Initialement publié sur stuut le 08/01/2026.
Le week-end dernier, pour montrer leur soutien aux personnes détenues et manifester leur opposition à l’État carcéral, un groupe de camarades s’en est allé balader autour du centre fermé et de la prison de Merksplas.
Une promenade décidée en suite de la répression par les gardiens et la direction du centre fermé, où les personnes détenues ont été fouillées et certaines mises au cachot pour avoir osé s’organiser collectivement pour contester leur enfermement indigne et pour entamer ensemble une grève de la faim. Face à cette tentative d’étouffer leur résistance, ils n’ont pas baissé les bras, et certains sont en grève de la faim depuis le 30 décembre 2025.
Au centre fermé, les mégaphones n’ont pas servi à grand chose face aux murs épais. Selon un contact à l’intérieur, les gardiens ont empêché les gens de sortir dans la cour intérieure ou de se rapprocher d’autres lieux où les voix des manifestant.es étaient audibles, les enfermant dans leur chambre, tapant sur certains. On nous voyait, mais il n’y avait aucun moyen d’entrer en contact. Le numéro de Getting the Voice Out a été communiqué dans plusieurs langues, mais le collectif n’a pu communiquer avec de nouvelles personnes dans le centre fermé.
En revanche, deux personnes détenues dans la prison qui jouxte le centre fermé ont réussi à capter le numéro et à appeler avec un téléphone fixe commun. Une personne d’origine maghrébine risque d’être expulsée ce samedi. Sans accès à un GSM, le contact avec des personnes à l’extérieur est difficile voir impossible. En quittant la ‘Colonie,’ en passant à coté de la prison, les personnes venues exprimer leur solidarité pouvaient entendre les personnes détenues frapper sur les fenêtres, et ont crié leur soutien en retour.
Lutter contre les centres fermés implique aussi de lutter contre les prisons. Les deux types de taule reposent sur une logique de criminalisation, de contrôle et de punition des personnes, très majoritairement des personnes racisées. Les deux privent les personnes de leur autonomie et de leur intimité, les deux nient leur liberté de circulation. Les deux sont des pièces différentes d’une même machine à expulser.
Après seulement 25 minutes, plusieurs voitures de police ont débarqué et bloqué les sorties, exigeant de contrôler l’identité de tout le monde bien qu’iels étaient sur le départ. Un camarade a été arrêté administrativement et incarcéré arbitrairement 8 heures sans qu’on connaisse le motif. Manifester pacifiquement dans l’espace public, même de manière solidaire et symbolique, contre l’État raciste et carcéral est déjà traité comme un acte criminel.
Continuons la lutte et multiplions les stratégies face aux murs et à la police qui constituent et protègent les rouages de la machine à enfermer et déporter !
Lire / Écouter +
Article – Répression et grève de la faim collective au centre fermé de Merksplas – GVO
Article – Centres fermés : le soin sous tutelle de la répression – GVO
Zine – Liberté pour Hamidou – Maison de la Fierté
Zine – Morceau de l’histoire de Fathi (depuis Vottem) – GVO
Livre – Pourquoi faudrait-il punir ? Sur l’abolition du système pénal – Catherine Baker