Initialement publié sur ricochets le 14/06/2026
La guerre se fabrique près de chez nous, en secret, par la bande ou au grand jour, dans les entreprises duales, les PME, les multiples sous-traitants…, et aussi via la propagande militariste dans les médias dominants,les établissements scolaires et les défilés militaires transformés en spectacles pour grands et petits enfants.
Cartographie du complexe militaro-industriel — Drôme & Ardèche
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Un outil pour les luttes
La Libre Pensée Drôme-Ardèche met à disposition des forces du mouvement social — syndicats, associations, collectifs, militant·es — cette cartographie du complexe militaro-industriel sur nos territoires. Elle est conçue comme un outil commun, librement utilisable, reproductible et diffusable.
L’objectif est simple : rendre visible ce qui se cache dans l’ordinaire des zones industrielles, des lycées, des casernes et des commissariats. Nommer les entreprises, les infrastructures, les dispositifs. Relier les faits locaux aux logiques mondiales. Donner aux luttes antimilitaristes une base documentaire concrète.
–Le complexe militaro-industriel Drôme-Ardèche – Guerre à la guerre !
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La guerre se fabrique ici
La Drôme et l’Ardèche ne sont pas des territoires neutres. Uranium enrichi au Tricastin, combustible nucléaire à Romans, actionneurs de Rafale à Châteauneuf, drones exportés depuis Valence, blindés équipés en Ardèche — la chaîne qui relie nos territoires aux guerres contemporaines est réelle, documentée, cartographiable.
Le complexe militaro-industriel ne se limite pas aux usines d’armes. Il englobe l’armée, la police, le renseignement, les dispositifs d’encadrement de la jeunesse, les politiques sécuritaires. Dès 1961, Eisenhower alertait sur cette fusion entre pouvoir militaire et intérêts économiques. Aujourd’hui, cette logique traverse la société entière.
Dans un contexte de réarmement mondial — guerre en Ukraine, génocide à Gaza, conflits au Sahel et au Soudan — la militarisation n’est plus une exception. C’est une orientation politique durable, financée par l’argent public au profit d’intérêts privés. La LPM 2024-2030 engage 413 milliards d’euros sur sept ans. Ce sont nos impôts. Ce sont les dividendes de Safran et Thales. C’est l’austérité que nous subissons pendant ce temps dans les hôpitaux, les écoles, les services publics. L’économie de guerre, nous en payons déjà le prix.
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Construire le mouvement le plus large possible
Face à la marche à la guerre et à la militarisation de la société, aucune organisation ne peut agir seule. C’est un mouvement unitaire, le plus large possible, qui peut barrer la route à cette logique — syndicats ouvriers, mouvements de jeunesse, associations pacifistes, réseaux féministes, collectifs antinucléaires, forces politiques de gauche et d’extrême gauche.
Cette cartographie est une contribution à ce front commun. Elle n’appartient à personne en particulier. Elle appartient à toutes celles et ceux qui refusent que la guerre devienne normale, que nos territoires soient les arrières d’une économie qui tue.
L’unité ne suppose pas l’unanimité. Elle suppose de regarder ensemble ce qui se passe, de nommer les mêmes réalités, de construire des ripostes communes. Cette carte est un point de départ.
L’économie de guerre, nous en payons déjà le prix.
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Un projet collaboratif, en construction
Ce travail n’est pas terminé
Nous travaillons déjà à une version pleinement collaborative de cette cartographie, intégrée à une plateforme ouverte de type Umap, permettant à chacun·e de consulter, enrichir et mettre à jour les données en temps réel.
Si vous souhaitez participer, si vous disposez d’informations qui ne figurent pas encore dans la base de données — une entreprise, un contrat, un dispositif, un recrutement militaire dans un lycée, un projet d’une nouvelle classe défense — nous sommes preneurs.
Toute contribution, même partielle, renforce l’outil collectif. Toute correction améliore la précision documentaire. Toute information partagée est une résistance concrète à l’invisibilisation organisée du complexe militaro-industriel.
L’économie de guerre, nous en payons déjà le prix.
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Nommer les choses
On ne parle pas souvent de la Drôme et de l’Ardèche comme de territoires de guerre. Pourtant, c’est ici que se fabrique une partie des armes qui tuent. C’est ici que l’uranium est enrichi pour alimenter la dissuasion nucléaire. C’est ici que des blindés sont équipés avant d’être déployés au Mali, en Centrafrique, en Ukraine. C’est ici que des drones sont assemblés avant d’être exportés vers des guerres que nous ne choisissons pas.
La guerre n’est pas loin. Elle se fabrique dans les zones industrielles de la vallée du Rhône, dans les usines de Romans, dans le complexe nucléaire du Tricastin. Elle se fabrique par des travailleurs qui, pour la plupart, n’ont pas choisi cette dépendance, elle leur a été imposée par des décennies de choix politiques concentrant l’investissement public sur l’armement et le nucléaire, au détriment de tout le reste.
Nommer ce complexe militaro-industriel, c’est le premier acte politique. C’est refuser la neutralité des zones industrielles, la technicité désincarnée des composants, l’invisibilité organisée de la chaîne qui relie une pièce usinée à Chomérac à un blindé déployé dans une guerre que nous ne choisissons pas.
Voir en ligne : Le complexe militaro-industriel Drôme-Ardèche – Guerre à la guerre !
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Des actions directes contre des entreprises d’armements
On observe que des actions contre des fabricants d’armes ou de composants pour armements se multiplient en France, exemples récents :
- A Marseille, une attaque a visé le fabricant d’armes Eurolinks, connu notamment pour vendre du matériel de guerre à Israël.
- Guerre à thales : une action pour interpeller les salarié·es du sous-traitant Nicomatic – Dans la nuit du 31 mai au 1er juin, des activistes antimilitaristes se sont introduit·es sur un site de Nicomatic, sous-traitant de Thales, pour une action de communication visant à mettre en lumière auprès des salarié·es les activités de leur entreprise liées à l’armement. (…) C’est pourquoi, dans la nuit du 31 mai au 1er juin, une douzaine d’activistes antimilitaristes se sont introduit·es sur le site de Nicomatic à Saint-Cergues (74), pour une simple action de communication (stickers, flyers, tags) visant à mettre en lumière les activités liées à l’armement de leur entreprise.
Cette action aborde le sujet avec un angle plutôt original pour dénoncer les agissements du sous-traitant : celle d’interpeller ses employé·es.
Stickers et flyers laissés sur place contiennent un QR code qui renvoie vers une vidéo leur étant adressée. Inspiré du manuel de sabotage en entreprise de la CIA, on y entend une invitation à ralentir voire saboter les activités de leur entreprise, et prendre du recul sur les heures de leurs vies dédiées à soutenir une industrie qui ne sauve pas, mais tue.
À la fin de la vidéo, une question leur est posée : « La Guerre commence ici. Avec… ou sans vous ? » - Haute-Savoie : des arrestations lors d’une action contre l’industrie de l’armement – 13 activistes violemment interpellé·es sur le site de l’entreprise Nicomatic, complice de Thalès : communiqué