Initialement publié par la CNT-AIT les 30/10/2025 et 03/11/2025.
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À tous les révolutionnaires du monde, à tous les socialistes libértaires, à tous les anarchistes :
Aujourd’hui, nous pleurons le martyre de nos camarades d’El-Fasher, tombés en défendant leur ville, leurs familles et leur propre vie. Il s’agit de :
Faisal Adam Ali
Radwan Abdel Jabbar (« Kahraba »)
Adam Kibir Musa
Abdel Ghaffar Al-Tahir (« Al-Sini »)
Nous pleurons également de nombreux jeunes volontaires tués par la milice terroriste des Forces de soutien rapide, alors que leur seul « crime » était d’apporter de la nourriture aux habitants de la ville.
Nous, membres du Groupe Anarchiste, appelons tous les compagnons : le moment est venu de nous rassembler et de nous unir contre cette guerre autoritaire et destructrice. Nous devons alerter le monde entier sur l’extermination de masse perpétrée par les milices des Forces de soutien rapide, soutenues par les Émirats arabes unis. Ces milices se livrent à un nettoyage ethnique et à un génocide fondés sur la race, au service d’intérêts impérialistes pervers qui cherchent à contrôler les ressources et l’or au prix du sang. Le monde ne peut rester les bras croisés. Les révolutionnaires du monde entier doivent connaître nos sacrifices et notre lutte contre la terreur capitaliste sauvage, contre le pouvoir sanguinaire et contre le nettoyage ethnique systématique.
Au sein du Groupe anarchiste du Soudan, nous avons perdu des camarades ; certains de nos membres ont été blessés, d’autres sont morts ; d’autres encore sont confrontés au danger imminent de la guerre. Nos familles souffrent de la faim, du manque de médicaments et de nourriture. Nous avons cru en l’anarchisme dans un pays où l’autorité est omniprésente, et nous avons combattu pour nous défendre, défendre nos idéaux et préserver notre unité. Aujourd’hui, nous avons besoin de vous : tendez-nous la main et soutenez-nous afin que nous puissions résister aux autorités et aux Janjawid.
Que la révolution perdure ! Qu’elle soit une lame empoisonnée plantée dans le cœur des tyrans.
Ali Abdel Moneim
RASSEMBLEMENT A PARIS, SAMEDI 1er NOVEMBRE, A 15 HEURES, PLACE DE LA BASTILLE
Point sur la situation intérieure au Soudan
Chers compagnons révolutionnaires du monde entier, vous avez suivi les événements d’El Fasher et leur évolution à travers les plateformes des groupes engagés dans la révolution soudanaise. Nous souhaitons toutefois vous faire part des informations suivantes :
Tout d’abord, après avoir rendu hommage à nos compagnons qui ont combattu à El Fasher et à Khartoum et qui ont porté haut le flambeau pour le groupe, nous déclarons que, bien que nous rejetions catégoriquement le principe du port d’armes – car nous savons qu’armer l’un des camps en conflit ne fait que servir l’impérialisme et ses intérêts dans cette guerre –, nos camarades tombés au combat n’avaient d’autre choix que de prendre les armes pour se défendre et défendre leurs familles. Ils n’appartenaient à aucune faction militaire avant la guerre et, lorsque le siège d’El Fasher et l’attaque des Janjawid ont commencé, ils n’avaient d’autre option que de se défendre. Ils ont combattu aux côtés des Forces d’autodéfense populaires, qui ont continué le combat dans la ville même après le retrait du commandement de la 6e division de l’armée soudanaise (Sudanese Armed Forces, SAF; القوات المسلحة السودانية).
Nous sommes sans nouvelles de nos compagnons depuis le 9 septembre 2025, mais nous avons appris de leurs familles, après qu’elles aient fui vers les camps de déplacés de longue durée, qu’ils sont tombés en martyrs en les défendant. Ils se défendaient, exerçant leur droit fondamental à la vie, à la liberté et à la dignité. Le moins que nous puissions faire pour ces compagnons est de prendre soin de leurs familles, avec lesquelles le groupe maintient le contact. Ces familles dorment à même le sol, exposées à un soleil de plomb le jour et à un froid glacial la nuit. Elles souffrent également de malnutrition sévère et d’un manque d’accès aux soins. Nous faisons tout notre possible pour aider leurs familles en hommage à leur mémoire.
Le compagnon Kahraba disait qu’il haïssait la kalachnikov, mais qu’il haïssait encore plus la perte de sa liberté et l’atteinte à sa dignité. Nous tenons également à préciser qu’après la perte de contact avec les compagnons, ils sont tombés en martyrs à différentes dates, mais nous n’avons pas pu le confirmer en raison du siège suffocant et du black-out sur les communications. Nous craignons les représailles des Janjawid contre leurs familles restées dans les zones qu’ils contrôlent. Maintenir leurs noms, gravés à jamais dans nos cœurs et dans l’histoire du mouvement de libération, nous suffira pour nous souvenir d’eux.
Nous tenons à vous rassurer : si certain nombre de nos compagnons du groupe se trouvent dans des zones éloignées des affrontements armés, cependant il y a encore des compagnons au Soudan même qui n’ont pas quitté le pays et qui continuent de faire entendre la voix du groupe à l’international. Il n’existe aucun refuge sûr au Soudan, pays au bord d’une guerre civile semblable à celle du Rwanda. L’État et les milices Janjawid ont commencé à mobiliser des milliers d’hommes en vue de l’affrontement imminent. Si la guerre ne cesse pas, ce sera une catastrophe humanitaire, et des millions d’innocents risquent de périr.
Compagnons sur la voie de la libération, révolutionnaires du monde entier, la lutte directe contre l’autorité a un prix exorbitant : nos vies et nos libertés. Vos compagnons au Soudan ont choisi de ne pas se taire, et c’est là l’essence même des révolutionnaires. Alors que nous aspirons à la paix, que nous appelons à la paix et que nous rejetons la guerre, les exemples les plus horribles d’autorité raciste, d’hégémonie impérialiste et de conflit international se déroulent au Soudan. Un de nos compagnon a dit : « L’arme, c’est l’idée, et l’idée, c’est l’arme. » Soit vous retournez votre idée contre votre oppresseur, soit vous mourez en la portant contre vous-même. C’est ainsi que nous vivrons libres ou mourrons en révolutionnaires.
C’est pourquoi nous vous demandons d’amplifier les campagnes de soutien dans le monde entier, car nos compagnons ont un droit sur nous. Leur défense d’El Fasher est une défense de tous les révolutionnaires. Après la chute d’El Fasher, le Soudan sera soit divisé en deux dictatures militaires, soit plongé dans la guerre civile et des rivières de sang.
Faites un don pour soutenir vos camarades au Soudan.
Gloire et éternité à nos révolutionnaires libres !
Secrétaire général du Groupe,
Fawaz Murtada
Si vous souhaitez soutenir les compagnons du Groupe Anarchiste au Soudan :
informez vous sur la situation au Soudan (via Sudfa, Sounds of Soudan par exemple), parlez de la situation au Soudan à vos amis, à votre famille, à vos collègues, etc … Tout le monde doit savoir ce qui est en train de se passer au Soudan
diffusez le bulletin Al Amal (Espoir), disponible en ligne ici : https://cnt-ait.info/2025/10/25/alamal-5/
participez à la cagnotte solidaire via Paypal https://www.paypal.com/paypalme/cntait1 (veuillez valider « Envoi d’argent à un particulier » pour payer moins de frais bancaires. Merci d’envoyez un mail à contact@cnt-ait.info pour nous informer du don et aussi pour que nous puissions vous tenir informé de son utilisation.), par chèque à l’ordre de CNT-AIT (mention solidarité soudan au dos) à envoyer à CNT-AIT, 7 rue St Rémésy 31000 TOULOUSE ou par virement bancaire (nous contacter)