Publié sur Marseille Infos Autonomes le 16/06/2026
Aux premières heures du 13 juin, nous avons placé une plaque d’allume-feu sur le pneu avant d’une camionnette de l’entreprise Equans, rue Camille Desmoulins à Saint-Martin-d’Hères (Isère)
Cette société fait partie du groupe Bouygues et possède des filiales dans l’énergie nucléaire et la défense (comme cité ici)
De 2019 à 2025, une filiale d’Equans (Axima) a remporté 800 000 € en appels d’offres pour des travaux, la maintenance et l’entretien dans 3 CRA. 4 millions pour les postes de tir de la police de Paris et plusieurs millions pour le travail et l’entretien des commissariats dans toute la France.
Nous profitons de l’occasion pour citer plusieurs passages du numéro 64 de la revue L’Envolée :
« En prison, avec l’ouverture de quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) à Vendin-le-Vieil et Condé-sur-Sarthe, on passe aussi un cap dans l’horreur carcérale. Pas d’UVF, peu d’appels téléphoniques, pas de confidentialité des courriers aux avocats et pas de contact physique avec les proches à cause des parloirs hygiaphones. Tout pour couper les prisonniers du monde ! En plus d’intensifier la torture blanche, cet isolement laisse les mains libres aux matons. Et au mitard du QLCO de Condé, le matin, les prisonniers entendent des matons gueuler : « Ici, c’est chez nous ! Ici, c’est le IIIe Reich ! Les nazis, c’est nous ! » Alors là, du fin fond des prisons, on sent bien que le fascisme est déjà là. »
« 80 % des prisonniers en QLCO sont en détention provisoire. La fonction de ces quartiers est avant tout de faire avancer les instructions en poussant les prévenus à cracher le morceau. Ce dispositif est inspiré du statut de repenti tel qu’il est pratiqué dans les prisons italiennes sous le régime 41bis : pour en sortir, il faut balancer et mettre quelqu’un à ta place ! Les QLCO deviennent ainsi un maillon central de l’appareil judiciaire : il s’agit de faire subir des conditions horribles aux prisonniers pour leur arracher des aveux. »
« En août 2025, un mois après l’ouverture du QLCO de Vendin, les prisonniers ont entamé des mouvements collectifs. Ils se sont organisés pour inonder les coursives, taper dans les portes et tenter d’obtenir des extractions médicales. En septembre, plusieurs dizaines d’entre eux ont fait une grève de la faim. À Condé aussi, les prisonniers ont commencé des mouvements. En janvier, ils ont tapé et inondé les coursives, et la direction a décidé de couper l’eau aussi sec. Certains rendent d’eux-mêmes tout ce que l’AP pourrait leur enlever – télé, frigo… –, ou même arrêtent de cantiner pour réduire le pouvoir de l’administration en lui retirant tout moyen de pression. »
« En mettant en avant les échos des luttes qui parviennent à franchir les murs de ces nouveaux quartiers, on veut montrer leur importance et inviter à soutenir ces combats. Il est d’autant plus nécessaire de diffuser cette parole collective qu’il est difficile et dangereux pour les personnes enfermées de la faire sortir. »
Soutenons les luttes carcérales depuis l’extérieur, par tous les moyens disponibles
Solidarité avec toutes les personnes emprisonnées
Crève la taule, Crame leurs constructeurs
Une pensée pour Kam, compagnonne menacée d’extradition pour l’Italie
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