sur Cage international le 19/08/2026
Victoire : le ministère n’a pas réussi à obtenir la condamnation des personnes présentes au procès Filton25
Aujourd’hui, le jury n’est pas parvenu à rendre un verdict unanime sur l’ensemble des chefs d’accusation retenus contre Aleksandra Herbich, Madeleine Norman, Hannah Davidson, Teuta Hoxha, Ian Sanders, Yulia Brigadirova et William Plastow.
Sean Middlebrough a été jugé par contumace, n’étant pas retourné en détention après avoir bénéficié d’une libération sous caution temporaire en novembre 2025, alors qu’il avait déjà purgé 458 jours de prison sans avoir été condamné – soit plus du double de la durée maximale légale de détention provisoire
Les huit prévenus ont passé au total jusqu’à 18 mois en détention provisoire avant leur procès, dépassant dans tous les cas la durée légale maximale. L’accusation s’appuyait principalement sur des allégations selon lesquelles les prévenus auraient organisé et effectué des missions de reconnaissance en vue de l’action menée en août 2024 dans les locaux d’Elbit Systems à Filton, qui a causé plus d’un million de livres sterling de dégâts à la technologie des drones militaires israéliens
Londres — Une fois de plus, un jury composé de leurs pairs n’a pas pu condamner les derniers militants pro-palestiniens qui ont agi selon leur conscience pour sauver des vies. Au cours du procès, le juge a également rejeté l’accusation de troubles violents portée contre William Plastow. Le verdict rendu aujourd’hui constitue le dernier chapitre d’une procédure judiciaire qui a mis le militantisme en faveur de la Palestine sur le banc des accusés – bien qu’elle se soit appuyée sur les premières poursuites contre les « Filton 25 » comme précédent : selon ce principe, organiser la résistance à la complicité de la Grande-Bretagne dans un génocide peut être assimilé à du terrorisme. Le résultat a été une nouvelle défaite embarrassante pour le pouvoir en place, qui a mobilisé toutes ses ressources pour les faire condamner.
Les dernier.es accusé.es ne se trouvaient même pas sur le site de Filton la nuit de l’action. En conséquence, une accusation de « joint enterprise » (action en commun) a été montée de toutes pièces, pour avoir aidé ou encouragé l’action menée le 6 août 2026 à l’usine d’armement d’Elbit Systems à Filton, qui a conduit à la destruction de 40 armes israéliennes, dont des drones quadricoptères. Elbit Systems est la plus grande entreprise d’armement d’Israël, qui produit 85 % de la flotte de drones militaires israéliens, utilisés pour massacrer les Palestiniens à Gaza.
L’accusation reposait sur l’argument selon lequel le fait d’avoir acheté du matériel et mené des missions de reconnaissance les rendait tout autant responsables de ce qui s’était passé à l’intérieur. Ce cadre juridique – vaste, souple, conçu pour maximiser le nombre de personnes pouvant être prises dans les mailles du filet – est en soi une caractéristique de l’architecture antiterroriste mise en place ici. Plus le filet est large, plus l’effet dissuasif est grand. Plus l’effet dissuasif est grand, plus le message adressé à quiconque envisagerait une action directe contre le rôle de la Grande-Bretagne dans le génocide est fort.
Anas Mustapha, responsable du plaidoyer public chez CAGE, a déclaré : « Un jury, compte tenu de l’ensemble restreint de faits que le tribunal lui a permis d’entendre, a refusé de condamner tous les prévenus présents. C’est une victoire considérable – et elle revient aux prévenus, et non au système qui les a soumis à 18 mois de détention préventive et qui a gardé en réserve, tout au long de la procédure, une qualification de terrorisme. L’architecture reste en place. Les lois qui l’ont érigée doivent être abrogées. »