Volé dans la presse du 07/06/2026
Des heurts ont opposé samedi en Bolivie manifestants et policiers, dont quatre blessés par «arme à feu» selon la police, dans un village du département de Santa Cruz (est) où les forces de l’ordre cherchaient à débloquer une route.
Depuis plus d’un mois, le président Rodrigo Paz fait face à des manifestations, accompagnées de barrages routiers, organisées notamment par des paysans et des ouvriers qui tiennent le dirigeant de centre droit pour responsable de la crise économique que traverse le pays.
Des dizaines de membres des forces de l’ordre, appuyés par des véhicules militaires, étaient arrivés tôt samedi sur une route du village de San Julian. Ils ont tiré des gaz lacrymogènes pour dégager la route dans le centre de Santa Cruz, riche région agricole. Les manifestants ont riposté à coups de pierres et de bâtons, et ont brûlé des pneus et des troncs d’arbres pour empêcher l’avancée des policiers.
Six policiers ont été blessés, dont quatre par «arme à feu», ce qui a entraîné la riposte des forces de l’ordre, a déclaré à la presse le chef de la police de Santa Cruz, le colonel David Gomez. Selon le Défenseur du peuple (ombudsman), 14 civils sont eux aussi blessés.
Le ministre du Développement productif, Mario Justiniano, a souligné que la route, qui a été partiellement rouverte, était stratégique pour le transport de denrées alimentaires. La veille, la police et l’armée ont débloqué une route essentielle pour l’approvisionnement en nourriture de La Paz et de sa voisine El Alto, asphyxiées par plus d’un mois de manifestations.
Les villes de La Paz et d’El Alto, ainsi que dans une moindre mesure celles de Cochabamba (centre), Oruro (ouest) et Potosi (sud-ouest), manquent de nourriture, de médicaments et de carburant en raison des barrages routiers – près d’une centaine – à travers tout le pays.