Initialement publié sur l’instagram de Prisoners for Palestine et de Free Filton 24, les 16/12/2025 et 12/12/2025. Pour les semaines précédentes de la grève de la faim, on peut relire les précédentes compilations ici puis là et puis ici et puis là et puis ici et là.
Alors que nous entamons la septième semaine de grève de la faim, le gouvernement reste obstinément silencieux. Malgré de nombreuses tentatives d’ouverture de négociations, y compris des interventions parlementaires, il a choisi de laisser nos courageux.ses camarades en grève de la faim subir un préjudice grave et irréversible. Pire encore, le risque d’un point de non-retour est bien réel, et le gouvernement semble se complaire à laisser cela se produire. Nous avons formulé nos demandes poliment, nous avons suivi les procédures, en vain. Il n’y a qu’une seule façon de les faire entendre et réagir : mener une action directe contre ce qu’ils cherchent à protéger, Elbit Systems. Pour savoir comment mener une action directe, suivez une formation auprès de @directactiontraininguk.
Informations sur la grève de la faim illimitée dans les prisons britanniques et appel à l’action.
QESSER – JOUR 45
Après s’être vu refuser des soins médicaux d’urgence pendant plus de 10 heures, Qesser a été hospitalisée la semaine dernière et a reçu des soins. Elle est maintenant de retour à la prison de Bronzefield. Qesser continue de souffrir de crises de douleurs intenses, de fatigue et d’un manque d’énergie.
Au jour 46 de sa grève de la faim, le 17 décembre, Qesser a été de nouveau hospitalisée. Après 22 heures sans soin de la part de la prison, qui a bloqué l’arrivée d’ambulances et les demandes de Qesser, elle a enfin pu être hospitalisée suite à des manifestations devant la prison, l’occupation d’un espace intérieur de la prison et le harcèlement du personnel de la prison jusqu’à ce qu’ils acceptent de la soigner. Une personne a été arrêtée suite à une charge de police pour disperser les manifestant-es devant la prison.
AMU – JOUR 45
Amu entame sa septième semaine de grève de la faim et, suite au refus de sa demande de libération sous caution, a réaffirmé la nécessité d’une escalade des mesures pour obtenir une amélioration de ses conditions de détention. Amu n’a reçu aucune information concernant la prise régulière de thiamine et souffre toujours de problèmes de vision, de fatigue et de difficultés à accomplir les tâches quotidiennes.
HEBA – JOUR 44
Heba a été hospitalisée à plusieurs reprises au cours des deux dernières semaines. Heba entame sa sixième semaine de grève de la faim. Malgré sa demande de contrôle de son taux de thiamine par analyse sanguine, celle-ci a été ignorée et le personnel médical ne se penche pas sur un taux qu’Heba juge dangereusement bas. Heba a puisé beaucoup d’énergie dans la récente manifestation devant la prison et a pu lire quelques livres grâce à cette énergie mentale.
JON – 42 JOURS DE GREVE DE LA FAIM
Après 6 semaines, Jon a mis fin à sa grève de la faim. Il est actuellement hospitalisé.
T – JOUR 39
T continue de se sentir léthargique et fatiguée, incapable d’accomplir les tâches quotidiennes qui la motivent habituellement, comme aller à la bibliothèque. T entame sa 6e semaine de grève de la faim.
KAMRAN – JOUR 38
Kamran a eu une crise de convulsion lundi. On ignore s’il s’agissait d’une crise d’épilepsie ; il l’a décrite comme des tremblements incontrôlables. Kamran souffre toujours de fatigue et de douleurs liées à sa grève de la faim et a été hospitalisé à deux reprises.
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UMER : 10 JOURS DE GRÈVE DE LA FAIM
Umer a décidé de mettre fin à sa grève de la faim. Malgré un syndrome de renutrition, la prison a refusé de le transférer à l’hôpital, aggravant ainsi son état de santé déjà fragile.
Umer avait été précédemment hospitalisé au 9e jour de sa grève de la faim (malgré un premier refus des matons d’appeler une ambulance), après laquelle il a rapidement été renvoyé en prison sans recevoir tous les soins nécessaires, les infirmier-es voulant libérer le lit.
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LEWIE CHIARAMELLO – JOUR 22
Atteint de diabète de type 1, Lewie continue de faire face à des risques accrus pour sa santé. Il jeûne par intermittence un jour sur deux depuis plus de trois semaines.
Demande des prisonnier-es : appel à actions !
Les grévistes de la faim nous disent qu’il est temps de passer à l’étape supérieure ! Alors que leur action se poursuit en prison, ils affirment qu’elle doit se poursuivre à l’extérieur pour paralyser Elbit. Pour en savoir plus sur l’action directe et vous inscrire, rendez-vous sur www.directactiontraining.org. Vous pouvez également les retrouver sur Instagram : @directactiontraininguk
Sur l’arrêt de la grève de la faim, déclaration de Jon Cink le 16/12
J’espère vraiment que la grève de la faim collective des prisonnier-es pour la Palestine a démontré que non seulement cela valait le coup, mais que cela été aussi nécessaire de dédier chaque partie de soi à notre lutte.
La lutte contre l’impérialisme avide de sang et l’industrie de l’armement avide de profit. la lutte pour un futur de libération et de justice, pour un futur pour la majorité, et pas pour quelques uns. nous pouvons reprendre le contrôle sur nos corps, notre temps, notre destin collectif. ce n’est pas facile, et personne, moi inclus, ne peut y arriver sans de nombreuses erreurs. mais il est de notre devoir d’essayer encore et encore. cette grève de la faim m’a rendu plus humble et m’a amené à mes limites de nombreuses façons. elle m’a aussi rappelé que notre lutte n’a pas besoin d’héros spécifiques. le mouvement a besoin que tout le monde participe et fasse tout son possible pour saboter les structures oppressives dont nous profitons. prendre des risques. apprendre. sacrifier notre confort. tout mon coeur et mon admiration au-delà de tout mot vont à mes camarades toujours en grève de la faim. de nombreuses victoires sont possibles, certaines sont déjà là, et nous devons continuer à lutter d’une façon ou d’une autre. force aux grévistes de la faim, force à la résistance !
Grève solidaire par Mansoor Adayfi, le 17/12
Salaam Alaikum.
En tant qu’ancien détenu GTMO441 de Guantánamo, nous avons passé des années à Guantánamo en grève de la faim et à être nourri.e.s de force. Je sais comment les gouvernements punissent et cassent les grèves de la faim.
Aujourd’hui, les prisonnier.e.s dans les prisons britanniques sont en grève de la faim pour la justice. Ils et elles ont passé plus de quarante cinq jours sans nourriture. Leurs corps s’écroulent, et le gouvernement britannique a choisi le silence et la violence. Le gouvernement britannique les punit, les ignore, et refuse de leur donner les soins urgents dont ils et elles ont urgemment besoin. C’est une condamnation à mort.
Les grèves de la faim ne sont pas un moyen de protestation choisi. Ce sont des protestations de dernier recours.
Le gouvernement britannique veut que ces hommes et femmes disparaissent en silence.
Les médias veulent regarder ailleurs.
Ce silence est une arme de violence.
Aujourd’hui, je rejoins cette grève de la faim en solidarité.
Je la rejoins car je vois désormais que Guantánamo est intégré au système carcéral britannique.
Je la rejoins car il est de notre devoir de se tenir avec les opprimé.e.s et de confronter les oppresseurs.
Je la rejoins car je peux le faire, et que c’est le minimum que je peux faire pour les soutenir.
Cette grève de la faim ne concerne pas la nourriture.
Elle concerne la dignité et la justice.
Elle concerne l’utilisation de la détention provisoire comme punition.
Elle concerne un système qui croit que le silence le protégera.
Ce ne sera pas le cas.
Je me tiens avec les grévistes de la faim.
Je ne détournerai pas le regard.
Et je ne les laisserai pas être effacé.e.s.
ESCALADE POUR LES GRÉVISTES DE LA FAIM
Aujourd’hui, la libération sous caution a été refusée à trois des grévistes de la faim, ainsi qu’un-e autre prisonnier-e, toustes accusé-es d’avoir pris part à l’action contre RAF Brize Norton, lorsque deux avions militaires britanniques ont été recouverts de peinture rouge pour empêcher leur utilisation dans le génocide à Gaza. Une autre gréviste de la faim, Qesser Zuhrah, a aussi eu sa libération sous caution refusée lorsque ses avocat-es ont déposé une demande de remise en liberté d’urgence après qu’elle ait été hospitalisée dans la nuit.
La grève de la faim, à laquelle participe huit prisonnier-es pour la Palestine, est désormais à son quarantième jour. Iels sont dans un moment dangereux, où des conséquences irréparables sont probables, et leur santé est à un état critique. Chacun-e d’entre elleux est accusé-e d’avoir détruit les outils et armes utilisées pour massacrer le peuple palestinien. Pour avoir agi pour arrêter un génocide, l’État les enferme pour une durée allant jusqu’à 2 ans avant même qu’iels aient le droit à un procès.
Même lorsque leur procès aura lieu, il ne sera pas juste si leurs revendications ne sont pas obtenues. Nous savons que des preuves cruciales, qui montrent des implications politiques et étrangères, sont classifiées, des preuves qui démontrent d’un abus de procédure.
Sans aucune autre voie vers la justice, grévistes de la faim utilisent leur corps comme moyen de résistance. Sous « le devoir de soin » de l’État, iels deviennent chaque jour plus faibles physiquement et David Lammy n’a même pas pris la peine de répondre aux appels pour rencontrer les avocat-es des grévistes de la faim.
Il est temps de s’inspirer des prisonnier-es en personne et de mener des actions directes contre les entreprises et institutions complices du génocide. Il est temps de tenir responsables les institutions qui emprisonnent celleux qui résistent au génocide.
Aujourd’hui, des ami-es du gréviste de la faim Amu Gib ont bloqué le ministère de la justice. D’autres ont bloqué l’usine du Kent du fabricant d’armes israélien Elbit Systems et, la nuit dernière, des manifestant-es ont envahi les locaux de la BBC. Ce n’est que le début de l’escalade des actions.
Nos prisonnier-es ont montré la voie, iels ont sacrifié leur liberté et sacrifient désormais leur santé. Il faut désormais faire fermer tous les complices du génocide et de la répression de celleux qui agissent contre.
VICTOIRE AUX GRÉVISTES DE LA FAIM
Autour du 15 décembre à Glasgow (Ecosse), des tags et des collages ont été faits sur la façade du parti travailliste écossais, reprenant les revendications de la grève de la faim des prisonnier.e.s pour la Palestine et laissant des messages de solidarité avec les grévistes de la faim. Autour du 17 décembre à Londres (Royaume-Uni), la permanence de David Lammy a été recouverte de tags rappelant les revendications des prisonnier.e.s de Palestine Action en grève de la faim, et la porte d’entrée a été gluée. David Lammy est le vice-premier ministre et secrétaire d’Etat à la justice du Royaume-Uni, un député du parti travailliste. Il a constamment refusé de rencontrer des députés ou les avocat.e.s des prisonnier.e.s au sujet de la grève de la faim en cours. D’autres actions de solidarité peuvent être retrouvées dans cette compilation.