Initialement publié sur l’instagram de Prisoners for Palestine et de Free Filton 24, le 21/12/2025. Pour les semaines précédentes de la grève de la faim, on peut relire les précédentes compilations ici puis là et puis ici et puis là et puis ici et là et ici.
La brochure a été mise à jour le 21/12/2025.
Mise à jour au jour 50
Les grévistes de la faim ont désormais toustes été hospitalisé.es.
Amu est hospitalisé-e dans un lieu inconnu. La prison de Bronzefield ne lui fournit plus ni thiamine ni électrolyes, et ne lui a fourni un fauteuil roulant que la veille de son transfert à l’hôpital. Amu a raté son rendez-vous avec le généraliste à cause de son incapacité à s’y rendre physiquement.
Qesser – Jour 50 : Qesser est toujours en grève de la faim et commence à perdre la vue. Elle a pu obtenir un appel de 5 minutes (c’est une politique de la prison de laisser un apel après plus de 72 heures à l’hôpital).
Heba – Jour 49 : Heba ne reçoit actuellement pas de soins. Elle se remet d’un probable covid, attrapé à cause du refus de lui donner un masque. Elle perd la mémoire et sa capacité à prendre des décisions.
Kamran est actuellement hospitalisé. La prison de Pentonville a dit à son père qu’ils l’emmenaient à l’hôpital pour un test et qu’il serait immédiatement de retour, mais cela fait deux jours qu’il n’y a aucune nouvelle. MàJ 22/12 : Peu après minuit, Kamran est sorti de l’hôpital et retourné dans sa cellule. Les tests ont montré qu’il avait un haut risque d’infection dont une septicémie. Il a pu appeler sa famille aujourd’hui après avoir été interdit d’appel depuis dimanche matin. Ce lundi, il a été hospitalisé pour la quatrième fois après que ses taux de cétones soient montés au dessus de 4, malgré qu’il ne voulait pas aller à l’hôpital car, en revenant, il se sent « physiquement en meilleur état, mais mentalement très fatigué ». Il a été hospitalisé à 18h30 et retourné à sa cellule à 23h. Sa famille est inquiète du fait que l’hôpital ne semble pas savoir comment soigner une personne en grève de la faim, et que l’hôpital aggrave son état.
Teuta – jour 43 : Ses taux de glycémies sont dangereusement bas (1,8-2), ses niveaux de cétones sont en moyenne à 3. Cela lui prend 10 secondes à complètement se lever, puis elle fait un malaise. Sa peau devient grise.
Lewie n’a aucune assistance médicale et n’a pas vu de généraliste depuis 3 semaines. Il gère son insuline et ses taux de glycémie seule. Il s’inquiète des pics et des bas taux de glycémie.
Umer mange de nouveau à la prison de Wormwood Scrubs.
Une déclaration d’Amu au sujet de Qesser (source)
Ma première nuit et mon premier jour à Bronzeville, le 4 juillet 2025, des cris et hurlements nous ont gardé éveillé.es au bloc 2, mais je n’ai appris qu’au petit déjeuner que c’était une femme qui hurlait pour ses enfants. Jon pouvait comprendre ce qu’elle disait, il était son voisin pour une nuit. Dans la salle d’attente de la réception, il y a une fille, Jenny – dont la mère a changé d’avis au tribunal et lui a refusé la caution, et a dit au juge de la mettre en provisoire, sinon elle irait prendre de la drogue. Quelqu’un parle et soudain on lui demande « tu es de Lewisham ? – oui – moi aussi. tu connais Natasha ? elle est aussi à l’intérieur. » Le chariot avec des fruits supplémentaires vient pour servir toutes les personnes enceintes en prison.
Et Qesser, son nom est partout. Son nom sur le pot de yaourt offert que je mange dans ma cellule avec le fruit. Sur le marque-page et le livre qu’elle n’a même pas lu avant de me le prêter. Sur les 30 minutes d’Al-Jazeera à 11h qu’on a regardées dans sa cellule, où sont accrochées des fleurs séchées, des photos de ses ami.es et de Gaza, une dishdasha offerte à l’Aïd accrochée sur un cintre diy. Qesser, qui est gardée ici depuis 7 mois tandis que d’autres arrivent puis sont transféré.es, où elle reste à faire la lessive à servir les repas pour £1 par jour, restant témoin, souriant, proposant des rendez-vous, des draps propres, de l’amitié, de la solidarité, de la force, de la chaleur. Si je pensais que qui que ce soit lui offrait un fragment de ce qu’elle nous offre, il serait plus facile de supporter que cet éclat de lumière est enfermé dans une cage.
Maintenant, 5 mois plus tard, 46 jours de grève de la faim plus tard, quand Qesser me demande comment cela est possible que nous soyons affamé.es depuis six semaines, et que nous ne pouvons toujours pas être voisin.es de cellule, cela me force à me rendre compte à quel point mes attentes sont basses après 5 mois ici. Le fait qu’elle peut imaginer plus encore après un an ici est la raison pour laquelle ils ont implémenté une politique d’isolement contre elle, et ont transformé ses pas de chiot en les lourds pas d’une gréviste de la faim.
Alors, j’ai quelque chose à vous demander à vous à l’extérieur. Ce n’est pas une nouvelle liste de revendications ni un manifeste pour des réformes carcérales. Ce n’est, malheureusement, pas plus ni moins que tout ce que les autres prisonnier.es ont, bien que nous méritions toustes bien plus.
Pour être clair, elle n’aurait pas besoin de ça si nous n’avions pas créé une société qui emprisonne sa conscience. Et, s’il te plaît, Qesser, sache à quel point cela me blesse de pouvoir seulement offrir cela en prison, quand dans mon coeur et pour le reste de ma vie, il n’y a rien que je ne pourrais pas t’offrir. C’est en partie ainsi que l’on fortifie notre mouvement et le défendons du harcèlement et de l’impunité de l’Etat qui nous garde dans des cages.
Alors, si l’on doit être enfermé.e ici, pour le second anniversaire de suite, je veux pouvoir me réveiller avec un gâteau, peut-être avec la vape d’Heba à la place d’une bougie, avoir un chocolat chaud et le boire avec tous.tes mes ami.es, avec le vent frais du matin, regarder la rosée s’évaporer de la pelouse de camomille et les branches sans feuilles qui résistent difficilement au vent de janvier. Je veux te voir rire avec tes frères lors d’une visite qui n’est pas pressée en une seule heure. Je ne veux pas juste que tu résistes, mais que tu grandisses.
Alors, accepte en cadeau cette liste de voeux d’anniversaire, Qesser, ma chère amie et petite soeur.
Ramenez ses ami.es à Bronzefield, depuis les 4 coins du Royaume-Uni où iels ont été transféré.es. Laissez-nous choisir où nous allons être, et quand nous pouvons avoir nos visites. Etendez ses visites à ses petits frères. Donnez-nous accès à la chaîne de télé Al-Jazeera. Donnez-nous accès à des CDs et DVDs comme à l’extérieur, sans censure ni limite. Donnez-nous accès à des produits BDS, dont du chocolat chaud et une boussole pour qu’elle sache dans quelle direction prier. Donnez-nous accès à une bouilloire, une télé avec un lecteur DVD et une télécommande. Donnez-nous accès à l’éducation, à des cours à distance par ses écrivains préférés. Donnez-lui un matelas de grossesse pour permettre son rétablissement. Donnez-lui des appels gratuits afin que son accès aux soins, même dans l’urgence, ne dépende pas du fait que ses proches aient des crédits pour la messagerie vocale de la prison. Peu importe nos sentiments à propos de la prison, tant que nous sommes à l’intérieur nous devons faire de notre mieux pour être en bonne santé, pour apprendre et pour pouvoir être capable de s’aimer et de garder contact avec l’extérieur.
Il est de mon espoir le plus mince et le plus amer que cela peut être le début d’une meilleure année, de Bronzefield à la Palestine, et que notre croyance en un monde plus juste et libéré peut commencer peu importe où nous sommes.
Free Palestine, merci et joyeux anniversaire Qesser.
Dans un message, Mansoor Adayfi, qui en est à 5 jours de grève de la faim en solidarité, a déclaré que l’Etat britannique traitait les grévistes de la faim pire qu’à Guantanamo, où les prisonniers en grève de la faim étaient très suivis et avaient des docteurs qui vérifiaient leur santé, ce qui n’est pas toujours le cas ici.
Le 18 décembre, Leo Green, un ancien prisonnier politique républicain, a pris part à une action de grève de la faim solidaire de 24 heures (une action de solidarité pour des jeûnes de 24 heures tournants). Il déclare :
Je suis un ancien prisonnier politique. J’ai pris part à la grève de la faim des prisonniers républicains dans le Bloc H, à Long Kesh, en 1980.
Aujourd’hui, 45 ans plus tard, je suis fier de jeûner pendant 24 heures en solidarité avec les Prisonnier.es pour la Palestine qui sont en grève de la faim dans les prisons britanniques. J’applaudis leur courageuse défiance et leur dévotion à la cause de la justice, des droits humains, et de la liberté du peuple palestinien. Leur grève de la faim altruiste est inspirante, un rappel que l’on peut et que l’on doit faire davantage pour arrêter le génocide contre le peuple palestinien.
Les grévistes de la faim ont mis leur santé et leur vie en jeu pour sauver des vies en Palestine. Iels méritent notre soutien.
Rejoignez, de quelconque façon que vous pouvez, l’expression de la solidarité avec leur cause et le soutien à leurs revendications.
Malik Muhammad, prisonnier.e anarchiste incarcéré.e aux Etats-Unis, a écrit une lettre en solidarité avec la grève de la faim et appelant à construire une grève de la faim solidaire dans les prisons américaines.
MàJ (traduction en retard de textes et d’informations sur les grèves de la faim solidaires dans les prisons italiennes) :
Stecco a mis fin à sa grève de la faim en solidarité avec les Prisonnier.es pour la Palestine le samedi 29 novembre. Le 18 novembre, il avait été condamné à six mois de censure de sa correspondance après avoir écrit un texte dans lequel il dénonçait les mauvaises conditions de détention de la prison de Sanremo ainsi que les passages à tabac subis par des prisonniers, le texte ayant été jugé dangereux pour la sécurité et l’ordre de la prison. Le 22 novembre, une manifestation avait eu lieu devant la prison de Sanremo en solidarité avec la grève de la faim de Stecco et avec tous les prisonniers. [il rovescio, 1 2 3]
Le prisonnier anarchiste Juan Sorroche a mené une protestation solidaire d’une semaine, du 26 novembre au 3 décembre, depuis la prison de Terni en Italie, en renonçant à ses heures de promenade et d’air frais. Il a publié à cette occasion une lettre datée du 24 novembre. Elle est traduite ici.
Le 20 décembre, à Sheffield (UK) une statue de la Reine Victoria a été recouverte de peinture rouge en solidarité avec les grévistes de la faim. La Reine Victoria est aussi connue comme « la Reine de la Famine » pour son rôle dans la famine en Irlande, et reste un symbole de l’impérialisme qui a découpé la Palestine, qui a affamé le Bengale, qui a affamé l’Irlande, et qui affame aujourd’hui les prisonnier.es dans les prisons britanniques. [source]
Une manifestation a eu lieu le 20 décembre devant la prison de Wormwood Scrubs en solidarité avec Umer Khalid, à qui les autorités pénitentiaires ont refusé le transfert à l’hôpital lorsqu’il était en grève de la faim.
Le 19 décembre, à Washington, Sunderland (UK), l’entrée de BAE Systems et de Rolls Royce a été bloquée, forçant des travailleur.euses à faire demi-tour, en solidarité avec les prisonnier.es en grève de la faim et contre le génocide en cours à Gaza. BAE Systems et Rolls Royce sont impliqués dans la production des avions de chasse F35 utilisés par l’armée israélienne.
Le 9 novembre, des bâtiments de l’Université de Trente (Italie) ont vu leur vitres détruites. Un communiqué traduit par Act for Freedom revendique :
Dans la nuit du 9 au 10 novembre, alors que, comme chaque nuit, les bombardements de Gaza et de la Cisjordanie continuent en s’intensifiant, nous avons détruit des vitres du Disi (Département d’Ingénierie et de Sciences de l’Information) de l’Université de Trente, taguant « DISI + IBM = GENOCIDE ». Nous voulions rappeler à l’Université ses responsabilités.
Les collaborations de l’Université de Trente avec des marchands de guerre remontent à longtemps, et sont très nombreuses. La dernière, avec la sioniste IBM Israël, sert à continuer le génocide actuel à travers le contrôle et l’identification des Palestinien-nes. Aujourd’hui, la guerre est aussi, et avant tout, menée ainsi.
Aux côtés de la résistance palestinienne.
Aux côtés de Stecco en grève de la faim.
Aux côtés des Prisoners for Palestine, en grève de la faim dans les prisons britanniques contre les colonialismes sionistes et britanniques, et pour la fermeture d’Elbit System.
Attaquons les collaborateurs de l’Etat sioniste ! L’ennemi est ici.