Volé dans la presse, le 26 novembre.
Le lundi 24 novembre, une trentaine de demandeureuses d’asile incarcéré·es au Royaume-Uni ont mené une grève de la faim contre leur déportation vers la France, prévue par le plan « un qui entre, un qui sort » le jeudi 27. Ce plan prévoit le retour de demandeureuses d’asile du Royaume-Uni vers la France afin de décourager les personnes à traverser la Manche dans des bâteaux.
Une personne en grève de la faim a déclaré : « Je suis fatigué de cette situation, et la trouve profondément injuste. Je suis arrivé sur un bâteau avec 83 personnes, et 12 d’entre nous ont été mis en centre de détention. Le reste passe par la procédure normale d’asile, et est désormais en hôtel, alors que nous sommes détenu·es ici, avec des personnes qui ont possiblement des condamnations criminelles. J’ai demandé encore et encore des informations au bureau ici, et ai attendu des heures chaque jour, mais on ne m’a donné aucune information. A chaque fois, on m’a renvoyé dans ma cellule. Me sentant démuni, j’ai décidé de rejoindre les autres pour lancer une grève de la faim. »
Une autre déclare : « La vie s’est complètement arrêtée pour moi depuis que je suis détenu. On dirait que je vis dans l’incertitude, avec la peur constante d’être renvoyé dans des endroits qui sont dangereux pour moi, tels que la France ou mon pays natal. »
Une troisième : « Nous avons décidé de mener une grève de la faim car nous avons été traité·es comme des criminel·les. Nous avons une raison pour être venu-es dans ce pays : être protégé·es. Nous n’avons rien fait, ni contre la société ni contre personne… Nous sommes des personnes normales, nous voulons être libres et obtenir nos droits humains, et la protection. »
Deux des prisonnier·es pour la Palestine en grève de la faim ont écrit des communiqués solidaires depuis la prison de Bronzeville, au Royaume-Uni :
D’une grève de la faim à une autre : Un message de solidarité de Qesser aux demandeureuses d’asile [Free the Filton 24, 09/12/2025]
À nos demandeureuses d’asile en grève de la faim dans les centres de rétention dépravés du Royaume-Uni, je vous envoie les salutations de la révolution que les prisonnier·es palestinien·es libéré·es nous ont envoyées. Votre grève de la faim est une affirmation du fait que la grève de la faim est un hymne pour la vie, et que la vie consiste en bien plus que l’air auquel vous avez droit dans les cages dans lesquelles vous êtes confiné·es.
La vie est dignité, la vie est liberté, la vie est sécurité. Et c’est cette vie dont vous avez été privé·es non pas une mais deux fois par l’état britannique. La première fois lorsqu’ils ont ravagé et détruit notre terre natale, et la deuxième fois lorsqu’ils ont eu l’audace de retenir celleux qui fuyaient la destruction que leurs troupes et leur mission colonisatrice laissaient derrière elles, ce qu’ils continuent de faire aujourd’hui.
Mes frères et soeurs dans ces cages, vous n’avez pas besoin de justifier votre présence sur ces terres, ou de prouver que vous êtes aptes à y vivre. C’est le gouvernement britannique qui doit être interrogé sur sa présence continue sur nos terres, et ce sont ses troupes coloniales qui doivent montrer qu’elles sont aptes à marcher dans ces rues, après avoir commis de tels atroces crimes de guerre.
Lorsque le ministère de l’intérieur prétend de manière hypocrite et audacieuse que certaines personnes n’ont aucun droit à être ici, souvenez-vous qu’il s’agit seulement d’une confession de leurs crimes coloniaux dans nos terres natales, et non d’une accusation que vous devez réfuter. Vous êtes ici car ils étaient là-bas et le sont toujours. Vous nous avez lié·es à vous d’un lien qui déborde vos cages et nos murs de béton, et dont les racines vont jusqu’aux tombes de nos ancêtres.
Vous êtes nos camarades et nos frères et soeurs dans la lutte pour la poursuite déroutante de nos droits les plus élémentaires. Vous nous avez donné de la force pour persévérer. Nous vous envoyons la paix, la miséricorde et la protection d’Allah, qui nous ont été transmises par nos prisonnier·es palestinien·es libéré·es, et nous vous souhaitons victoire et succès dans cette bataille des estomacs vides que vous avez rejointe. Tout ce que nous voulons est la vie. Longue vie à l’Intifada.
Une déclaration de solidarité de la part d’Amu Gib [Prisoners for Palestine]
Trente détenu·es dans les centres de rétention administrative britanniques sont en grève de la faim depuis lundi en refus de leur déportation imminente. Les personnes qui remplissent les poches et les lits de ces paysages infernaux privatisés sont indispensable au fonctionnement des centres de rétention, tandis que des entreprises de sécurité transforment la souffrance des migrant·es en profit.
Serco est l’une des entreprises avec lesquelles le gouvernement britannique contracte pour faire tourner ses centres de rétention. Elle n’est pas qu’une entreprise qui tournoie autour de la misère comme un vautour dans nos ciels tachés de sang, elle participe activement à la machine de guerre qui conduit tant de personnes à chercher la sécurité dans les lieux-mêmes dont proviennent ces armes.
Serco est partenaire d’Elbit Systems, le fabriquant d’armes d’israël, dans le cadre d’un contrat à £2Md auquel ils candidatent auprès du Ministère de la Défense. Serco fournit déjà des services à Rafael, l’une des filiales d’Elbit Systems, et cherche maintenant non seulement à armer les forces d’occupation israéliennes, mais aussi à entraîner 2000 soldats britanniques à l’art du génocide. Prenez garde : toustes celleux qui tenteront d’intervenir dans cette chaîne logistique pourrie verront leur dernier instant hors de la prison à travers la vitre Perspex d’un camion prison de Serco.
Ici, au 27ème jour de notre propre grève de la faim, nous voyons la grève de la faim comme une balise allumée, qui se réclame d’un réseau de connections cachées par la distance et l’obscurité ; un appel à l’action, avec nos corps pour voix. Alors, solidarité avec les trente détenu·es. Votre choix d’action nous dit tout ce que nous avons besoin de savoir à propos de votre lutte, puisqu’une grève de la faim est un pari qu’on fait avec sa vie, un pari qui n’est jamais fait avec légèreté.
Un roi n’a jamais fait une grève de la faim. Parce que ce sont les rois, et non les migrant·es, dont on peut se passer. Depuis les prisons de sa majesté, nous sommes avec vous.