Publié par le Comité pour la Libération d’Ali sur instagram, le 08/06/2026.
Ce lundi 8 juin, la Cour d’Appel de Paris a confirmé la décision du Juge de la Détention et des Libertés concernant le prolongement de 6 mois de la détention préventive d’Ali, réfugié palestinien incarcéré depuis plus de deux ans, sur la base d’accusations israéliennes. La justice française a rendu son verdict : Ali reste incarcéré pour la troisième année consécutive, sans procès.
Nous rejetons fermement cette décision, et soulignons qu’elle illustre une nouvelle fois la complicité flagrante de la France avec un état génocidaire, colonial, dont la violence continue de s’abattre à Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Syrie et en Iran.
La campagne pour la libération d’Ali continuera de lutter pour sortir Ali des prisons françaises, et appelle toutes les organisations, groupes et militant.e.s solidaires du peuple palestinien et des réfugié.es poursuivi.es et criminalisé.es par la forteresse Europe à amplifier les actions de soutien à Ali, et à tous.tes les palestinien.nes en exilincarcéré.es et réprimé.es en Europe, aux Etats-Unis et aileurs.
Déclaration d’Ali, le 05/06/2026, sur instagram.
JE SUIS VOTRE FRÈRE ALI, LE PALESTINIEN
Salutations à toutes les personnes libres, mes salutations à vous toutes et tous.
Salutations à chaque personne qui croit encore que l’injustice n’est pas une fatalité et qu’aucune nation ni autorité n’a le droit ni le pouvoir d’écraser la dignité humaine.
Salutations à la Palestine opprimée, à ses enfants qui n’ont jamais vécu ne serait-ce qu’une journée normale et qui n’ont jamais pu connaître les droits les plus élémentaires de l’enfance :
Pas de sécurité, pas de foyer, pas d’avenir clair… seulement la peur, le blocus et la mort qui les attend chaque matin.
Je suis votre frère Ali, le Palestinien.
Depuis plus de deux ans aujourd’hui, je suis détenu dans les prisons françaises.
Deux années de souffrance, de douleur et d’interrogations.
Chaque jour, je me demandais : comment un pays peut-il devenir complice de l’injustice infligée à une personne qui s’est tournée vers lui en quête de protection ?
Je suis un homme dont il a été reconnu qu’il était menacé et persécuté par Israël, et pourtant… À la demande d’Israël lui-même, j’ai été emprisonné et séparé de mes enfants.
Je n’aurais jamais imaginé, alors que je cherchais la sécurité, que l’entité qui a tué mon frère et m’a privé de mon enfance serait la même qui déciderait de mon sort, même par delà les frontières.
En prison, j’ai appris une chose amère :
Il suffit d’être Palestinien pour devenir suspect.
Mais aujourd’hui, je ne suis pas ici pour demander la pitié de qui que ce soit.
Je suis ici pour dire que le peuple palestinien mérite de vivre, mérite la justice. Que nous méritons de vivre auprès de nos enfants sans peur, sans blocus, sans être traité comme des criminels simplement parce que nous sommes nés Palestiniens.
Nous ne demandons pas l’impossible.
Nous demandons ce que tout être humain sur cette planète demande :
La liberté… La dignité… Et la justice.
Et si ce monde a perdu une partie de son humanité, nous sommes ici aujourd’hui pour lui rappeler que l’humanité vit encore dans la voix des femmes et des hommes libres.
Liberté pour la Palestine…
Miséricorde pour les martyrs…
Et dignité pour tous les opprimés.
Votre frère Ali, prisonnier palestinien sur les terres françaises