Initialement publié sur Chicago Anti-Report le 27/12/2024.
brochure : PDF
Appel au mouvement de solidarité avec la Palestine à soutenir le•a prisonnier•e politique Casey Goonan. Pour plus d’informations sur le cas de Casey :
Email: cscommittee@proton.me
Web: freecaseynow.noblogs.org
IG: @freecaseynow
lui écrire :
Casey Goonan #UMF227
Santa Rita Jail
5325 Broder Blvd
Dublin, CA 94568
USA
Casey Goonan est le•a seul•e prisonnier•e politique américain•e des campements étudiants pro-palestiniens de 2024. C’est un•e abolitionniste et anarchiste qui s’est consacré•e à de multiples formes de solidarité aux prisonnier•es et qui s’est engagé•e directement auprès de ses camarades incarcéré•es. L’impact qu’iel a eu à l’intérieur est prévalent, comme l’indiquent les déclarations de ses camarades Stevie Wilson et Hybachi Lemar. Iel a toujours veillé à ce que la compréhension de la lutte et de la révolte des Noir•es soit au cœur de leur travail abolitionniste, et en comprenant la totalité de l’anti-blackness, l’importance d’une perspective anti-police et anti-prison a été introduite dans tous ses efforts vers la libération.
En juin 2024, iel a été arrêté•e par un groupe d’intervention composé du FBI et d’autres agences des forces de l’ordre, dans le cadre d’une présumée action directe menée en solidarité avec les campements de l’université de Berkeley qui avaient été violemment attaqués par la police et les sionistes plus tôt dans l’année*. Si iel est reconnu•e coupable, iel risque jusqu’à 20 ans de prison, avec une peine minimale de 5 ans. L’enquête et les procédures judiciaires sont actuellement en cours, mais un accord de plaidoyer non coopératif est en attente, en vertu duquel Casey plaidera coupable d’un chef d’accusation pour permettre l’abandon d’autres charges. Cet accord n’inclut pas d’informations ou de témoignages contre d’autres personnes.
Alors que Casey a reçu un grand soutien de la part de communautés décentralisées à New York, Chicago, Californie et ailleurs, le mouvement pro-palestinien doit le soutenir publiquement et activement. Pour l’instant, ses principaux complices sont celleux qui les connaissent personnellement, celleux impliqué•es dans le soutien aux prisonnier•es et les autres anarchistes. Malgré de vagues affirmations sur l’interconnexion de la répression et des luttes entre les appareils policiers et pénitentiaires américains et ceux d’Israël, il n’y a eu que peu de manifestations matérielles de cette compréhension au sein du mouvement pro-palestinien américain. Pendant ce temps, la lutte coordonnée entre les prisonnier•es et les militant•s à l’extérieur a été un point clé du succès de la libération palestinienne.
Nous devons reconnaître la nécessité de résister à l’infrastructure de l’occupation au niveau national. Au milieu des appels à l’escalade, il est d’une importance vitale de défendre celleux qui subissent la répression du système juridique. Ne pas le faire, c’est permettre à l’une des tactiques de contre-insurrection les mieux financées et les plus structurées de l’État d’étendre son emprise sur le mouvement. Si les gens sont abandonné•es après incarcération, la peur de la répression poussera tout le monde à l’inactivité. Ce besoin de défense est particulièrement vrai pour celleux qui sont inculpé•es au-delà des formes de dissidence les plus acceptables comme les marches et les campements.
Il n’est pas surprenant que, malgré la présence importante de la diaspora palestinienne dans le mouvement pro-palestinien américain, les tactiques se concentrent principalement sur l’expression de la dissidence à travers des marches et des demandes à l’État, ce qui est très éloigné de la lutte en Palestine même. Cela s’explique en partie par le caractère de classe de la diaspora – un groupe petit-bourgeois n’aurait pas d’intérêt à attaquer une infrastructure dont il bénéficie en partie, même si cette même infrastructure perpétue le génocide des groupes indigènes, y compris les Noir•es et les Palestinien•nes, à la fois au niveau national et au niveau mondial. De même, les motivations et les intérêts des organisations communautaires et des groupes d’étudiants qui contrôlent en grande partie le mouvement ne sont pas seulement liés à ce caractère de classe, mais dépendent également du financement de l’infrastructure qu’ils refusent d’attaquer. Bien que le mouvement étudiant soit qualifié d’intifada, son activité est incomparable à ce qui s’est produit au cours des nombreuses intifadas.
Si l’on considère que les groupes communautaires pro-palestiniens et les organisations politiques comme USPCN, CJP/SJP, Dissenters, NAARPR, JVP et PSL disposent de suffisamment de fonds pour organiser des marches, des conférences et des campagnes en faveur de la politique locale, donner de l’argent pour couvrir les frais juridiques de celleux qui sont confronté•es ne devrait pas être un problème.
Malgré toute l’attention et la crédibilité accordées au mouvement étudiant pro-palestinien et malgré les nombreux groupes d’étudiants pro-palestiniens sur les campus universitaires, il n’y a pas eu d’efforts de soutien publiquement diffusés par les étudiant•es en faveur de Casey. En dehors des participant•es au campement de l’Université de Columbia, il n’y a eu aucune mention d’iel dans d’autres espaces universitaires, probablement causé par l’adoption de certaines tactiques particulières, par une méfiance envers les anarchistes, par la peur de la répression.
Au-delà du strict minimum qui consiste à s’assurer que les personnes sont soutenues pour obtenir un conseil juridique adéquat, tout horizon révolutionnaire conséquent nécessite un soutien à long terme des prisonnier•es. Cette pratique est essentielle à la lutte actuelle, comme en témoigne la riche histoire de l’organisation au sein des prisons et la libération en cours des personnes retenues en otage par Israël. Selon Khalida Jarrar, « [l]a conquête en cours pour libérer les prisonnier•es va de pair avec la lutte constante et multiforme des Palestinien•es contre le colonialisme ». C’est pourquoi le slogan « vider les prisons » provient et est un élément central de la lutte palestinienne à travers les différentes étapes de son histoire ».
Celleux d’entre nous qui vivent dans une économie de plantation ont déjà leurs propres raisons de s’assurer que l’incarcération est un sujet central de la lutte. Mais si l’on insiste pour s’inspirer de ce qui se fait ailleurs et si l’on a l’intention de « ramener l’Intifada là où l’on est » ou « d’une escalade pour Gaza », les Palestinien•es ont fourni de nombreuses méthodes pour s’attaquer la prison.
Casey l’a compris avant son incarcération et il ne fait aucun doute que cette connaissance a influencé ses propres horizons politiques. Si le mouvement pro-palestinien veut également se présenter comme une intifada, il devrait prendre note de l’organisation militante et de l’infrastructure de soutien à l’intérieur et entre les murs des prisons qui existent en Palestine. L’abandon des prisonnier•es est là où meurent les idéaux révolutionnaires.
Videz les prisons, libérez Casey Goonan !
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