Initialement publié sur Indymedia Athens, le 07/04/2026, synthèse à partir de la version courte du compte-rendu du quatrième jour de procès (7 avril).
La journée a commencé par une déclaration de la compagnonne Marianna. Elle a souligné une fois de plus la dimension politique du procès, en évoquant les questions posées aux témoins et le fait que les motivations [des accusé.e.s] sont elles aussi politiques. Si les questions sont politiques, qu’on reconnaisse alors la nature politique du tribunal, et surtout de l’article 187A [la loi anti-terroriste grecque]. Qu’elle n’est pas jugée pour une action mafieuse, motivée par des raisons personnelles et sans fondement politique.
La compagnonne a également indiqué qu’après un an et demi d’emprisonnement, et après la perte de son compagnon, elle a le droit de faire comparaître tout témoin de son choix. Leurs déclarations ne sont pas sans intérêt, iels ont des choses à apporter tant sur le plan personnel, pour elle et Kyriakos, que sur la manière dont il et elle ont agi.
Elle a conclu par une déclaration de solidarité envers Prosfygika [un squat d’Athènes actuellement menacé d’expulsion], qui se trouve à un pâté de maisons de là et forme une communauté de lutte de 300 personnes. Elle a également évoqué l’évanouissement du compagnon Aristos, qui en est à son 60e jour de grève de la faim [un habitant de Prosfygika en grève de la faim depuis le 5février, pour s’opposer à l’expulsion].
Le premier témoin de la défense était Grigoris Tsironis [un compagnon anarchiste arrêté en 2015 après des années de cavale, accusé à l’époque de braquages et d’évasion]. Un moment important de son témoignage a montré que les médias, sur la base d’indications des services antiterroristes, créent des coupables avant même qu’iels n’aient été jugé.e.s. Il a déclaré que dans son cas, où il a perdu 16 ans de sa vie, les médias publiaient ses photos et le mettaient en cause devant les tribunaux , avec un zèle démesuré, contrairement à l’issue finale du procès où il a été définitivement acquitté en appel, mais ils n’ont pas fait preuve du même zèle pour publier des articles sur cet acquittement.
Panagiotis Argirou [un compagnon anarchiste incarcéré pendant quasiment une décennie pour avoir participé à des actions dans le cadre de la Conspiration des Cellules de Feu (CCF)] a ensuite témoigné, défendant les décisions que l’on prend en matière de lutte armée. Il a mis en avant la souplesse inhérente à l’article 187A, qui permet de monter des dossiers à sa guise. Il a démontré que les services antiterroristes poursuivent des personnes sans preuves et a essentiellement évoqué son affaire au sein de l’organisation des CCF, où 70 personnes avaient été initialement inculpées, mais où 60 ont été acquittées alors qu’elles avaient enduré des années de procès, d’emprisonnement et de dénigrement médiatique, et qu’au final ni le pouvoir judiciaire ni les services antiterroristes n’ont rendu de comptes ou assumé la responsabilité de ces épreuves.
Ont ensuite pris la parole trois ami.e.s et compagnon.ne.s de Kyriakos et de Marianna, qui ont décrit en détail le parcours de ces compagnon.ne.s dans les luttes à Berlin et à Athènes, et plus largement au sein du mouvement anarchiste. Iels ont tout d’abord évoqué la personnalité des compas, résumant leur caractère en trois mots : imagination, optimisme et prise de risque, écartant ainsi toute possibilité de volonté malveillante concernant l’explosion dans l’appartement.