Traduit et compilé à partir de In Contempt n°6 et n°7, complété par différentes sources sur instagram ou dans la presse.
Delaney Hall, Newark, New Jersey
Un détenu qui était l’un des organisateurs d’une grève de faim et du travail à l’intérieur du centre de détention de Delaney Hall à Newark a été sorti du centre dimanche 24 mai, et mis dans un van pour être transféré dans un autre centre de rétention, ce qui a mené à ce que des manifestant.es à l’extérieur bloquent la route du véhicule.
Plus de 300 manifestant.es ont encerclé le van et bloqué toutes les sorties après avoir vu l’activiste être escorté et mis dans le véhicule. Après une journée de confrontation, avec notamment des barricades montées sur les routes donnant sur le centre de détention, iels ont réussi à empêcher le transfert sous les cris de joie des personnes détenues à l’intérieur [suite à cela, il aurait été placé à l’isolement puis secrètement transféré le lendemain au centre de détention d’Elizabeth]. Le lendemain, le lundi 25 mai, les autorités ont de nouveau tenté de transférer des détenu.e.s en grève de la faim, ce qui a donné lieu à des affrontements entre les manifestant.e.s à l’extérieur et les agents de l’ICE, ainsi qu’à de nouvelles barricades sur la route. Les manifestations ont continué tous les jours depuis, et continuent toujours au 30 mai, avec un appel à manifester 24/7 devant le centre de détention. Des affrontements avec les flics ont eu de nouveau lieu, tandis que les matons ont gazé et tabassé des détenu.es à l’intérieur. La grève de la faim dure toujours depuis plus d’une semaine, les détenu.e.s revendiquant leur libération.
La tentative de transfert survient deux jours après que 300 détenu.e.s de Delaney Hall aient commencé une grève de la faim et du travail. Leurs proches et des activistes ont tenu un rassemblement devant le centre de détention vendredi 22 mai, se mettant en contact téléphonique avec quelques détenu.es qui ont annoncé la grève.
Les détenu.es mettent en cause de nombreux problèmes sur les conditions à l’intérieur du centre, ainsi que des plaintes sur l’absence d’une procédure adéquate et sur le système des tribunaux sur l’immigration. Des élu.es qui ont visité le centre samedi ont mentionné des douches très sales, des comportements abusifs des matons, et des soins médicaux inadéquats. La gouverneure a fait une déclaration de blabla sur le fait qu’elle était choquée des conditions inacceptables, qu’elle s’opposait aux prisons privées et appellait à leur fermeture, et continuerait à surveiller la situation blablabla du blabla habituel réformiste.

Appel à l’entraide mutuelle pour les personnes détenues à Delaney Hall :
Direct aux familles : https://linktr.ee/SupportourFamilies
Le fond d’aide mutuelle de SOMA : https://givebutter.com/commissaryfund
Le fond d’aide mutuelle de SOMA pour les courses des familles SOMA Mutual Aid groceries for families fund: https://givebutter.com/GroceryCards
Le fond de FOOD4NJ pour les courses des familles : https://food4nj.org
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Alvarado, Texas
Des détenu.e.s à l’intérieur du centre de détention de Prairieland à Alvarado, Texas, sont en grève de la faim contre les conditions catastrophiques à l’intérieur. Une personne parlant pour les grévistes a témoigné qu’iels ne peuvent pas accéder à des traitements médicaux appropriés : une personne a récemment attendu 30 minutes pour un docteur alors qu’il était en train de saigner du nez et de la bouche ; une femme a récemment fait une fausse couche à cause du manque de soins ; les détenu.e.s sont resté.e.s plusieurs jours sans chauffage lors d’une tempête de neige en janvier.
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Adelanto, Californie.
[Appel à action téléphonique ici]
Le 15 mai, au moins quarante personnes ont débuté une grève de la faim au centre de détention de l’ICE d’Adelanto, faisant suite à des conditions qui s’aggravent et à de multiples morts dans les derniers mois. Le 19 mai, une vingtaine de détenu.e.s supplémentaires ont commencé une grève de la faim dans l’annexe de Desert View, un centre de l’ICE adjacent [déjà mentionnée ici il y a quelques jours]. Les grévistes ont établi une liste de revedications :
1. Réforme des cautions : Un système de caution équitable, transparent, juridiquement justifié.
2. De meilleures conditions : Nettoyage du moisi, réparation des infrastructures d’eau, de l’eau potable, des locaux fonctionnels, et rendre habitables toutes les unités.
3. Des soins médicaux et pour la santé mentale adéquats.
4. Des aliments nutritifs : un régime alimentaire qui permet de satisfaire les besoins minimaux pour être en forme physiquement.
5. La prise de responsabilité pour TOUTES les morts.
6. Le droit à s’organiser et à communiquer : la possibilité de se retrouver collectivement, de parler avec des soutiens extérieurs, et de communiquer avec sa famille et le public sans interférence ou rétaliation.
7. Fermeture d’Adelanto : fermeture totale des centres de détention.
L’un.e des grévistes de la faim a expliqué le pourquoi de cette action : “Il y a beaucoup de personnes qui souffrent ici. C’est le seul moyen de faire entendre nos voix. J’espère qu’il n’y aura pas de conséquences sur nous, parce qu’il y a des personnes âgées qui souffrent encore plus. C’est un appel à mettre fin à ces souffrances et à respecter notre dignité en tant qu’être humains.” Un.e autre : “Nous agissons ainsi car les conditions sont horribles, c’est inhumain. Pour avoir une aide médicale, cela prend ddeux semaines. Il faut littéralement s’écrouler au sol pour que cela arrive. Je ne donnerai pas cette nourriture au chien de mon voisin… La prison est sale. Le traitement, les noms par lesquels ils nous appellent… Personne ne devrait subir ceci.”
Les grévistes ont subi des rétaliations: “A Desert View et Adelanto, nous avons des récits documentés de personnes qui avaient mené ou coordoné des grèves de la faim qui ont été transférées, par exemple au centre de détention Northwest à Seattle ou à Eloy en Arizona ou encore en Louisianne. Ces transferts ont été la conséquences du fait d’avoir organisé des grèves de la faim.”
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Baldwin, Michigan
Des grèves de la faim et du travail ont débuté pour la seconde fois en Avril au centre de l’ICE de North Lake. No Detention Centers Michigan a confirmé que 200 personnes avaient participé dans plusieurs parties de la prison : “Nous avons des confirmations depuis les pods Echo, Bravo et Delta… En plus de la grève de la faim, nous avons confirmation qu’il y a des grèves du travail avec le groupe GEO : la lessive, le ménage, la cuisine, etc…”.
Cinquante manifestant.e.s se sont rassemblé.e.s devant le centre de détention en solidarité avec les grévistes à l’intérieur, et ont lu un témoignage de Ahmad Alnajdawi, un migrant enfermé dans le centre : “Nous n’avons aucune réponse à nos questions, et tout le monde ici a des questions… Beaucoup de personnes ici parlent arabe, et c’est très difficile pour elles. Elles ne peuvent pas parler aux personnes en charge de leur affaire, ni aux agents de l’ICE, ni à qui que ce soit d’autre. La nourriture est pitoyable. Je veux que les gens à l’extérieur le sachent, ils nous traitent comme des animaux. Tout le monde ici a une famille, une femme, un parent, un père, une mère. Tout le monde a des personnes à l’extérieur qui tiennent à eux/elles. Nous sommes toustes humain.e.s.”
Un.e. autre détenu.e a témoigné : “Nous exigeons des docteurs compétents, de meilleurs soins médicaux – la nourriture ici est complètement dégueulasse – et, avant tout, une fin aux reports de procédures que nous subissons entre ces murs… Nous sommes incarcéré.e.s arbitrairement. La majorité d’entre nous a tout ce qui est requis pour être libérée, mais les juges nous refusent la sortie sous caution et nous refusent les droits basiques auxquels nous avons droit. Nous devons sortir d’ici et être traité.e.s comme des êtres humains.”
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Moshannon Valley, Pennsylvania, le 17 avril 2026.
Une grève de la faim a été lancée par des centaines de détenu.e.s du centre de détention et de traitement de l’ICE de Moshannon Valley, après que de nombreuses personnes soient tombées malades suite à des négligences médicales, des conditions déterioriées et de la nourriture pourrie.
Les témoignages de l’intérieur décrivent une urgence médicale récente où une personne s’est évanouie et n’a pas reçu les soins adéquats, ainsi que des préoccupations constantes sur les maladies, la qualité de la nourriture, et l’accès aux besoins basiques.
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Tacoma, Washington
La rébellion couve depuis le début de l’année au centre de détention Northwest, géré par le Groupe GEO, culminant dans la formation de l’ « Union de Secuestrados por ICE » [Union des Personnes Kidnappées par l’ICE]. La Resistencia NW a organisé des rassemblements à l’extérieur du centre en solidarité avec une personne qui a fait une grève de la faim de 13 jours suite à un placement abusif à l’isolement. En Mars, Chavarria Portilla a arrêté sa grève de la faim après plusieurs mois, débutée pour protester contre les négligences médicales et les isolements à durée indéfinie.
Le 19 Mai, La Resistencia (un groupe local qui lutte pour la fermeture du centre de Détention Northwest, NWDC) a reçu une communication de l’intérieur annonçant La Union de Secuestrados por ICE (USI), l’Union des Personnes Kidnappées par l’ICE. Le groupe a été officiellement formé le 5 avril à Torrence County, New Mexico et Tacoma, Washington. Plus de 140 membres enfermé.e.s dans les deux centres de détention ont signé une lettre qui « dénonce que les opérations actuelles contre les migrant.e.s ne sont pas menées pour des préoccupations de sécurité… mais plutôt par un système qui a fait de la souffrance humaine un business » et que la détention de migrant.e.s « sera retenue dans l’histoire comme l’un des pires moments de l’histoire de cette nation« . L’un des membres du groupe, Rogelio Bolofe qui est détenu à NWDC, a déclaré que le groupe avait été formé pour de nombreuses raisons, mais principalement car « nos droits continuent à ne pas être respectés par l’ICE… il est drôle d’entendre que les Etats Unis sont le pays de la liberté, alors qu’ils ne respectent ni les droits des migrant.e.s, ni de qui que ce soit d’autre« . Leurs revendications sont d’établir et de faire respecter leurs droits, ainsi que d’obtenir une véritable liberté de religion sans discriminations.