vindicatif. Je n’ai pas fui pour échapper à mes responsabilités. Je suis resté-e parce que je voulais survivre assez longtemps pour faire la bonne chose.
Je n’ai pas peur pour moi-même. J’ai peur pour vous tous-tes.
Que ferez-vous en cette période marquée par de grands échecs et de grandes injustices ? Que ferez-vous ?
Comment allez-vous vous aider les un-es les autres ?
Comment allez-vous vous aider ?
L’adresse pour lui écrire, ainsi qu’aux autres inculpé-es de l’affaire Prairieland :
Johnson County Jail, TX Benjamin Hanil Song, 202502108 P.O. Box 247 Phoenix, MD 21131