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[Italie] Libération de plusieurs des personnes arrêtées le 16 juin, et deux articles sur le sujet

Posted on 12/07/2026 - 11/07/2026 by dingueries

Publié sur trognon.info le 10/07/2026, traduit de il rovescio le 10/07/2026

Nous sommes ravis d’apprendre que Micol, Nico, Bibi, Arnau, Stefano, Luna et Giulia, les camarades arrêtés en vertu de l’article 270 bis lors du raid anti-anarchiste du 16 juin, ont été libérés par la Cour de révision, qui a jugé incohérentes les charges de complot en vue de commettre un crime anarchiste.

Nous attendons des nouvelles de Toni et Pietro, dont la situation est différente : ils n’ont pas fait l’objet de mesures conservatoires, mais ont été arrêtés pour « terrorisme d’expression » (article 270 paragraphe 3) suite à la saisie de tracts lors d’une perquisition à leur domicile.

En attendant, réjouissons-nous du retour de nos sept camarades dans la rue !

Plus d’informations à venir. »

Adresses en détention les plus récentes :

(Tony) Andrea Toniolo
C.C. di Rossano – Contrada Ciminata Greco 1
87067 – Rossano (CS)

Pietro Rosetti
C.C di Terni – Strada delle Campore 32
05100 – Terni (TR)


Deux articles a propos des arrestations du 16 juin en italie, publiés sur Indymedia Nantes le 09/07/2026, traduit de brughiere

Quelques reflexions et un appel à mobilisation, en solidarité avec les compagnxs arrêtxs et poursuivixs

Dix jours se sont écoulés depuis que, dans diverses parties de la botte italienne, des compagnoxs ont été réveilléxs à l’aube par les coups de belier des flics à leurs portes et aux barricades ; dix jours depuis qu’ils ont muré le Bencivenga avec du ciment ; dix jours avec peu de sommeil, beaucoup d’injures, de pensées et de réflexions.

Nous avons besoin de transformer l’univers des émotions et des sensations que nous avons en nous grâce aux mots ; nous avons besoin de nous retrouver dans la chaleur de la solidarité et dans celle d’un agir concret qui brise le dispositif le plus atroce de la répression : l’isolement.

Nous voulons également impulser des réflexions et des analyses qui soient à la hauteur des temps vraiment complexes et graves que nous vivons pour essayer d’en faire, au contraire, un moment propice. Même avec la hâte de l’énième coup de guillotine porté à nos relations de complicité, nous ressentons la priorité de faire sortir quelques concepts que, à chaud, nous considérons comme cardinaux pour la lecture de cette énième enquête anti-anarchiste. Nous nous trouvons face à un scénario qui mélange anciens et nouveaux instruments répressifs dans un contexte marqué par de profonds changements sociaux mais, comme il existe de nombreuses analyses plus approfondies sur le présent que nous vivons aujourd’hui, nous voulons nous concentrer non pas tant sur le fait d’esquisser le contexte-monde dans lequel cette opération est imposée par la domination, mais plutôt sur ce que cette opération nous dit du monde.

Les ingrédients qui sont cités à plusieurs reprises, afin de persuader un Juge des Enquêtes Préliminaires (GIP) de signer l’incarcération de nos compagnxs, parlent du contexte de certaines luttes qui se sont développées, en Italie, ces dernières années.

Et c’est de ce contexte-là que nous partons. Nous faisons référence principalement à la lutte contre le 41bis qui, sous une certaine forme et selon celles et ceux qui écrivent, a pu trouver une certaine continuité dans les mobilisations pour la Palestine, qui se sont développées avec de fortes connotations anti-autoritaires (dans le premier cas délicieusement anarchistes) et qu’il nous semble important de revendiquer comme une pièce de notre conflit actuel.

Ce que les charognes de journalistes, de tribunaux ou de casernes ont relaté à notre place de ces jours et ces mois de colères a toujours été cité comme prétexte à la répression. Il nous semble important  de s’attarder sur la portée qu’a eue et qu’aura ce que nous avons mis, et que nous mettrons, en place. Il n’y a peut-être pas eu le temps (ou l’envie) d’analyser en profondeur ce qui s’est joué dans ces rues et sur ces places, mais l’opération répressive du 16 juin  commence à partir de là et il nous semble donc sensé de nous interroger sur le pourquoi.

Le pouvoir a besoin que lx anarchistes soient isoléxs, leurs propos déforméxs, jetéxs en pâture dans les journaux quand on lx arrête, pour ensuite retourner dans les oubliettes de l’histoire. Ainsi, en partie, l’État réussit à gérer l’existence d’une idée-pratique qui mènera à sa destruction et à l’extinction de sa raison d’être : la domination. Quand lx anarchistes, au contraire, ne sont plus des extraterrestres mais sont présentxs dans l’espace public et que leurs slogans sont sur les lèvres de personnes « insoupçonnables » ou quand, dans les manifestations de masse, certains thèmes et pratiques de l’anarchisme se diffusent, voici que l’État décide de donner un signal plus fort que d’autres. La répression ne sert pas, en effet, seulement à tenter de briser des liens consolidés, à affaiblir les âmes et les corps, à diffuser la panique parmi lx ennemi-e-xs de l’ordre, mais aussi à dissuader de potentielxs complices de se joindre aux « mauvaisxs maîtresxs ». La profusion  de plaintes, d’arrestations et de mesures préventives à l’encontre de cellx qui se définissent comme activistes est là pour témoigner que, certes, ce gouvernement est plus zélé que d’autres à réprimer jusqu’à la simple dissidence, mais cette fureur castratrice nous dit aussi que le léviathan doit frapper pour se maintenir en vie, s’acharnant toujours plus souvent et toujours plus violemment contre ses propres opposantxs. C’est la logique même de la guerre : elle ne se poursuit que si tu as des ennemis toujours frais à combattre et à donner en pâture à la partie de la population subjuguée par les régurgitations patriotiques.

Heureusement, il existe encore – et il existera toujours – des minorités agissantes qui non seulement désertent l’enrôlement patriotique des consciences, mais cherchent aussi à le saboter. C’est dans ce sens que nous lisons l’expulsion d’un lieu historique du mouvement anarchiste, de la contre-culture, de l’opposition à la vie métropolitaine marchandisée : ils nous enlèvent ces espaces car c’est en les traversant ensemble (que ce soient des places, des squats, des fermes, des montagnes) que se créent des liens et de possibles conspirations. Ils nous enlèvent nos lieux aussi pour en finir avec notre histoire qui, tout comme la question palestinienne nous le dit, est viscéralement liée aux territoires que nous habitons et dans lesquels nous luttons.Dans tout contexte de guerre, la compression de l’espace public doit être maximale, imaginez donc supporter l’existence d’une île d’altérité aussi effrontée que l’a toujours été le Bencivenga.

Et si l’on parle de guerre, c’est parce que dans cet acte de répression tout est langage guerrier : l’épreuve de force des irruptions flicardes cagoules vissées au visage  ; l’apposition, en guise d’affront fasciste, du drapeau tricolore sur la porte tout juste murée du Benci. Que sont-ils sinon une diapositive de la guerre qui, comme une tache de Léonardo [jeu de mot avec tache de léopard, expression utilisée pour dire que ca se diffuse, et leonardo, fabricant d’arme italien *ndt], est déjà en cours contre cellxs qui choisissent la voie de la rébellion ou qui cheminent, par un mouvement centrifuge de l’histoire, dans le grand exode de l’exclusion des privilèges.

Et qu’a été la célébration des jeux de Milan-Cortina, contre lesquels l’action de sabotage des trains dont on parle dans l’enquête s’est abattue comme la foudre, sinon une gigantesque parade de guerre de plusieurs millions d’euros ? (qui trouve son apogée dans la présence ostentatoire des troupes ICE).

,Le fait que l’État, dans ses propres veines ou artères – les infrastructures de transports et de télécommunications – puisse être entravé, affaibli, saboté, ralenti, est intolérable pour une institution totalitaire qui s’identifie, au-delà des formalismes démocratiques-libéraux, essentiellement avec sa propre tension vers la guerre, tant externe qu’interne. Cette guerre non déclarée que nous appelons normalité.Les armes qui se déploient dans ce goutte-à-goutte contre la rébellion et l’altérité, dans l’état actuel de l’organisation sociale, ne sont plus représentées par le peloton d’exécution qui s’aligne devant lx condamnéxs, mais plutôt par un dédale de pièges sophistiqués et de traquenards qui prennent le nom de lois. Par cela, nous ne voulons pas dire que la loi soit un instrument répressif nouveau (elle est malheureusement aussi vieille que l’autorité) mais que nous assistons à une forme de pan-pénalisation et de pan-normativité, dans le contexte italien, qui nous enserre, et cette forme particulière de répression cause toute une série de conséquences spécifiques pour celles et ceux qui la subissent et y résistent.

De plus, l’arsenal de l’État italien s’est incroyablement enrichi de nouveaux instruments répressifs ces dernières années (sans jamais omettre d’huiler des structures bien rodées et indispensables comme, justement, le 41bis) et cela, notez-le bien, nous ne l’imputons pas à la nature fasciste des gouvernants actuels : plus que jamais aujourd’hui nous affirmons que la démocratie et le fascisme sont exactement les deux faces de la même médaille, interchangeables et qui peuvent coexister. Un article, parmi d’autres, que cette enquête jette sur la tête de nos compagnxs, et qui a justifié l’arrestation de deux d’entre elleux (arrestation qui n’aurait pas eu lieu il y a seulement un an) et qui nous semble nécessiter une prise en charge urgente de notre part est le 270 quinquies alinéa 3. Ce qu’on appelle le « terrorisme du discours ».

Si en effet cela fait des années, des décennies, que nous sommes confrontés à des accusations liées aux délits d’association (270bis), le fait de punir la simple détention de matériel papier ou virtuel qui puisse être considéré par ces messieurs comme terroriste, ouvre la porte à des scénarios d’arrestations (en flagrant délit !) extrêmement faciles pour les forces répressives. Le 270 quinquies alinéa 3, contrairement au deuxième (auto-entraînement) selon les dires des avocatxs, est extrêmement difficile à démonter lors d’un procès car il n’est pas nécessaire pour le Procureur de prouver une quelconque intentionnalité de « passer à l’action » : le simple fait de posséder un écrit incriminé peut nous conduire en taule. Cette loi semble avoir été faite tout spécialement pour un mouvement, comme le mouvement anarchiste, où les écrits ont toujours eu un écho important, tant dans l’évolution individuelle que dans la propagande.

Voici les réflexions que nous avons jugé bon, après des échanges qui restent tous à approfondir, de partager pour tracer un terrain commun minimum d’action et de discours sur lequel nous voulons appeler à la mobilisation pour la solidarité avec ceux et celles qui ont été arrêtéxs, perquisitionnéxs, enquêtéxs, emprisonnéxs chez eux/elles.Nous ressentons fortement en ce moment le besoin de faire en sorte que la répression ne soit jamais, au grand jamais, vécue comme une affaire privée (bien que l’on parle d’un contexte qui n’est pas anarchiste, le suicide de deux activistes pour la Palestine, à Turin, placés en assignation à domicile, nous donne le pouls sanglant de la situation) et nous voulons, en conclusion de ce texte, appeler à la mobilisation en solidarité avec les compagnxs frappéxs dans l’opération du 16 juin.

Précisément pour sortir de l’isolement, précisément pour ramener dans la dimension publique le fait qu’il y a un monde qui est en train de se défaire et dont nous pouvons accélérer la chute, en construisant entre-temps ce rêve si difficile et incontournable qu’est l’anarchie.

Dans les journées du 10 au 12 juillet, en vue de l’audience de réexamen, faisons donc entendre fort notre solidarité à nos compagnonxs otages de l’État : chacunx selon les modalités qu’il/elle jugera opportunes, comme nous le disons toujours, pour sortir du coin de la déprime et relancer notre envie de renverser ce présent maudit. La liberté est possible et tangible, dans la lutte pour la libération.

Solidarité et complicité avec lx arrêtéxs, perquisitionnéxs, inculpéxs du 16 juin !

Nico, Micol, Pietro, Giu, Luna, Bibi, Toni, libresx tout de suite !

Liberté pour toutxs, feu aux tribunaux et aux prisons !

Quelquxs compagnxs solidaires

Adresses des compas incarcéré·esVoici, pour le moment, les adresses disponibles des compas : écrivons-leur, faisons en sorte qu’iels ne sentent ni seulxs ni isoléxs.

  • Andrea Toniolo (Toni) : C.C. di Rossano – Contrada ciminata. 87064 – Corigliano Rossano (CS)
  • Francesco Benedetti (Bibi) : C.C di Rossano – Contrada ciminata. 87064 – Corigliano Rossano (CS)
  • Micol Marino : C.C. Rebibbia femminile – Via Bartolo Longo 92 00156 – Roma (RM)
  • Stefano Marri : C.C. di Terni – Strada delle campore 32 05100 – Terni (TR)
  • Pietro Rosetti : C.C di Terni – Strada delle Campore  32 05100 – Terni (TR)
  • Nico Aurigemma : C.C. di Ferrara – Via arginone 327 44122 – Ferrara (FE)
  • Arnau Vallet Casadevall : Regina Coeli via della Lungara 29 00165 Roma

Traduit de https://brughiere.noblogs.org/post/2026/06/30/alcune-riflessioni-e-un-appello-alla-mobilitazione/

En solidarité avec les compas anarchistes arrêté.e.s le 16 juin 2026

À l’aube du mardi 16 juin, l’énième opération répressive anti-anarchiste, dirigée cette fois-ci par le parquet et la Digos de Rome, a donné lieu à la perquisition de divers domiciles de compas et d’espaces occupés dans toute la péninsule, de Bologne à Rome, Turin, Naples et Forlì. Outre les perquisitions, cinq personnes ont été placées en détention provisoire, ainsi que deux autres en assignations à résidence avec bracelet électronique et interdiction de communiquer.

L’accusation portée est la désormais célèbre « association à des fins de terrorisme » (art. 270 bis). Pour deux des sept compas, s’ajoute également l’accusation de sabotage des lignes à Grande Vitesse sur le tronçon Rome-Florence, en référence aux faits du 14 février dernier. À cette occasion, la dévastation des territoires de Milan et Cortina, également appélée Jeux Olympiques d’hiver, a coïncidé avec une série de sabotages dans diverses parties de la péninsule, dont l’un d’eux fait l’objet de cette opération.

À deux autres compas, arrêté.es à la suite des perquisitions, est en outre reproché la possession de quelques brochures. L’accusation est celle de « détention de matériel à des fins de terrorisme » (art. 270 quinquies-ter), ce qu’on appelle le « terrorisme du discours », une nouvelle qualification pénale entrée en vigueur en 2025 avec le dernier décret sur la sécurité.

De plus, à la suite de cette opération, le Bencivenga, un espace squatté actif depuis vingt-cinq ans à Rome, a été expulsé.

Nous voulons exprimer avec amour et rage notre solidarité inconditionnelle à toustes les compas incarcéré.es, frappé.es par des mesures de sûreté, visé.es par l’enquête, perquisitionné.es, expulsé.es, en saisissant l’occasion pour partager quelques réflexions sur cette énième opération et le contexte dans lequel elle se déroule.

L’article 270 bis est désormais le dispositif principal avec lequel l’État, pour se défendre et défendre son ordre démocratique, frappe le monde anarchiste. Un ordre démocratique basé sur la division raciste, classiste et patriarcale de la société. Un ordre démocratique fondé sur des guerres et des génocides, perpétrés dans un ailleurs suffisamment lointain – comme celui de la Palestine – afin de ne pas perturber la fausse paix sociale.

La destruction et l’extermination naissent pourtant bel et bien ici, dans les territoires que nous habitons, produites à l’intérieur des usines d’armement et organisées à travers des politiques belliqueuses et de réarmement. Parallèlement, dans ces ailleurs lointains, des dispositifs répressifs, de contrôle et de surveillance sont expérimentés, pour ensuite être importés et appliqués dans notre cher Occident.

La violence du fameux ordre démocratique se manifeste par des pratiques et des mécanismes différents : les frontières que certain.es peuvent traverser librement sont des lignes de mort et de refoulement pour d’autres, les villes et les lieux que nous habitons abritent des prisons et des centres de rétention (CPR), des casernes, des commissariats, des bases militaires et des lieux d’exploitation et d’oppression.

L’ordre démocratique se nourrit de la dévastation du monde animal et végétal. Il produit et reproduit quotidiennement des relations humaines forgées par la violence structurelle du colonialisme, du racisme, du patriarcat et du classisme. Un ordre qui voudrait que chaque être vivant soit fondamentalement isolé et anesthésié.

Face à tout cela, qui ne voudrait pas subvertir l’État et son ordre démocratique ?

Il est clair que ce qui fait peur à l’État, c’est que celles et ceux qui luttent contre tout cela ne soient pas le miroir de lui-même, c’est-à-dire de prétendues associations, organisées, musclées et hiérarchiques, mais des individualités qui croient et vivent pour la liberté et l’anarchie.

L’introduction de l’art. 270 quinquies-ter est un énième élément qui s’ajoute aux dispositifs de répression. Un signe clair de notre époque, où la seule expression d’idéaux de liberté ou la découverte d’un texte dérangeant pour l’État suffisent à monter des opérations, à agiter l’épouvantail du terrorisme intérieur, à encager et à réprimer. Nous l’avons déjà vu avec la répression qui s’est abattue sur la résistance palestinienne et sur les manifestations de solidarité à son égard. Nous faisons référence en particulier à la condamnation du prisonnier Ahmed Salem pour cette même accusation de « terrorisme du discours », qui lui a été infligée sur la base de quelques vidéos provenant de Gaza trouvées dans son téléphone portable, mais qui, en fin de compte, était principalement fondée sur le fait qu’il était Palestinien. Tout comme cela s’est produit avant lui pour d’autres personnes jetées dans le chaudron de ce qu’on appelle le « terrorisme islamique ».

Tout cela nous montre à quel point la machine répressive peut monter d’un cran, elle qui voudrait nous convaincre que lutter a un coût trop élevé, en nous dissuadant de le faire ou en contrôlant tout simplement l’existence de celles et ceux qu’elle considère comme des ennemis de son ordre.

Mais les luttes sont incontrôlables. Il existe encore des cœurs courageux qui luttent pour la liberté, non seulement avec des mots, mais aussi par l’action directe. C’est ce qui s’est passé avec le sabotage de la ligne TGV en février de cette année. Qui que ce soit qui l’ait fait, iel a accompli un geste nécessaire pour s’opposer à la guerre, il suffit de penser à l’accord inhérent à la logistique de guerre entre Leonardo et RFI, et à la dévastation qui trouvait à ce moment-là une expression concrète dans les Jeux Olympiques d’hiver.

Le lien entre la pensée et l’action, fondement de la tension anarchiste, est ce que l’État craint et ce qu’il veut frapper une fois de plus, en tentant d’isoler et de stigmatiser les pratiques « terroristes » de celles de la « dissidence légitime ». Ce modus operandi, fondement de l’action répressive, a atteint son paroxysme avec la mort de Sara et Sandro, survenue dans une ferme de Rome le 19 mars à la suite de la détonation de ce qui pouvait être un engin explosif. L’État, en effet, avec ses gratte-papier vendus, a tenté par tous les moyens de les isoler, de les stigmatiser et de délégitimer leur mémoire, précisément en raison des circonstances dans lesquelles leur mort s’est produite. Contrairement à ce que l’État aurait voulu, c’est non seulement tout le mouvement anarchiste, mais bien au-delà, qui a fait bloc autour des deux compa tombé.es.

Preuve qu’il existe des idées et des pratiques propres à un bagage de lutte et de justice qui a un horizon bien plus vaste que ce que ces messieurs le voudraient. Ce n’est donc pas un hasard si la demande de détention provisoire des 7 compas visé.es par l’enquête pour le 270 bis est parvenue au GIP (Juge des enquêtes préliminaires) un mois après la mort de Sara et Sandro.

Et ce n’est toujours pas un hasard si l’exécution des mesures de sûreté intervient au cours de la même période où le Tribunal d’Application des Peines de Rome a été appelé à se prononcer sur le renouvellement pour deux années supplémentaires de la détention sous le régime du 41 bis d’Alfredo Cospito. Nous savons bien comment chaque opération prépare le terrain pour la suivante, et sert à légitimer davantage les mesures appliquées aux compas déjà prisonnier.ères de l’État.

Mais si leur carte d’aujourd’hui sera leur carte de demain, il est bon qu’ils sachent que notre solidarité, celle d’hier comme celle d’aujourd’hui, sera le moteur de notre solidarité de demain, et de toujours. Et la meilleure solidarité que nous puissions apporter, outre le fait de faire bloc autour de nos compas et de les soutenir, est de continuer les luttes.

COMPLICES ET SOLIDAIRES DE BIBI, ARNAU, NICO, STE, MICOL, PIETRO, TONY, GIULIA et LUNA. !

Liberté pour tous et toutes !

Des compas de Bologne et ses environs

 

Traduit de : https://brughiere.noblogs.org/post/2026/07/02/bologna-parole-pratiche/

Posted in prisonnier.e.sTagged italie, prisonnier.e.s anarchistes, rafle du 16 juin

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