Traduit à partir des différentes mises à jour publiées sur Athens Indymedia pour chaque jour de procès [1 2 3], dont traduites par Act for freedom now en anglais [1 2]. Les compte-rendus complets étant extrêmement détaillés et denses, on publie à la suite des résumés de chacune des trois premières journées de procès, puis des extraits plus longs alternant entre synthèse des débats et interrogatoires du procès, et traductions des déclarations des compagnon.ne.s accusé.e.s.
Synthèse de la 1ère audience (01/04/2026)
Une grande foule de personnes et de compas dans le tribunal. Des flics anti-terroriste à l’intérieur et des flics anti-émeute à l’extérieur. Il y a 14 témoins de l’accusation et 32 témoins de la défense.
La défense a commencé en levant deux objections :
– Une objection de la défense [de Marianna, rejointe par celle de Dimitra] par rapport au fait que le tribunal n’aurait pas les compétences pour juger l’affaire, qui l’est sous l’Article 187A (la « loi-terroriste » du code pénal grec qui a trait aux actions et organisations terroristes) en argumentant qu’elle devrait l’être par un jury mixte dans une cour politique, puisqu’à aucun moment l’accusation ne définit quel acte ni quelle organisation justifie l’Article 187A, ni quelle organisation a été mise en danger, ni le moment de création de la présumée « organisation » terroriste. Les avocat.e.s de la défense ont dénoncé en détail l’usage des lois anti-terroristes et des conséquences que celles-ci ont, argumentaire qui sera repris tout au long du procès (notamment compte-tenu du fait que cette loi est principalement utilisée contre les anarchistes).
– Une objection de procédure a été faite compte-tenu de l’état de santé de la compagnonne anarchiste Marianna Manoura lors de son premier interrogatoire à l’hôpital. L’arrestation aurait été basée sur cet interrogatoire. Un docteur qui suit Marianna depuis un an et qui connaissait son dossier médical, a témoigné qu’elle n’était pas en état de témoigner au moment des faits [juste après avoir repris conscience à l’hôpital].
Toutes les objections ont été rejetées, sans que ce ne soit particulièrement justifié.
Il y a eu des témoignages du propriétaire de l’immeuble et de propriétaires d’appartements. Un avocat de résident.e.s a déclaré qu’il respectait la position de Marianna mais lui demandait des dommages et intérêts civils, que le président de la cour a considéré comme non pertinents pour ce procès. Il y a eu des débats sur le fait que seule une partie de l’immeuble serait rendue inutilisable, de l’absence du rapport d’expert sur les dégâts dans le dossier, sur la situation des résident.e.s de l’immeuble, sur l’avancée des travaux. Les témoins ont généralement déclaré n’avoir rien remarqué de suspect, ni ne reconnaître les compagnon.ne.s accusé.e.s, ni n’avoir de plaintes sur ce qu’il se passait dans l’appartement.
Synthèse de la 2ème audience (02/04/2026)
D’autres témoins de la défense ont été interrogés, des locataires ou propriétaires d’appartements de l’immeuble. La procureure a essayé de relier les intérêts des résident.e.s souffrant des dégâts à une condamnation des accusé.e.s sous l’article 187A (anti-terroriste). D’après un.e avocat.e de Marianna, cette suite de questions vise à exploiter l’explosion pour asseoir une « supériorité morale » de l’appareil d’Etat et de l’entreprise TERNA (qui est en charge des travaux et de gérer l’immeuble), alors que les témoignages montrent que peu de démarches ont été entreprises pour réparer l’immeuble ou transmettre les informations nécessaires aux résident.e.s, l’État exploitant politiquement l’incident pour en donner une image déformée et stigmatiser l’ennemi intérieur.
La femme et le fils du propriétaire de l’appartement où a eu lieu l’explosion ont été questionnés. Sont notamment revenus les liens du fils avec Dimitra et Dimitris (le fils ayant remis les clés à Dimitra, qui les aurait ensuite prêtées à Marianna et Kyriakos), la question de l’utilisation de Signal pour communiquer entre lui et Dimitra, et des questionnements sur les idées politiques et idéologiques de Dimitra.
Les avocat.e.s de Nikos Romanos et de A.K. ont déclaré que, pour l’instant, rien ne les impliquait ni concernait dans les sujets des débats, et a développé sur les techniques utilisées pour manipuler l’opinion publique et peindre une image négative des compagnons afin de l’exploiter politiquement.
Synthèse de la 3ème audience (03/04/2026)
Le procès a débuté par l’audition du dernier témoin à charge, un résident de l’immeuble. Les questions du juge étaient sensiblement les mêmes que celles posées aux témoins précédents : étendue des dommages, estimation des coûts et éventuelle demande d’indemnisation auprès de l’État.
Les avocats de Nikos Romanos et A.K. ont présenté des conclusions importantes, contestant l’intégralité de la procédure préliminaire ainsi que les décisions du conseil – qu’il s’agisse de la détention provisoire ou des demandes de mise en liberté sous caution à 6 et 12 mois. Ils ont notamment produit un rapport de l’ancien juge de la Cour de justice de l’Union européenne, Charalambos Minopetras, qui invalide scientifiquement la manière, le calendrier et le processus d’obtention des preuves. En substance, il présente l’acte d’accusation avec des preuves inexactes et incomplètes afin d’établir un lien entre elles.
Le premier jour, Marianna a été interrogée sur le test ADN obligatoire, mais aussi sur le traitement des prisonniers politiques par les services antiterroristes. Elle a raconté comment les parents de Kyriakos avaient été traités le jour de l’accident, lorsqu’on leur avait dit que le défunt n’avait pas été identifié et que ce n’était pas lui, alors qu’ils savaient pertinemment qu’il s’agissait de Kyriakos. Le témoignage du père de Marianna suit. Pendant ce temps, la tension est palpable à l’extérieur de la salle, les forces anti-émeutes empêchant quiconque d’y entrer malgré les sièges vides. Les flics ont provoqué et attaqué les personnes solidaires à coups de matraque, les forces anti-émeute et anti-terroriste encerclant les personnes à l’extérieur.
Anastasis, le fils de Manioudakis [une personne assassinée par la police à Chania en septembre 2023], a témoigné pour la défense. Interrogé sur la présence d’un engin explosif entre les mains de Kyriakos, il a répondu : « Je ne sais pas, mais probablement pour une bonne cause.» On lui a ensuite demandé si ces moyens de lutte visaient à instaurer un dialogue avec les centres du pouvoir. Il a rétorqué que ces centres n’écoutent pas, qu’ils sont au courant de ce qui se passe dans le monde et que cela peut aussi être une solution.
Au total, les témoins de la défense suivants ont témoigné aujourd’hui :
– Le père de Marianna, qui a déclaré être fier que sa fille assume ses responsabilités.
– La mère de Kyriakos.
– Anastasis Manioudakis.
– Dimitra Valavani. [compagnonne anarchiste condamnée en 2021 pour avoir aidé des compagnon.nes anarchistes en cavale après leur évasion de prison]
De manière générale, les questions posées aux témoins de la défense par le procureur visaient à les faire culpabiliser quant à l’explosion et à dresser un portrait agressif de Kyriakos et Marianna concernant l’utilisation d’armes, d’explosifs, etc. Les questions posées par la défense ont servi à témoigner de la personnalité de Kyriakos et Marianna, de leurs possibles intentions, et de l’incohérence de certaines accusations (qui leur prêterait une volonté de blesser et de causer des dommages aux résident.e.s de l’immeuble) avec l’idéologie et les modes d’action anarchiste.
Brève observation après l’interrogatoire des premiers témoins de la défense (03/04)
[directement traduite depuis Athens Indymedia, à la fin du compte-rendu de la troisième audience]
Malgré les déclarations du tribunal, la plupart des questions posées aux témoins de la défense ont une connotation exclusivement politique. Il semble que le tribunal souhaite traiter l’affaire selon une approche strictement démocratique, voire militariste et étatique. Au cœur de chaque question se trouve la conviction, de leur part, que l’État est le seul régulateur de toute relation sociale – la question du procureur à Anastasis, de savoir si les centres du pouvoir seraient préoccupés par la pose d’une bombe, en est un exemple typique – comme si la pose d’une bombe allait ouvrir un dialogue avec ces mêmes centres.
Ils tentent de démontrer que la lutte armée est une impasse dans un cadre démocratique. Ils cherchent ainsi à dissimuler le fait que la lutte armée s’oppose souvent au cadre démocratique qui normalise l’exploitation, efface les antagonismes sociaux et perpétue la violence institutionnalisée de la domination au sein et contre la société elle-même.
Ce procès se déroule alors que l’État grec célèbre la fin de l’ère postcoloniale et que, selon lui, la fin des conflits armés occupe une place particulière dans ce contexte. C’est pourquoi il s’efforce, avant tout, de déconstruire la lutte armée sur le plan politique.
De plus, il est certain que dans les prochains jours, nous serons appelés à défendre l’intégrité morale de nos compagnon.nes. Cela ressort déjà de quelques allusions éparses émanant de la présidence, et ce, à des moments inattendus.
Notre confiance en nos compagnon.nes est inébranlable et nous guide depuis le début de cette affaire. Nous avons toujours le dernier mot.
L’opération de déconstruction morale des personnalités des compagnon.nes et de déconstruction politique de la lutte armée sera le moyen de leur condamnation et de l’imposition de sanctions sévères. Nous conservons le dernier mot, à l’intérieur comme à l’extérieur des couloirs du pouvoir.
1ère audience – 01/04/2026
Une grande foule de personnes et de compas dans le tribunal. Des flics anti-terroriste à l’intérieur et des flics anti-émeute à l’extérieur. Il y a 14 témoins de l’accusation et 32 témoins de la défense.
La défense a commencé en faisant deux objections :
– Une objection de la défense [de Marianna, rejointe par celle de Dimitra] par rapport au fait que le tribunal n’aurait pas les compétences pour juger l’affaire, qui l’est sous l’Article 187A (la « loi-terroriste » du code pénal grec qui a trait aux actions et organisations terroristes) en argumentant qu’elle devrait l’être par un jury mixte dans une cour politique, puisqu’à aucun moment l’accusation ne définit quel acte ni quelle organisation justifie l’Article 187A, ni quelle organisation a été mise en danger, ni le moment de création de la présumée « organisation » terroriste. Les avocat.e.s de la défense ont dénoncé en détail l’usage des lois anti-terroristes et des conséquences que celles-ci ont. , argumentaire qui sera repris tout au long du procès (notamment compte-tenu du fait que cette loi est principalement utilisée contre les anarchistes).
– Une objection de procédure a été faite compte-tenu de l’état de santé de la compagnonne anarchiste Marianna Manoura lors de son premier interrogatoire à l’hôpital. L’arrestation aurait été basée sur cet interrogatoire. Un docteur qui suit Marianna depuis un an et qui connaissait son dossier médical, a témoigné qu’elle n’était pas en état de témoigner au moment des faits [juste après avoir repris conscience à l’hôpital].
Toutes les objections ont été rejetées, sans que ce ne soit particulièrement justifié.
Première prise de parole de Marianna :
« Je suis une anarchiste et Kyriakos Xymitiris était un anarchiste, nous étions dans cet appartement. Kyriakos Xymitiris, en tant que combattant armé, a pris des décisions spécifiques qui l’ont amené jusqu’à cet appartement et, moi, en tant que compa, j’ai pris d’autres décisions pour l’aider. Ces décisions étaient à la fois conscientes et politiques. » Elle a déclaré que cette affaire était purement politique, rendant la cour actuelle incompétente à la juger, évoquant le fait que des cours spécifiques amènent des enquêteurs spécifiques et des lois spécifiques. En substance, que le cheminement politique était reconnu, sans reconnaître le contexte politique. « Si aider mon partenaire, bien que nous ne soyons ni un groupe ni une organisation, constitue un crime politique, alors la cour compétente est le Jury Mixte. » Que, de cette façon, une tentative était faite de dépolitiser l’action révolutionnaire, en ne reconnaissant pas l’ennemi interne ni le statut de prisonnier.e politique. Que c’est ce que l’on appelle un régime d’exception, où un cadre spécifique est déployé pour le traitement criminel de l’ennemi interne, sans jamais le nommer ainsi. « J’essaierai lors de ce procès de démontrer qu’il y a ici deux camps en guerre, et que dans cette guerre je dispose de la position de prisonnière politique. »
Marianna a de nouveau témoigné un peu plus tard :
« Aux résident.e.s de l’immeuble, j’aimerais dire que l’explosion n’était pas le résultat d’un plan prévu. Elle a eu pour conséquences la mort du compagnon anarchiste Kyriakos Xymitiris et des blessures graves pour moi-même. Nous ne voulions sous aucune circonstances causer des dommages et de la destruction aux gens, alors que les conditions matérielles et sociales sont déjà mauvaises. Quand le milieu anarchiste politique attaque, il prend des mesures pour protéger les gens, il refuse politiquement de causer des dommages collatéraux. Nous utilisons les moyens à notre disposition uniquement contre le système.
Je remercie les deux personnes qui m’ont aidée immédiatement après l’explosion. Celle-ci a été exploitée par l’Etat dès le début. Je ne prétendrais pas que c’est un complot, je prends la responsabilité politique pour les actions, mais je ne gâcherais pas ma liberté pour des choses que je n’ai pas faites. Mon compagnon, Kyriakos Xymitiris, a perdu la vie pour un monde meilleur. Sa mort a été instrumentalisée et dénigrée, à travers l’accusation de l’explosion, et les sous-entendus de l’unité anti-terroriste que Kyriakos savait ce qui allait se passer. Kyriakos, en tant que sujet politique, adorait la vie, pas seulement la sienne mais aussi celle des autres. En tant qu’être humain, il n’aurait jamais voulu que des personnes ordinaires aient à porter le poids des dégâts sur leur logement.
Je ne rends de compte à aucun tribunal, seulement à mes compagnon.nes.
La tenue de ce tribunal est entre vos mains, que vous suiviez les ordres de l’anti-terrorisme, ou que vous jugiez en se basant sur les faits réels. Je prends la responsabilité politique de tout ce qui est de ma responsabilité. Je dédie chaque minute de ce procès à la mémoire de Kyriakos, qui était un homme sublime et un révolutionnaire sensible. Le 31/10 est un point de rupture pour moi, à la fois pour le poids moral des dégâts à l’immeuble d’habitation et pour ma perte. Je le préserverais, pour préserver la mémoire de Kyriakos, ses choix, et ma place à ses côtés. »
La compagnonne anarchiste Dimitra a témoigné :
« Je nie toutes les accusations.
Laissez-moi mentionner la mémoire de mon compagnon, Kyriakos Xymitiris. L’action politique, l’amitié et les relations politiques sont criminalisées.
La privation de ma liberté est de la responsabilité du tribunal, qui permet à de telles affaires d’exister.
Je m’excuse à la famille qui possède l’appartement, puisque, sans le savoir, je les ai mis dans une position difficile à la fois à cause des dégâts et du contact avec le mécanisme répressif. »
Il y a eu des témoignages du propriétaire de l’immeuble et de propriétaires d’appartements. Un avocat de résident.e.s a déclaré qu’il respectait la position de Marianna mais lui demandait des dommages et intérêts civils, que le président de la cour a considéré comme non pertinents pour ce procès. Il y a eu des débats sur le fait que seule une partie de l’immeuble serait rendue inutilisable, de l’absence du rapport d’expert sur les dégâts dans le dossier, sur la situation des résident.e.s de l’immeuble, sur l’avancée des travaux. Les témoins ont généralement déclaré n’avoir rien remarqué de suspect, ni ne reconnaître les compagnon.ne.s accusé.e.s, ni n’avoir de plaintes sur ce qu’il se passait dans l’appartement.
2ème audience – 02/04/2026
Il y a eu la suite des questions aux témoins de l’accusation, notamment le propriétaire d’un appartement au même étage, auquel le tribunal a demandé des informations sur l’état de l’immeuble et l’étendue des dégâts, si les travaux ont avancé, et sur qui couvrait les coûts pour reloger les résident.e.s de l’immeuble à l’hôtel. Ce premier témoin a menti en parlant de son expérience à l’hôtel, alors qu’elle ne vivait pas dans l’appartement. Elle a déclaré n’avoir rien vu de suspect dans les jours précédents. D’autres témoins de la défense ont été interrogés, des locataires ou propriétaires d’appartements de l’immeuble. La procureure a essayé de relier les intérêts des résident.e.s souffrant des dégâts à une condamnation des accusé.e.s sous l’article 187A (anti-terroriste). D’après un.e avocat.e de Marianna, cette suite de questions vise à exploiter l’explosion pour asseoir une « supériorité morale » de l’appareil d’Etat et de l’entreprise TERNA (qui est en charge des travaux et de gérer l’immeuble), alors que les témoignages montrent que peu de démarches ont été entreprises pour réparer l’immeuble ou transmettre les informations nécessaires aux résident.e.s. Il continue en déclarant que des études montrent qu’il aurait été possible de réparer les dégâts à l’immeuble en 20 jours, mais que rien n’a été fait en 1 an et demi, dans une tentative d’exploiter politiquement l’incident, de souligner et stigmatiser l’ennemi intérieur, pour créer une image déformée des dégâts à l’immeuble et des dangers qui en suivent.
Marianna a ensuite fait sa déclaration. Elle s’est de nouveau excusée auprès des résident.e.s de l’immeuble. Elle a déclaré que le compagnon Kyriakos Xymitiris n’aurait jamais voulu mourir ni que quiconque souffre, qu’il avait toujours lutté pour la vie. Elle a déclaré que c’était la raison pour laquelle elle était dans l’appartement, pour que l’on ne subisse pas l’injustice qu’elle et les autres accusé.e.s subissent. Elle a souligné la contradiction entre le rejet de la demande d’avoir un procès pour crime politique (au jour 1) et les questions posées aux témoins, qui sont elles à caractère politique (et particulièrement les questions au fils du propriétaire de l’appartement où a eu lieu l’explosion, sur la relation des accusé.e.s au militantisme, aux pratiques illégales, à la nature de leur idéologie, etc). Elle a répété que c’était un procès politique.
Dans les points qui sont apparus dans les questions aux témoins du jour, on peut noter que le procureur a demandé au fils du propriétaire (qui a donné les clés de l’appartement à Dimitra) si l’application qu’il utilisait pour communiquer avec la compagnonne Dimitra nécessitait un numéro de téléphone [sur Signal]. Le président de la cour a déclaré qu’il « avait mémorisé » les communications écrites de Dimitra avec le fils du propriétaire, rajoutant que « les jeunes d’aujourd’hui ne passent plus d’appels mais communiquent par internet ». La femme du propriétaire a déclaré que l’appartement était seulement utilisé par son fils une ou deux fois par an, quand il revenait de l’étranger où il vit et travaille. Le président de la cour l’a questionné sur la relation de son fils avec Dimitra et Dimitris, d’autres questions pour tenter de peindre négativement Dimitra, tandis que la femme du propriétaire a déclaré que la police anti-terroriste lui avait mis la pression pour savoir qui était dans l’appartement. Le fils du propriétaire a été questionné sur l’utilisation de Signal et de conversations par messages éphémères pour communiquer avec Dimitra, sa relation avec elle, sur l’utilisation par Dimitra du mot « compagnons », sur ses idées et idéologies politiques, sur s’il savait que Dimitra était « très militante », sur si lors de leurs études ensemble iels avaient appris à fabriquer des bombes.
L’avocat de Dimitra a soumis des documents témoignant de sa trajectoire politique et académique, précisant que cela n’inclut ni antécédent judiciaire ni aucune connexion avec des activités illégales.
L’interrogatoire du témoin, à l’aide de l’agencement de l’appartement et le fait que Marianna a été retrouvée à 3 ou 4 mètres de là où a eu lieu l’explosion montrerait qu’elle n’aurait pas pu être impliquée dans la manipulation qui a causé l’explosion de l’engin, puisqu’elle était dans une autre pièce.
Les avocat.e.s de Nikos Romanos ont déclaré que, pour l’instant, rien ne l’impliquait ni le concernait dans le sujet des débats, ce qui montre que la charge liée à l’explosion pour laquelle il était initialement poursuivi a notamment été liée à des fake news dans les médias. Il a été fait référence au fait qu’un témoin a précisé qu’il ne reconnaissait aucun.e accusé.e, mais qu’il avait déjà vu Nikos Romanos à la télévision, ce qui a été exploité et utilisé par l’Etat et les médias pour servir leur communication sur l’affaire. Son avocat et celui de A.K. ont tous les deux précisé que ce n’était pas une coïncidence si les deux accusés ont été amenés pour une déposition au moment même de l’annonce d’une compensation financière pour les résident.e.s de l’immeuble, servant à créer une image négative d’eux, et à monter une affaire pour l’exploiter politiquement contre les deux accusés.
3ème audience – 03/04/2026
La journée a débuté par l’audition du dernier témoin à charge, un autre propriétaire d’un appartement de l’immeuble. Il a notamment été questionné sur la question de la stabilité de l’immeuble, l’avancée des travaux (les annonces des autorités publiques n’auraient été entreprises qu’à 30%, aucun des travaux prévus dans le rapport d’urbanisme n’aurait été réalisé dans les 20 jours, la restauration complète de l’immeuble était prévue dans un délai de 9 à 12 mois, ce qui n’a pas été fait 17 mois plus tard).
La procédure s’est poursuivie par l’examen des pièces versées au dossier. Cela inclut des rapports d’experts et études sur l’état de l’immeuble ou des travaux à y apporter, un document médical détaillant les blessures de Marianna, l’analyse des images de vidéosurveillance de l’immeuble… L’avocate de Dimitra soulignant que ce dernier rapport n’avait pas été produit par l’autorité compétente, celui-ci provenant de la police antiterroriste, et contenait de nombreux jugements, analyses et réflexions dépourvues de fondement scientifique. L’avocat de Dimitris a simplement souligné que son client n’était mentionné dans aucun des documents du dossier.
Les avocats de Nikos Romanos ont cité des rapports d’expert sur les empreintes digitales, développant que les documents concernant les empreintes digitales de Nikos [trouvées dans un sac] étaient insuffisants et incomplets. Les demandes de remise en liberté de Romanos et A.K. (aux 6 mois et 12 mois de détention provisoire) auraient été refusées au motif qu’aucune autre empreinte digitale n’avait été trouvée dans le sac outre les leurs, ce qui a plus tard été prouvé comme faux lorsque d’autres empreintes y ont été découvertes. Ils ont développé que le document n’était basé que sur des suppositions, et que l’analyse de ces empreintes ne se base sur aucune rigueur ou logique scientifiques, et ne suit pas la logique de l’étude de celle-ci comme preuve dans une enquête. Il a été souligné à plusieurs reprises qu’il était absurde de déposer une arme parfaitement propre sans aucune empreinte ni ADN, puis d’attraper un sac [la transport] à pleine main en y laissant ses empreintes. La défense a conclut que rien n’incrimine Nikos Romanos dans le dossier, mais que celui-ci contient des photographies de toute sa vie sans aucun lien avec l’affaire judiciaire.
Le compagnon Nikos Romanos a déclaré :
Il existe un conflit entre la réalité objective et la loi du persécuteur, dont la logique est la suivante : plus la réalité ne leur convient pas, tant pis pour elle. Dès le premier instant de mon arrestation, l’accusation a été constamment transformée, s’adaptant à chaque fois aux besoins du parquet et non aux faits, dans un contexte d’incrimination permanente. Ainsi, on crée des récits contraires à la réalité, qui, elle, ne change jamais et demeure immuable.
L’avocat d’A.K. a de façon similaire développé que l’empreinte digitale est le seul élément du dossier qui concerne A.K, et a souligné des arguments similaires, ainsi qu’il existait une dizaine de documents disculpant A.K., pourtant éclipsés par l’accusation.
De nouveaux documents ont ensuite été versés aux dossiers (des photographies de l’immeuble à différents moments, un plan corrigé de celui-ci, des références à des analyses chimiques de la matière explosive, des documents sur la thèse de Marianna révélant que le “plan de fabrication de bombes” présenté par l’antiterroriste n’était qu’un projet d’études, des documents sur le parcours universitaire et professionnel de Dimitra, des documents administratifs de Nikos Romanos, un rapport sur l’analyse d’empreintes, d’autres documents concernant le sac où ont été retrouvées les empreintes…).
Avant le début de l’audition des témoins de la défense, la compagnonne Marianna est intervenue :
« Le premier jour, alors que j’étais encore inconsciente aux soins intensifs de l’hôpital Evangelismos, les services antiterroristes ont procédé à un prélèvement d’ADN, sans mon consentement et, bien sûr, sans que je puisse réagir. Tous mes droits ont été bafoués.
Durant mon hospitalisation, une nuit, j’ai reçu la visite des services antiterroristes. Entrés dans ma chambre avec l’autorisation d’une infirmière, ils m’ont retiré mon masque à oxygène, m’ont parlé et ont tenté de m’extorquer des informations. Je relate ces faits afin que l’on comprenne comment les services antiterroristes traitent les opposants politiques.
Mon hospitalisation s’est poursuivie avec la porte de ma chambre d’isolement ouverte. Même pendant les examens médicaux, la porte restait toujours ouverte et des policiers étaient constamment présents.
Le jeudi 14 novembre 2024, j’ai subi ma dernière intervention chirurgicale pour retirer des fragments de mon visage. J’avais une plaie ouverte. Le lendemain, le 15 novembre, j’ai été transféré à Korydallos, alors que j’étais encore sous l’effet de l’anesthésie. Nous connaissons tous les conditions déplorables qui y règnent et le risque d’infection de ma blessure.
Enfin, je tiens à évoquer le traitement inhumain infligé aux parents de Kyriakos par la police antiterroriste. Dès le jour de l’accident, cette police a refusé de coopérer et leur a menti en affirmant que ce n’était pas leur enfant [qui était décédé].”
À ce moment-là, dans le hall du tribunal, juste devant la salle d’audience, la tension est montée entre les manifestant.e.s solidaires et les policiers, ce qui a donné lieu à une brève altercation. La tension, le tumulte et la force des slogans n’ont pas épargné le procès. Des compas présent.e.s dans la salle ont protesté et ont exigé que la cour prenne position, en imposant des limites à l’action de la police et en autorisant davantage de personnes solidaires à entrer dans la salle d’audience.
L’audience s’est poursuivie avec l’audition des témoins de la défense. Le premier témoin était le père de la compagnonne Marianna, le second la mère de Kyriakos. Les deux ont été notamment questionnés sur le caractère et la personnalité de Marianna et Kyriakos, leurs relations, leurs réactions à l’événement, d’éventuelles mentions par l’un ou l’autre de la lutte armée. L’un des enjeux, notamment pour la défense, est de démontrer que si Kyriakos et Marianna pensaient qu’il y avait un risque d’explosion, de dommages à l’immeuble et de mise en danger de vies humaines, ils n’auraient pas agi ainsi, et donc à disculper l’intention volontaire liée à l’explosion insinuée par l’accusation. Plusieurs questions reviennent sur la vie de Kyriakos et Marianna ensemble, sur leur rencontre et ce qu’iels faisaient à Berlin.
Après l’interrogatoire du père de Marianna, cette dernière a fait la déclaration suivante :
“Je voudrais ajouter que j’ai moi aussi travaillé comme femme de ménage à Berlin, nettoyant des maisons et des commerces. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui ont pu me soutenir, contrairement à d’autres. Lorsque je n’avais pas ce soutien, j’ai exercé d’autres métiers. Ce ne sont ni le graphisme ni les diplômes qui me définissent.
Vous m’avez également demandé si mon compagnon et moi-même étions des personnes violentes. La violence est un phénomène quotidien dans notre société. Nous sommes confrontés à la violence partout, et il y a cinq minutes, nous étions témoins d’une manifestation violente (en référence aux tensions entre les forces de l’ordre et les manifestants solidaires juste devant la salle). Je ne prends pas mes distances avec la violence, et je ne condamne ni la légitime défense ni la lutte contre la violence. Dans le monde actuel, des gens meurent dans des collisions ferroviaires, des migrants se noient dans les ports, et des personnes meurent lors de contrôles d’identité.
Il est impossible d’exclure la violence venant d’un camp et de la condamner, tout en légitimant celle venant de l’autre. L’objectif est d’éradiquer la violence à la racine.
Je ne saurais qualifier de violente une personne qui choisit la lutte révolutionnaire ou la lutte armée. Je la qualifierais plutôt d’antiviolente.”
Deuxième témoin de la défense, la mère de Kyriakos Xymitiris a déclaré :
“Notre fils Kyriakos a toujours été tourné vers le bien. Il se souciait de tous et les appréciait, sans hiérarchie, et ce qui l’intéressait, c’était l’être, non l’apparence. Il avait à cœur d’aider, de prendre soin de tous, de soutenir, d’écouter, et de donner. Il célébrait la vie chaque jour, par de petits et de grands gestes difficiles. Car c’est ce que nous faisions dans notre famille.
Avec nous, il a appris à partager, à donner, et malgré ses difficultés, il a compris que notre famille fait partie d’un tout : nous faisons partie de la société – qui souffre souvent. Il a appris que nous sommes unis. Nous luttons toujours pour la justice et l’égalité, et nous apportons notre contribution de toutes les manières possibles.
Dans notre vie tumultueuse, son père soignait les malades – il était médecin au sein du Service national de santé – et moi, sa mère, j’accueillais des étudiants et les aidais à trouver leur place dans le vaste monde d’aujourd’hui ; j’étais enseignante dans les écoles publiques.
En grandissant, il recevait de partout des messages confirmant qu’il devenait une personne chaleureuse et pleine de vie. Il réussit ses examens et entra à l’Institut polytechnique d’Epsom (PA.PEI.) en informatique, tout en travaillant. Ainsi, lorsqu’il décida de suivre des cours dans un établissement privé d’enseignement supérieur en sociologie, il en avait les moyens. Il fut ensuite admis à l’Université libre de Berlin, où il s’installa pour étudier. Il obtint son diplôme avec mention, tout en travaillant pour ne pas peser sur les finances familiales.
Mais il observait le monde qui l’entourait. Il voyait et ressentait la souffrance des gens, rongés par l’angoisse du quotidien, les difficultés économiques, l’exploitation des puissants, le racisme, la menace des guerres – tous ces fléaux qui, malheureusement, n’ont jamais été épargnés à l’humanité. Et face à tout cela, il prit position.
Il choisit de se battre. Il apporta son soutien aux personnes souffrant de problèmes de santé, de logement et aux migrants pour faciliter leur intégration. Il participa à des collectifs, à des marches contre le racisme et contre la loi du plus fort. Pour Kyriakos, il n’y avait pas de « nous » et « les autres », il n’y avait que l’ENSEMBLE. Car il aimait apprendre, lire, élargir ses horizons, faire des liens et, par la discussion, parvenir à de nouvelles conclusions, sans pour autant devenir intransigeant ni dogmatique.
Mais aujourd’hui, il n’est plus parmi nous. Son absence est une perte immense pour son père et moi. Les jours passent, mais mais certains instants restent gravés dans nos mémoires. Nous luttons au quotidien. Nos vies se sont scindées en deux : AVANT, le jeudi 31 octobre 2024 à 14h40, et APRÈS, le jeudi 31 octobre 2024 à 14h40.
Ce que je garde désormais dans mon cœur, c’est sa compagne bien-aimée, son âme sœur, Marianna. Car ces deux enfants se ressemblent beaucoup. Comme Kyriakos, Marianna est une âme rare, dotée d’un regard sensible, de sagesse, d’amour et d’honnêteté, et d’une présence inlassable là où on a besoin d’elle. Avec dignité et constance.
Je ne suis pas venu ici pour juger le fils. Je suis ici pour vous transmettre son image et ressentir sa présence. Après tout, il a assumé ses responsabilités avec un courage exemplaire. Cette lumière qui nous parvient aussi, à nous ses parents, comme un rayon, tente de combler les failles du temps. Ce sont ses amis, ses amies, ses compagnons, un mot prononcé avec tant de suspicion. Des enfants qui auraient pu vivre une vie facile et insouciante, mais qui ont choisi de se battre, de revendiquer, de partager la douleur des autres, et qui se tiennent côte à côte, solidaires. Tout comme l’était notre fils. Je suis heureux de sentir que mon fils a vécu et vit pleinement parmi eux. Ainsi, son absence devient une présence.”
Le témoin suivant de la défense était Anastasis Manioudakis, fils de Kostis Manioudakis, assassiné par la police à Chania le 01/09/2023 :
« En 2015, nous avons rencontré Marianna par l’intermédiaire d’ami.e.s en commun. Elle a été l’une des personnes qui m’ont beaucoup aidé à mon arrivée à Athènes. Nous avons tissé des liens très forts. Ces liens se sont renforcés lorsque, le 1er septembre 2023, quatre policiers du commissariat de Souda ont assassiné mon père à La Canée. Sans des personnes comme Marianna, l’affaire de mon père aurait été étouffée, comme c’est malheureusement souvent le cas. Dès les premières constatations après le décès de mon père, l’absence de blessures mentionnée sur le certificat de décès, puis la fuite d’informations dans les médias locaux avant même que je n’en sois informée, fuite qui contenait même des mensonges, comme celui selon lequel mon père serait mort lors d’un contrôle routier aléatoire à la VOAK (Voice of Athens), alors qu’il est décédé menotté lors d’un contrôle au commissariat sur la route provinciale Fre-Vryssa. Maître Kampagiannis, qui est avocat de la défense dans cette affaire, peut confirmer mes dires.
Quatre mois plus tard, un rapport médico-légal confirme nos dires. Huit mois plus tard, des poursuites pénales sont engagées contre les quatre policiers pour « meurtre avec préméditation, commis en pleine possession de ses facultés mentales et en complicité ». Et rien n’a été fait. Notre sentiment d’injustice est étouffé. Dix-huit mois plus tard, l’enquête n’a toujours pas commencé, faute de temps. Je n’ai pas constaté le même problème dans l’affaire d’Ampelokipi, lorsqu’ils ont prélevé l’ADN de Marianna alors qu’elle était inconsciente. Un traitement radicalement différent de celui réservé aux quatre policiers qui ont assassiné mon père.
Tout ceci est véridique, et sans des personnes comme Marianna, l’affaire aurait été classée sans suite. Après un tel drame, les relations amicales et complices prennent une toute autre dimension. On ne peut pas présenter Marianna comme une personne asociale, elle qui est toujours prête à rendre service. Il en va de même pour notre compagnon immortel, Kyriakos Xymitiris. Les véritables éléments antisociaux, ce sont les policiers qui ont tué mon père.
Marianna a soutenu la cause de mon père sans réserve. »
Il lui a notamment été posé des questions sur les intentions supposées de Kyriakos et Marianna, sur leur personnalité, sur leurs idées… Au cours desquelles Anastasis a déclaré qu’il « n’avait aucune idée [de pourquoi Kyriakos fabriquerait une bombe] mais quoi qu’il ait eu l’intention de faire, cela aurait été bénéfique pour la société dans son ensemble. Il n’y avait aucune chance qu’ils blessent un être vivant. », qu’il ne sait pas [qui est habilité à nous dire ce qui est bon pour la société] mais « certainement pas le pouvoir judiciaire, peut-être le peuple, c’est pourquoi il vaut mieux que de telles affaires soient jugées par des jurys mixtes. », que « Certaines choses qui se passent au sein de la société peuvent pousser une personne à faire ce genre de choix. Quant à notre compagnon immortel Kyriakos Xymitiris, je suis certain qu’il n’avait pas l’intention de nuire à qui que ce soit. » et que une bombe peut servir à « ettre un frein aux cannibales qui nous imposent comment nous devons être, comment nous devons nous comporter, et qui dissimulent tous ces crimes. C’est une forme d’action, cela ouvre le dialogue, car on ne peut plus continuer ainsi. C’est une méthode choisie par un combattant armé pour obliger les centres du pouvoir à se remettre en question. »
Il a ensuite développé la participation de Kyriakos et Marianna dans les luttes pour les migrant.e.s, contre la gentrification, pour la défense d’Exarcheia, et l’aide que les deux compagnon.ne.s ont apporté par rapport à l’affaire du meurtre de son père.
La dernière témoin de la défense était la compagnonne anarchiste Dimitra Valavani, elle-même arrêtée et poursuivie par la police anti-terroriste il y a quelques années [pour avoir aidé les compagnons anarchistes Giannis Michailidis et Konstantina Athanasopoulou lors de leurs évasions de prison].
Le tribunal l’a interrompue dès le début, justifiant son intervention par le fait qu’« il ne s’agit pas de juger des idéologies, mais des actes précis ». Le président Georgouleas a tenté à plusieurs reprises d’orienter le débat vers les actions et les accusations, sans toutefois aborder le contexte politique à l’origine des poursuites engagées par le service antiterroriste, contexte dans lequel s’inscrivent également les pratiques de ce service.
Elle a déclaré qu’elle était « ici en tant qu’anarchiste, pour témoigner des persécutions et des tortures infligées par la police antiterroriste, à l’instar de ma compagnonne Marianna. Je suis également ici pour défendre la mémoire du combattant armé anarchiste Kyriakos Xymitiris. Je n’ai pas eu la chance de rencontrer Marianna et Kyriakos personnellement, mais j’ai appris à les connaître après le 31 octobre à travers leurs choix politiques. Avec Marianna, nous sommes liés par la persécution dont nous sommes toutes deux victimes de la part de la police antiterroriste, une institution qui gonfle les accusations et fabrique des dossiers en se basant sur des hypothèses, et je crois que c’est également le cas ici. »
Elle a ainsi pu développer des choix politiques liés à l’anarchisme, malgré les tentatives d’interruptions répétées de la cour et du procureur, sur sa propre affaire, pour appuyer des méthodes habituelles de l’antiterrorisme, ou encore que l’idéologie anarchiste exclurait toute possibilité d’intention de mettre en danger à des personnes, évoquant l’histoire d’organisations de lutte armée et de guerillas anarchistes en Grèce.